mardi 23 juin 2015

Lessons From L.A.



Il y a un peu plus d'un mois, au début du mois de mai, j'étais à Los Angeles. Visées premières de ce voyage : retrouver Laure (on aura beau me dire Skype, mails, Whatsapp, rien ne remplace un café pris en terrasse pour vraiment se parler) et découvrir la ville (le Getty Museum est un sacré truc, les amis). Ce que je n'avais pas prévu, c'est que Los Angeles, cette drôle de cité dont on peine à saisir les contours, qui semble comprendre des dizaines de villes dans la ville, qui hésite entre mer et buildings, détente et frénésie, était la parfaite antichambre pour préparer mon passage à la quarantaine. 

Car en rentrant de Los Angeles, j'ai fêté mes 40 ans. Et j'ai eu la sensation de vivre cet anniversaire à la californienne. C'est-à-dire détendue. Quoique toujours consommatrice à haute dose de gluten et lactose, et toujours extrêmement rétive à tout ce qui pourrait ressembler à du jus d'herbe, ce qui trahit mon appartenance bien parisienne et ferait de moi une Californienne très mal vue.

Pour mes 30 ans, ce fut une autre affaire. Le jour de cet anniversaire fatidique, et après avoir annoncé à la cantonade que de dire adieu à ma vingtaine ne me faisait ni chaud ni froid, je me suis bloqué le cou de manière spectaculaire. Impossible de bouger, le torticolis du siècle. Et ça ne s'est pas arrêté là, puisque, invitée ce jour-là par ma grand-mère à déjeuner dans le restaurant de la Gare de Lyon, Le Train Bleu, un lieu dont je rêvais depuis des années, je me suis retrouvée en plein repas à faire une allergie mémorable au décontractant musculaire que j'avais avalé dans le but de me décrisper. J'ai fini le repas à quatre pattes dans les toilettes du chic restaurant, avec un tournis infernal, au point que ma grand-mère, la pauvre, à dû quasiment me porter jusqu'à un taxi afin de me raccompagner chez moi (tout en restant, je tiens à le souligner, incroyablement classe dans son tailleur pantalon Armani, contrairement à moi qui, entre le torticolis et l'allergie, n'affichait pas une allure des plus dignes). Freud a dû bien rigoler, ce jour-là.

Une décennie peut faire une sacré différence. La première étant que j'ai fêté ces 40 ans sans ma grand-mère, et que l'absence de son appel le matin de mon anniversaire m'a semblé bien plus cruelle que le fait de me savoir vieillie d'une année de plus. Ses tailleurs Armani me manquent. Tout comme sa manière de rétorquer, à tous les coups durs de la vie, "tutto va benissimo", une expression qu'elle avait rapportée de ses dix années passées à Rome. Une expression italienne qui a son pendant à L.A., où tout le monde, quoiqu'il advienne, aime à vous assurer que tout est "cool", tout est "all right", qu'il n'y aura jamais de problème sous le soleil angelinos. Peut-être est-ce vrai. Peut-être est-ce un gros mensonge. Peu importe. Il y a une forme de philosophie zen dans cette ville pourtant par ailleurs surpeuplée, surexcitée, survitaminée. Un truc d'acceptation de la vie telle qu'elle est que ma grand-mère aurait aimé. Cela ne sert à rien de râler, de se plaindre, il faut avancer.

A Los Angeles, je me suis sentie à la fois chez moi et étrangère. Chez moi parce qu'il y avait les amis, Laure qui me faisait découvrir ses lieux favoris comme si nous avions fait ça toute notre vie, les avenues de Koreatown qui bruissaient sous le soleil du soir dans un éclat bienveillant. Et étrangère parce que dans cette ville immense, lumineuse, "larger than life", toutes les choses qui m'horripilent à Paris (le gris du ciel, les trottoirs minuscules, les passants qui font la tête) en venaient, paradoxalement, à me manquer.

Et la quarantaine ressemble un peu à cela. A une maison où l'on se sentirait à la fois bienvenu et étranger, un lieu familier qui serait aussi une terre inconnue. On y est chez soi et de passage, installé et en transit. On y apprend à faire avec le mouvement des choses, de soi-même. On y apprend, un peu comme à Los Angeles où tout est toujours en mouvement, à suivre le flot, à moins se crisper, à se délester des certitudes et des poids morts. On y apprend, peut-être tout simplement, à cesser de lutter contre la vie, qu'on ne peut et pourra jamais maîtriser.

Jeanne-Aurore




mercredi 17 juin 2015

Pop ! Goes My Heart



Pourquoi est-il si dur de s'écouter ? Pourquoi est-on constamment en train de douter de ce que nous disent nos tripes, qu'il s'agisse de nos relations, de notre travail, de nos goûts, de nos envies (et bien sûr, de notre armoire) ? Pourquoi laissons-nous toujours notre cerveau prendre le dessus, rationnaliser, raisonner, souvent a l'encontre de ce que nous dicte notre instinct ? Cela fait des années que je me débats avec ces questions, sans trouver de bonne réponse. Je sais juste qu'aujourd'hui j'ai envie d'écouter davantage mon coeur, mes tripes. Désolée pour les analogies gore...

Il y a quelques jours, alors que je triais mes archives de dessins, en essayant justement de me baser uniquement sur ce qui faisait réagir mes tripes, je suis tombée sur ces petits croquis datant d'il y a sept ou huit ans, illustrant mon allure idéale. Petit choc en me rendant compte que cela faisait presque une décennie que je rêvais d'avoir les cheveux courts et que je me refusais ce bonheur. Pourquoi vouloir à tout prix être ainsi son propre bourreau ? 

Je sais depuis mes vingt ans ce que j'aime en matière de vêtements. Cela pourrait se résumer, grosso modo, à ce shopping de 1996 avec lequel je vous ai déjà rebattu les oreilles. Du simple, du sobre, du quintessentiel. Or, j'ai passé près deux décennies à lutter contre ce goût, qui est le mien, une bonne fois pour toute. Tous mes tris ratés, toutes mes tentatives de style, qui ont sans doute eu de leur utilité pour m'aider à comprendre qui je suis et ce qui me constitue, n'ont en fait formé qu'une énorme boucle. Tout ça pour en revenir à 1996.

Sauf qu'il y a vingt ans, je ne savais pas m'écouter. Je n'avais pas la solidité, la foi en moi, pour me dire que ce que j'aimais avait de la valeur. Si j'aimais quelque chose, j'en venais immédiatement à en douter car je me disais, mince, si moi j'aime ça, ça ne doit pas être si génial que ça. Récemment, j'ai décidé d'arrêter de me bagarrer comme ça contre moi-même. Quand j'ai acheté ces sandales, j'ai par exemple décidé de ne pas écouter mon cerveau qui raisonnait que ce serait mieux en noir, plus sûr comme choix. Au fond du fond je n'avais pas envie de noir.

Ca peut paraître con toutes ces histoires de fringues (et Dieu sait que les commentaires acerbes sur ce sujet guettent quiconque écrit sur les vêtements, et en particulier sur Internet). Superficiel. J'ai toujours pensé le contraire. Que c'était dans ces menus choix quotidiens, ces infimes décisions que l'on pouvait apprendre à se comprendre et trouver à s'exprimer au plus juste. Que viser à la sincérité absolue dans l'élégance et l'apparence était un moyen, aussi limité soit-il, de refuser de contribuer à l'enlaidissement du monde.

Il faut arriver à s'aimer un tant soit peu pour arriver à assumer ses goûts.

Donc voilà, aujourd'hui, j'assume. Et je suis de plus en plus attentive à ce qui fait faire des soubresauts à mon coeur.

Ca fait un bien fou.


For years, I've struggled with myself, my tastes, always prone to listen to my brain over my guts be it in terms of career, personal relationships or, indeed, clothes and hairstyles. I recently stumbled over this little drawing I did almost a decade ago, depicting my ideal haircut. Wow, so I had been denying myself the joy of cutting my hair short all this time? All this time I had been dreaming of a pixie cut and not allowing myself to go there? What is the deal with that? Why are we denying ourselves the confidence to listen to our gut feelings? to whatever makes our heart go "boom"? We do know deep down what is good for us, what we want. Yet we are endlessly looking at others for comparison, for counsel, for a path to follow when it is now clear to me (call this the wisdom imparted on the newly turned 40) that we are the only ones fit to dictate whatever the hell we should do, like, find cool, wear. So here's to following your heart and not giving a damn about the rest.


Jeanne-Aurore


P.S. : Parce que ce post ne serait pas complet sans ça :

source



mardi 16 juin 2015

Même les wish-lists ont une fin


Euréka, j’ai réalisé une chose l’autre jour en écrivant un nouveau « Tried & True » (bientôt en ligne). Je contemplais ma liste, cette liste de mes-basiques indémodables-que-je-rachèterais-les-yeux-fermés, et dedans, il y avait la ballerine Repetto. Vous savez, ce basique des basiques, tellement évident qu’on n’y réfléchit même plus, tellement évident… que je n’avais pas songé que je n’en portais plus. Dans l’absolu, je l’aime toujours, cette ballerine. D’ailleurs, en voyant Emma Stone dans le nouveau Cameron Crowe, Aloha, apparaître en chemise blanche, pantalon cigarette et ballerines noires, je me suis dit que cette silhouette en hommage à Audrey H. était décidément adorable. Sauf que personnellement, aujourd’hui, j’accessoiriserais autrement. Disons que mon feeling me pousserait à accessoiriser autrement : ce serait mon cerveau qui me dirait peut-être qu’il faut que je rentabilise mes ballerines !

On a toutes dans nos têtes des listes de choses que l’on aime, des vieilles wish-lists qui traînent, que l’on ne réfléchit pas forcément à actualiser. L’évolution perso, l’air du temps, il y a des tas de raisons pour avoir adoré un style de pièce, mais ne plus avoir envie de le porter à l’instant T. Je crois que beaucoup de mes erreurs d’achat récentes viennent aujourd’hui de là : acheter des vêtements qui ont un jour coché les bonnes cases (Une blouse ? Checked ! Des pois ? Checked ! Un slim ? Checked !)… mais ne m’emballent plus tant que ça. J’ai acheté par exemple une très jolie blouse en soie blanche que j’aurais adoré dénicher à une certaine époque pour l’associer à un jean skinny, avant de m’apercevoir que je suis devenue sans forcément y penser une fille à t-shirt tout basique, à sweat-shirt, à pantalon d’homme confortable et à jupe sous le genou.

Attention : il ne s’agit pas de renoncer à mon côté versatile, moi qui ai officiellement annoncé que je faisais la paix ! Juste de savoir dire au revoir à des vieux désirs, des vieux « moi », pour mieux embrasser ce qui me plaît réellement en ce moment – mon new « moi » ;). 

Laure

vendredi 12 juin 2015

b. comme basique





Je parlais d’autre jour de la jupe d’été que je viens d’acquérir et on m’a demandé, dans les commentaires, d’où venait cette trouvaille. J’ai des sentiments assez partagés sur le fait de divulguer ce genre d’informations. Non pas que je tienne à tenir mes sources de bons basiques secrètes pour faire ma mystérieuse. C’est plutôt que je trouve que le Web est déjà suffisamment saturé - j’ai même envie de dire pollué – comme ça par les co-optations de marques et de produits. Ce qui me convient à moi ne vous plaira peut-être pas à vous, ce qui est envisageable dans le budget de l’une est peut-être trop cher pour l’autre, et ainsi de suite. D’un autre côté, je suis la première à aimer qu’une amie me révèle où elle a pu trouver son jean ou t-shirt fétiches, si la qualité a tenu le coup dans la durée, etc. 

Bon.

Il se trouve que j’ai acheté la jupe en question chez agnès b. et qu’en y réfléchissant, je n’ai vraiment aucun problème à partager cette information, pour la bonne et simple raison que j’aime vraiment bien agnès b. La marque, pas la personne, je ne la connais pas personnellement, même si c’est un peu comme si, car cela fait presque trente ans que je porte ses vêtements. Je n’ai pas gardé les vêtements acquis au fil des années… J’en ai le regret parfois, mais la vérité est que je ne pourrais plus, hélas, rentrer dans l’ensemble veste pression + minijupe en molleton rouge des mes 13 ans (ma première tenue « de grande », offerte par mon parrain dans feu la boutique agnès b. Lolita de la rue du Jour), ni le blouson en cuir ultra-souple de mes 20 ans (porté non stop plus d’une décennie, puis porté par ma mère, puis reporté par moi, puis finalement donné à l'une de mes sœurs quand vraiment il est devenu trop étriqué pour moi – mais je rêve encore de ce blouson et de trouver son équivalent). En revanche, je suis toujours restée attachée à cette enseigne, son esthétique qui semble suivre fidèlement les goûts de sa créatrice plutôt que la tendance (au risque parfois d’être un peu déconnectée de l’époque, mais dans la mesure où je suis restée bloquée en 1995, cela ne me pose pas grand problème), et la qualité que j’ai toujours trouvé irréprochable (bonus aussi pour un certain nombres de pièces produites en France et en Europe ce qui est devenu une rareté pour une marque au niveau de gamme pas trop inacessible). Bref, quand j’ai repensé mon armoire de fond en comble l’année dernière, je me suis tournée de nouveau vers agnès b. J’y ai trouvé un pantalon d’été noir tout simple et léger, made in France, très bien pour les occasions habillées quand il fait chaud. Et, cette saison, la fameuse jupe et un petit pull raccourci manches courtes qui va très bien avec elle.

Voilà. Vous ne pourrez pas dire que je fais ma mystérieuse.


agnès b. is one of those French brands that, along with A.P.C., has been one of my go-to places since I was in my teens for well made, no-fuss basics. 


Jeanne-Aurore



jeudi 11 juin 2015

En paix ;)

Deux séries mode dans Elle : il se trouve que j'aime les deux ;)

Eh bien voilà, j’ai décidé d’écouter la myriade de compliments totalement immérités que m’a fait Jeanne-Aurore dans un post et le tapage de doigts de Lilu et de sa partner in crime Elli (dans les commentaires, ici). Et donc : d’arrêter de vouloir me formater une garde-robe essentielle contre mon gré.

Je me suis demandée : mais pourquoi ai-je si envie d’une garde-robe essentielle, alors que ça n’a jamais été une inclinaison naturelle ? Eh bien, j’ai trouvé, c’est parce que je raisonne encore comme si j’étais à Paris, sauf que je n’y suis plus ! Je m’explique. A Paris, la vie est quand même assez speed et stressante, suffisamment, en tout cas, pour avoir ressenti le besoin, au fil des années, de ne pas me la compliquer plus encore, et de tout simplifier : ma maison, ma routine… mon armoire. Réduire m’a délestée de brainstormings pesants et de tâches chronophages, et ça m’a fait du bien. Mais c’était à un moment où j’en avais besoin. Il faut ajouter que le coût des vêtements reste élevé en France (où payer moins 30% en dépôt-vente par rapport à du neuf est considéré comme une bonne affaire), et la taille de mon logement pas immense : donc là encore, l’essentiel, ça faisait sens.

Alors que la réalité, depuis la rentrée 2015, c’est que je vis à Los Angeles, où j’ai à ma disposition des dépôts-ventes qui coûtent peanuts et des placards plus vastes ;) Et puis surtout, j’ai plus de temps, car dans cette ville de soleil, de plage, de nature, on travaille, mais dans une bonne vibe, il y a moins de sollicitations, moins de rush. Donc sûrement plus de cerveau disponible pour renouer avec un sport créatif comme « quoi porter avec quoi ». Arrivée avec une valise, la pure capsule wardrobe, je n’ai pas tardé à en avoir fait le tour, je me suis remise à shopper, en me traitant intérieurement de crécelle, alors que c’était peut-être un sain réflexe, un retour du fashion game, un plaisir dont j’ai, en fait, toujours été friande (puisque même petite, j’adorais inventer de nouvelles tenues pour mes Barbie ou découper le catalogue La Redoute pour réassembler leurs silhouettes). 

Donc, continuer à lutter contre cette facette de moi est sûrement, vous avez toutes raison, dommage, ou excessif, ou inutile, en tout cas pas à faire. Et vous savez quoi ? L’accepter m’a même peut-être rendue plus raisonnable. Hier, j’étais chez mon fameux Crossroads Trading Co, j’ai essayé plein de trucs, j’aurais pu prendre plein de trucs, et puis j’ai réalisé que j’avais un petit démon qui me disait « achète achète achète », un petit ange (enfin… vraiment ?) qui me disait « n’achète pas n’achète pas n’achète pas ». Et moi au milieu de tout ça qui me disait : tout va bien, mais je n’ai pas spécialement envie de ça, pas aujourd’hui. Ni frustrée, ni embêtée, juste… en paix. 


Laure

mercredi 10 juin 2015

Le cas de l'été



Je ne sais pas comment m'habiller l'été. Comment un tel problème n'était-il pas à l'ordre du récent G7, cela me dépasse. J'aurais aimé avoir le point de vue de Barack Obama sur le sujet. Qui rappelons-le a fait le choix de ne s'habiller qu'en costard marine ou noir pour s'éviter les choix cornéliens. Sauf je doute que le costard noir soit la solution à mon incapacité à savoir ce que je peux bien mettre une fois les beaux jours arrivés. Laure possède ce talent estival et voilà des années que j'admire sa capacité à être cool dans son armada de robes et jupes. Lors de ma récente visite à L.A., tandis que je cuisais dans mes jeans, je lui enviais ses jupons où il devait faire bien frais.

Sauf que les jupes, les jupons, les robes, c'est un univers un peu lointain pour moi. J'ai fait le calcul : je dois passer environ dix mois sur douze (à peu près la durée de l'hiver, m'a-t-il semblé, cette année) dans mon trio-qui-a-fait-ses-preuves : pull / jean / boots-ou-baskets. Sortie de là, je suis paumée. J'aime l'idée de la robe pour son aspect pratique tout en un. Sauf que je ne trouve jamais de modèle qui soit suffisamment sobre pour être l'équivalent "robe-esque" du duo jean/t-shirt cher à mon coeur. La jupe me pose un même problème. Récemment, néanmoins, j'ai trouvé et acheté un modèle très simple de jupe crayon stretch noire, sobre, assez nineties (oh la surprise) dont j'ai fait le pari qu'elle pourrait être mon jean de l'été, le vêtement que j'attrape sans y penser le matin. Pour le moment, la jupe est surtout restée sur son cintre, mais il faut dire qu'il a fait frais ces derniers jours et que, personnellement, je n'ai pas quitté mon col roulé (un choix qui a poussé mon ami Franck a me demander si je comptais reformer le Velvet Underground, ce que je prends pour un compliment). Mon 501 trouvé l'année dernière est plutôt un bon ami pour l'été avec son allure ample et avachie, et passe plutôt bien le test des +30° en étant porté avec des sandales et un t-shirt en lin fin. J'ai aussi trouvé un short Gap kaki très chouette, même si je n'envisage pas le short sortable en ville (s'asseoir dans le métro en short, brrr). 

Histoire quand même d'avancer sur ce sujet crucial de la garde-robe d'été, j'ai décidé de contourner le problème et me concentrer sur les accessoires. Je rêvais depuis longtemps des compensées en cuir naturel d'A.P.C. et les voilà qui ont rejoint mon placard. Grande satisfaction : je les enfile sans me poser de questions,  mon Graal vestimentaire (appelons-ça le Quotient Barack d'un vêtement). Les anglo-saxons appellent ça un "no-brainer" et j'aime bien l'idée que mon cerveau peut se mettre sur off quand il s'agit de m'habiller. Pour l'instant, j'en suis là de ma garde-robe d'été. Il se peut donc que par 40° je sois habillée en jean et col roulé ET sandales. Un choix tout à fait original vous en conviendrez.


I've always been quite clueless when it comes to summer dressing and I have to leave my no-brainer, cold months uniform of jeans, sweater and some form or other of boots or sneakers. I'm baffled by skirts and dresses, never finding a model that is fuss-free enough for me. Though I recently found a skirt that may be the skirt-y equivalent of a jean. It's still hanging on its hanger, though, while I'm seeing how long I can stand being the only person on the street still wearing turtlenecks and dark rinse jeans as the temperatures rise. I also finally fulfilled my fantasy of owning the A.P.C. classic, natural leather wedges. Those are great. They actually do look summery (even manage to lend a summery air to the above mentioned turtlenecks and jeans) and I can walk in them, which is always a plus in the shoes department.


Jeanne-Aurore



mardi 9 juin 2015

Il y a des jours comme ça...


Je parlais l’autre jour de mon dépôt-vente et des mille et une trouvailles (ce qui, nous sommes d’accord, est 999 de trop !) que j’y achète… Il faut tout de même avouer que rien ne remplacera jamais le plaisir d’entrer juste pour voir et de tomber sur des sandales lorsque justement, je cherchais des sandales, neuves, dans des marques désirables, des couleurs auxquelles je n’aurais pas forcément pensé, mais tops, à moins de 30 dollars pièce, et pile-poil dans ma taille ! C’est aussi pour ces petits shoots de satisfaction que je raffole des dépôts-ventes ;)

Laure

jeudi 4 juin 2015

Radin : tout un art… ou vraie addiction ?

Ma robe neuve et adorée (à gauche) vs. quelques trouvailles d'occase...


Dialogue entre Jeanne-Aurore, lorsqu’elle est venue me voir à Los Angeles, et moi.

Moi : « Ah tiens, j’ai acheté ça, ça et ça chez Crossroads Trading Co, mon dépôt-vente XXL à prix XXS.

Jeanne-Aurore : C’est génial, tu devrais en parler sur le blog.

Moi : Je l’ai déjà fait 250.000 fois.

Jeanne-Aurore : Non, jamais sous cet angle. Tu devrais en parler en disant… par exemple… pourquoi c’est bien d’être radin ! »

??! Ok, j’aurais préféré que ma copine vante mon « art du dépôt-vente », m’enfin, je veux bien accepter ce « c’est bien d’être radin ».


Autre conversation, carrément dans le dépôt-vente en question, entre une vendeuse qui s’amusait de me voir chargée de cintres, et moi.

La vendeuse : « Does your family know ?

Moi : Hein, euh… what ?

La vendeuse : About your shopping addiction ! »

Gloups…


Voilà voilà, je navigue en ce moment entre ces deux regards. D’un côté, celui bienveillant d’une amie qui ne me veut que du bien et voit du sens dans mes trouvailles vestimentaires. De l’autre, celui d’une vendeuse qui ne pensait absolument pas à mal, mais dont la petite blague a visé étonnamment juste puisque, pour tout vous dire, c’était la cinquième fois en trois semaines que je passais chez Crossroads Trading Co (ils ont plusieurs adresses, donc dès que je me trouve à proximité de l’une d’elles…).


Shopper radin a effectivement d’énormes avantages. Financiers, évidemment. Il y a l’excitation de la perle à dégoter. Le plaisir de fouiller, chercher, dénicher. Ensuite, comme il y a zéro pression des vendeuses dans ces grands dépôts-ventes, et que c’est vraiment très très très très peu cher, on ose essayer plus et on ose acheter plus, donc on devient la fille qui a le chouette pull à rayures et bandes fluo roses ;) Il y a plein de stock, plein plein de marques, donc on attrape forcément des pépites.

Mais en réalité, l’addiction qui en résulte est exactement la même que l’addiction à la fast-fashion dont on croyait (dont je croyais !) être largement revenu(e). Le turn-over et la peur de louper quelque chose poussent à revenir plus souvent qu’on ne le devrait. La jubilation des prix bas pousse à être moins regardant. Et on sait bien que tester de nouveaux styles relève en général de la fausse bonne idée : c’est même comme ça que l’on devient la fille qui, finalement, ne sait pas trop quoi faire de son chouette pull à rayures et bandes fluo roses ;) 

C’est pour ça que j’ai dérogé à ma règle de ne plus m’habiller qu’en dépôt-vente, et que suis allée acheter un truc neuf. Là, c’était chez Mohawk, boutique géniale mais chère de Silver Lake. J’y étais passée en compagnie de Jeanne-Aurore et j’avais flashé sur une robe, mais Jeanne-Aurore est quelqu’un de tellement, tellement réfléchi, que l’on n’ose pas trop faire de shopping avec elle : on a trop peur de passer pour une cruche impulsive ;) Cette robe, je n’ai pas cessé d’y penser ensuite, je suis allée la regarder sur Internet, tout ça. Mais je préférais m’en tenir à ma politique de la radine. Quelque temps plus tard, je suis retournée chez Mohawk, cette fois avec ma copine Louise qui, elle, est tout l’inverse de Jeanne-Aurore : une fille qui aime autant que moi Crossroads Trading Co, les bonnes affaires et le shopping en général. Et qui m’a dit : oh mais c’est trop toi, et puis, elle n’est pas si chère. Bref, j’ai acheté la robe, et j’ai eu le sentiment de l’achat parfait, celui qui se suffit à lui-même, celui qui peut vous remplir tout un mois. Je me suis dit que Crossroads Trading Co, c’était bien, mais pas vraiment pour l’essentiel.


J’ai conscience que mon discours est un peu embrouillé, car il s’y mêle donc plusieurs choses :

- la satisfaction d’avoir ajouté à ma silhouette des pièces d’occase tout simplement formidables, pour lesquelles la bonne affaire n’était finalement que la cerise sur le gâteau…

- l’évidence de cette robe que j’ai payée plus cher, mais sans que cela me dérange, tant elle correspond à ce dont j’avais envie profondément…

- et puis malgré tout, pas forcément des erreurs d’achat, mais des choses peu utiles, ou pas assez faites pour moi, achetées un peu comme ça, en passant. Certaines d’ailleurs que j’ai données à revendre quelques semaines plus tard, accentuant encore ce cercle bizarre, et qui ne m’amuse plus tant que ça à la longue, du « j’achète et - cool - ça ne me coûte presque rien ». Moi qui depuis des années m’applique à faire baisser le nombre de pièces qui entrent dans mon armoire « essentielle » (ah ah ah), voilà que je viens de faire exploser mon quota en quelques mois. 

L’attrait de la bonne affaire, l’Homme le sait depuis l’invention des soldes, c’est la porte ouverte aux excès. Le meilleur moyen de perdre la tête et de dévier de la ligne claire que l’on avait pu se fixer. Bref, me voici radine ET shopping addict. Légèrement enquiquinant ;)

Laure

vendredi 29 mai 2015

Question-réponse : Dois-je renoncer à mes contradictions ?

Helena Christensen par Peter Lindbergh pour Harper's Bazaar US Mars 1993
Source


Laure à Jeanne-Aurore : Jeanne-Aurore, I need you. J’ai besoin que tu m’aides à faire le point, car malgré la lecture de tous tes posts, qui m’aident et qui m’éclairent, je reste malgré tout dans le flou… Je t’explique : j’aimerais bien trier encore un peu mon armoire pour peut-être me débarrasser de choses qui m’embêtent, des trucs que je ne mets pas, ou que je me force à mettre… Mais j’ai un problème, c’est que quand je les essaie, ces choses que je ne mets pas (ou pas volontiers), elles me vont, ce n’est pas comme si elles étaient moches, absurdes, ridicules, qu’elles ne me correspondaient pas du tout… Elles sont bien, objectivement bien. Mais… elles sont bien en « au cas où toute mon armoire prend feu sauf ça », en « ah, ça peut être sympa pour une soirée (une seule) », ou en « rentré dans le pantalon, ou avec une ceinture, bref, en étant créative, c’est très cool ». Et je suis partagée car d’un côté, j’ai envie que ma garde-robe soit simple, totalement anti-brainstorming, que je puisse y attraper n'importe quoi en toute quiétude, mais de l’autre, je me lasse assez vite de toujours les mêmes pièces, la même manière de porter, j’aime bien expérimenter, me faire des nouvelles silhouettes… Je suis aussi embêtée, car ces fringues que je veux donner, si ça se trouve, si je les croisais demain dans un magasin, je les achèterais : donc ça semble idiot de s’en débarrasser… C’est idiot, mais en même temps, elles m’exaspèrent. Rah la la. Que faire ? Garder ? Jeter ? Donc, chère Jeanne-Aurore : je t’ai exposé mon problème, sauras-tu démêler le fil de tous ces « oui mais » et « sauf que » et autres contradictions ?


Jeanne-Aurore à Laure : Tout d’abord, te rassurer. Ton problème n’en est pas un. Il est simplement le reflet de  cette femme formidable que tu es. Une femme qui s’installe à L.A. pour s’y faire des marathons de DVD de Claude Sautet. Une femme qui déjeune d’un grain de quinoa puis commande deux desserts parce tout à l’air trop bon. Une femme qui cite sans ciller et avec la même connaissance Fassbinder et "Legally Blonde" dans la même phrase. Bref, tu  n’est ni monocorde, ni monomaniaque (contrairement à l’auteur de cette réponse), ni monocolore, mais un joli bazar d’envies parfois contradictoires. Et ça c’est cool et c’est pour ça que je, que l’on t’aime.

Alors en somme, ce dilemme qui te tiraille, il est toi, et par conséquent il est à chérir. D’autant mieux qu’il exprime tes deux « toi », dont je me demande s’ils sont vraiment dissociables l’un de l’autre. D’une part le toi cérébral, Fassbidenrien, qui se rêve Sofia Coppola en mode minimal, vivant d’air Californien et de quelques basiques indémodable. Et de l’autre, le toi instinctif, fan du Elvis flamboyant période Vegas et des teen comedies acides, qui a crapahuté d’Inde en Afrique, a eu le courage de te délocaliser dans une ville inconnue avec mari et enfants, et a envie de se tirer une balle dès que les choses ronronnent un peu trop.

Privilégier l’une de ces facettes au profit de l’autre serait-il une bonne idée ? En es-tu incapable justement parce que ce serait renoncer à une part de toi sans laquelle, tu ne serais pas toi ? Saurais-tu, toi qui aimes tant « brainstormer », analyser, disséquer tout ce qui te passes entre les mains, les yeux, les oreilles, te contenter « d’anti-brainstorming » ? Saurais-tu ronronner avec les mêmes pièces chaque jour quand je te sais toujours en quête de nouveauté, toujours à l’affût d’un nouveau coin du monde à découvrir, d’un film à voir ? Ton appétit de tout, il se reflète dans cette garde-robe que tu n’as peut-être au fond pas tant envie que ça de mettre à la diète, pas tant envie que ça de canaliser et cantonner à un territoire stylistique donné. Car ce serait te mettre au quinoa à vie… et renoncer aux deux desserts qui suivent.

Mais trêve d’analogie culinaire bancale. Revenons-en à ces fameux vêtements qui te posent problèmes. Et si tu essayais de les aborder différemment ? De ce que tu dis, c’est ton « toi » cérébral qui jusque-là s’est manifesté quand il s’est agi de leur faire face. Un toi analytique, logique. Normal qu’en guise de réponse tu te sois retrouvé avec des points d’interrogation, des « au cas où »,  des justifications longues comme le bras. Mais, et si tu essayais de leur faire face avec ton toi baroudeur, impulsif, ton toi Elvis à Vegas ? En prenant chaque vêtement et te demandant s’il te donne le frisson, s’il te transporte ailleurs, s’il te fait vibrer comme un bon morceau de Dylan ou Lou Reed ? (Bref, en faisant la version rock du tri à la Marie Kondo). Peut-être qu’en laissant s’exprimer à plein cette facette de toi que tu  n’as cesse de vouloir canaliser, en ouvrant en grand les vannes, tu trouveras-là des réponses plus immédiates, limpides et lisibles. Des réponses qui proviennent des tripes, non du cerveau.

Et puis, peut-être, une dernière question à méditer : est-il possible que ces tiraillements vestimentaires soient à l’image de ton armoire même, dont une partie demeure à Paris tandis que tu en as pris une partie de toi à L.A. ? Avec un pied sur chaque continent, possible que ta garde-robe hésite entre les humeurs, les climats, le « toi » qu’elle doit refléter, tout simplement parce que toi-même tu vis cet entre-deux géographique, un entre-deux qui te nourrit aussi.



jeudi 28 mai 2015

Hello from L.A


Fresque murale souriante / slogan twisté sur un mur / minirobe + chien, un combo typiquement L.A / 
Gaspard Ulliel en Saint Laurent / Shooting de maillots de bain sur Sunset Boulevard / Faye Dunaway en Bonnie Parker / 
Inspiration Orange mécanique à la Taschen Gallery / Grace Kelly graffitée / Mes Ancient Greek Sandals !

PS : Promis, je me remets très vite à l'écriture d'un "vrai" post ;)

Laure

mercredi 27 mai 2015

Matériel / Immatériel




Au fil de ses dernières années, je me suis délestée de nombre de mes possessions, sans en ressentir de regrets, la plupart du temps. Moi la grande accumulatrice de livres, j’ai ainsi réduit ma collection à une dizaine d’ouvrages « îles désertes » dont l’absence sur mes étagères me manquerait cruellement (les albums désopilants de Jean-Philippe Delhomme qui me rappelleront toujours le bonheur de lire ses « Polaroïds de jeunes filles » dans feu le Glamour des années 90, ou encore « Fashion Movies », le livre de Laure qui présida à notre rencontre, ou mes éditions Pléiade de Jane Austen que je compte emporter dans la tombe). Je me suis délestée aussi de la plupart de mes DVD : comme avec mon tri de livres, je suis arrivée à la conclusion que certains objets de culte et de culture, que je croyais indispensables à ma vie, étaient désormais moins réellement nécessaires à mon bien-être que représentatifs de goûts anciens, de périodes passées, auxquelles je continuais à me cramponner. Tel film de Gus Van Sant adoré passionnément il y a quinze ans soudain ne me faisait plus d’effet (voire me barbait infiniment). Tel coffret de série « indispensable » apparaissait soudain m’être… tout à fait dispensable, voire carrément inutile. La vie change, les goûts évoluent, faire ces tris m’a aussi permis de l’apprendre, de me dire qu’évoluer n’est pas se renier, juste accepter que l’on n’est plus la même personne qu’à la fac. Comme le dit ma mère « Il n’y a que les moules qui adhèrent ». C’est bien, parfois, de savoir quitter son rocher.

Il y a cinq ans, quand j’ai déménagé pour m’installer avec mon amoureux devenu depuis mari, j’en ai profité pour faire un grand ménage dans ma collection de musique. Exit tous les Cds accumulés, je décidais de ne garder que la crème de la crème, mon best of musical des albums qui avaient comptés. Puis, y a trois ans, nous déménagions à nouveau et cette fois-ci, j’ai décidé de ne plus garder de trace « matérielle » de ma musique. J’étais en pleine frénésie Dominique Loreau, light soyons light, et je me disais que ce serait la belle vie de transférer mes Cds sur mon ordi et d’en profiter ainsi, de manière nomade, libre, sans m’encombrer de boîtiers et autres livrets de paroles. Sauf que. Contrairement aux livres, ou aux DVDs (et n’oublions les vêtements, hein !), j’ai regretté amèrement cette décision.

Car une fois ma musique dématérialisée… j’ai tout simplement arrêté d’en écouter. Il faut dire que j’appartiens à une génération qui a grandi avec une musique bien matérielle. Avec des cassettes, des 33 et 45 tours, et même des tubes enregistrés à la radio sur cassette (vous faisiez ça, vous aussi, d’attendre que votre morceau préféré passe sur les ondes pour la capturer sur votre magnétophone ?). Et puis des Cds, dont on compulsais frénétiquement leur livret et leurs légendes, les paroles, les remerciements, en prenant le temps, vraiment, de se poser pour écouter l’album, sans rien faire d’autre.

Alors, en ce moment, je suis en train de faire un truc un peu maboule. Bon, déjà, j’ai offert à notre maison une chaîne qui lit les Cds (mais aussi la musique de mon téléphone et de mon ordi parce que soyons un minimum de notre époque). Et surtout, je rachète petit à petit des Cds, mes Cds favoris. Il se trouve que se trouve près de chez moi une boutique où les albums d’occasion coûtent 4 euros et que c’est très agréable d’y traîner. C’est un processus amusant, qui au fond ressemble un peu à ce que je fais avec mon armoire depuis que je l’ai radicalement vidée et que j’y réinjecte, petit à petit et avec réflexion, uniquement ce qui constitue, pour moi, des « best ». Je ne rachète donc pas n’importe quoi mais uniquement, et seulement, ces albums que je connais par cœur, et surtout qui ont toujours encore un sens pour moi aujourd’hui (l’idée n’est pas de céder à la nostalgie). Le suave « Urban Hang Suit » de Maxwell. L’immense « So » de Peter Gabriel. Le « Listen Without Prejudice » de George Michael. (Au cas où vous en doutiez, oui mes goûts musicaux sont bloqués quelque part en 1996). 

Cela peut sembler idiot. Ces albums sont pour la plupart déjà présents sur mon ordinateur et de ce fait écoutables sur ma nouvelle chaîne. Mais je me suis rendu compte que j’avais besoin du rituel du Cd qui entre dans le lecteur. Du canapé dans lequel on s’assied pour écouter, avec toute son attention, les morceaux. En chantant, si possible, très fort, très faux et très longtemps. Sur ma liste actuelle de Cds à me procurer de nouveau : « Tidal » de Fiona Apple (mon album de tous les albums et celui qui me manque le plus en format matériel), « Parklife » de Blur et quelques autres…

Jeanne-Aurore


vendredi 24 avril 2015

Scrub





En règle générale, je suis allergique, au sens propre comme et figuré, aux mixtures cosmétiques faites maison. Do It Yourself ? Merci mais non merci, je préfère m'abstenir. J'aime mes crèmes en tube hermétique, sans parfum et si possible sans avocat écrasé. La simple idée de m'enduire de guacamole, de yaourt ou de miel me donne des boutons. Et c'est un peu contreproductif. Une seule exception : le gommage pour le corps. Là, c'est la pragmatique en moi qui s'exprime : je n'ai tout simplement pas trouvé mieux que ce globiboulga infect (surtout ne pas avaler) pour avoir la peau douce. Ma recette : grosso modo deux grosses cuillères à soupe de sucre (brun, blanc, cassonade, selon ce que j'ai sous la main) que j'imbibe d'huile d'olive jusqu'à former une pâte. Puis direction la douche où je scrube, scrube, scrube des pieds à la tête, en insistant sur les ongles, talons, coudes, genoux, pour éradiquer les peaux mortes. Je finis par un massage du cuir chevelu avec mes mains huilées. Rinçage à l'eau bien chaude et shampoing.

Je sais déjà ce que vous allez demander : ai-je l'odeur et l'aspect d'une tomate mozza après m'être ainsi tartinée à l'olive ? Que nenni. L'eau de la douche élimine l'excédent d'huile et ce qui pourrait rester est absorbé par une serviette de bain bien moelleuse. Et personne dans mon entourage n'a eu l'air incommodé par de quelconques effluves huileuses. Quant aux cheveux, l'huile fonctionne comme un pré-soin traitant, son excédent part avec le shampoing et laisse juste les cheveux doux. Précision, et de taille : cette recette fonctionne pour moi, elle pourrait fort bien ne pas vous convenir ou ne pas vous ravir autant.

Though I usually abhor the idea of DIY cosmetics (the mere notion of slathering myself with yogurt or avocado gives me pimple, which is highly counterproductive), there is one exception: my homemade body scrub, aka the weird muck I make from mixing two big soup spoons of sugar with however much olive oil it takes to turn it into a paste that I then scrub, scrub, scrub from head to toe before showering it off and witnessing wonderfully soft skin. Note of caution: it works for me, but may not be to your taste or work for you. And given my own reticence about homemade weirdo preparations, I'm telling you: feel free to disregard completely my weird recipe.


Jeanne-Aurore





Essentiels : tennis



Avec l'arrivée du printemps, du changement de temps, la lassitude de tous ces mois coincée avec les mêmes basiques, je sais que tout est réuni pour perdre la tête et claquer du blé. Mais, bizarrement, cette année, je n'ai  même pas eu à m'imposer de restriction, de diète d'achat comme j'avais pu le faire l'année dernière. "Moins on achète, moins on achète" - encore une fois ce commentaire d'une de nos lectrices fait ses preuves. J'ai tourné autour du pot de ces tennis des semaines, des mois durant. Auparavant, ce temps de décision m'aurait paru intolérable. Aujourd'hui, c'est devenu une habitude. Je n'achète tout simplement plus jamais sur un coup de tête. 

With spring in the air, I should be geared up to want to spend, spend, spend on new things. But I took my time to decide to buy those new tennis shoes, and get a few new tees to replace my crummy ones.

Jeanne-Aurore





mercredi 22 avril 2015

Valise

C'est moi où cette tenue de Kate Moss n'a pas pris une ride ?
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Dans quelques jours, je pars pour Los Angeles et des retrouvailles avec Laure attendues de longue date (= JOIE). Dans quelques jours je vais donc devoir préparer ma valise, une activité que, jusqu’à une date très récente, j’associais à une forme de cataclysme, la « Zombie Apocalypse » de ma garde-robe. Il faut dire que, contrairement à Laure mon amie globe-trotteuse décontractée du passeport, je suis une grande casanière, qui associe les gares et aéroports à une certaine idée de l’enfer sur terre. Et puis, pendant très longtemps, j’avais cette idée qu’une valise se prépare comme une campagne de guerre. Qu’il fallait établir une stratégie de silhouettes, planifier des tenues, donner un thème. J’étais aussi toujours très (trop) soucieuse d’être raccord avec ma destination, son état d’esprit, son esthétique. Et je ne vous parle pas des achats de dernière minute, faits en panique, parce que soudain je me persuadais que je n’avais pas les bonnes baskets pour aller passer trois jours en Bretagne.

Cette fois-ci, à la veille de mon départ, mon état d’esprit est assez différent et pourrait se résumer, franchement grossièrement, à cette simple philosophie : « Merde à tout ça ». Cette nouvelle nonchalance, malheureusement, ne témoigne en rien du fait que je serais devenue une voyageuse à la cool (I wish). Non. C’est juste que j’ai accepté que ma garde-robe, post projet armoire 2.0., post tri Kondo, est ce qu’elle est. Mini, plutôt monotone, et que donc mon armoire, eh bien, ce sera ma valise. Dans la mesure où, désormais, l’intégralité de ma garde-robe pourrait tenir plus ou moins dans une valise. Pour la première fois, je m’apprête donc à préparer mes affaires sans autre grand questionnement métaphysique que celui de savoir si tout sera propre et prêt à partir. Et je me dis que ce sera à la ville de s’adapter à moi et non l’inverse. Et que dans le cas d’une valise vraiment ratée, il est toujours possible de faire un ou deux achats sur place pour rectifier le tir, qui constitueront en plus de bons souvenirs…

Jeanne-Aurore


jeudi 16 avril 2015

Comment vivre sa garde-robe à l’ère des images trop parfaites ?


Il y a un site que j’aime bien aller voir quand je veux me faire du mal (je n’ai pas encore la sagesse de moine bouddhiste de Jeanne-Aurore) : c’est The Shape of the Season. Y est présentée de manière très « éditée », très claire et très ordonnée une sélection censée correspondre aux canons de la saison, et qui exprime surtout une certaine image du minimalisme et du bon goût. En fait, chaque photo donne envie d’aller enfiler illico une jupe portefeuille ou un sweater gris en cachemire ;) La réussite, je trouve, c’est d’y mêler le très cher mais très pointu au moins cher mais quand même pointu (& Other Stories, ou même simplement des pièces Zara qui font réellement créateur), et puis de mixer pêle-mêle vêtements, sacs, chaussures, bijoux, produits de beauté et objets design : c’est-à-dire de présenter tout un univers désirable et inspirant. 

A chaque fois que je vais y fourrer mon nez, je me lamente sur ma garde-robe. Au moins le temps de refermer mon ordi, de relativiser et de me dire : mais attends, tout ce que je viens de voir, dedans, il y a plein de choses qui ne m’iraient pas, dont je n’ai ni envie ni besoin, et puis ce qui me plaît, je l’ai sûrement déjà, peut-être même en triple exemplaire. Seulement voilà, en petites cases, bien shooté, sur un mannequin immobile, ou parfaitement à plat, ça a plus de cachet.

Longtemps, mon fantasme a été que ma garde-robe ressemble à une boutique : des pièces triées, cohérentes, joliment suspendues sur un cintre, un esprit saison, collection… Ce qui restait finalement accessible. Mais je pense que la présentation Internet a installé un nouveau fantasme, bon, surtout pour l’obsédée de l’ordre que je suis : celui de la garde-robe en vignettes parfaites et parfaitement alignées. Parce que quand je songe à mon armoire, ce n’est pas qu’il y manque quoi que ce soit, mais c’est qu’elle est « vivante », les cintres n’y sont pas au millimètre, il y a forcément des trucs un peu froissés… C’est la présentation idéalisée du Net qui donne des complexes, pas réellement les vêtements en eux-mêmes.

D’ailleurs, il m’est arrivé moi aussi de créer mes propres petites vignettes, shootées bien à plat, ou sur un Stockman, dans le but de revendre certaines de mes pièces sur Internet. Et à chaque fois, j’ai eu un petit moment d’hésitation durant lequel j’ai songé : eh, mais c’est pas mal ça, pourquoi je m’en débarrasse ? (Parce que je ne le mets jamais. Parce que je ne porte plus aussi court ou aussi étriqué. Parce que la couleur ne me va pas…) (PS : la photo correspond d’ailleurs à mes propres affaires, mises en vente sur le site américain Threadflip : on leur envoie directement les vêtements, et eux se chargent de les prendre en photo, de rédiger les descriptions et de les envoyer pour nous…) 

Je sais que des applis permettent ça : photographier sa garde-robe et ensuite voir les pièces présentées une par une, comme un beau catalogue digital. Mais me lancer là-dedans me fatigue d’avance. Et puis, ça n’enlèvera rien au fait que, après la satisfaction du virtuel, il faudra, tout de même, composer avec l’imperfection de la réalité (en clair, cela n’enlèvera rien au fait qu’il faut surtout que je vise la sagesse de moine bouddhiste de ma copine ;)).

Laure 

lundi 13 avril 2015

Tried & True : le parfum de Jeanne-Aurore



Je crois que nous n'avons jamais parlé de parfum sur le blog et je suis heureuse d'inaugurer le sujet avec ce dessin de Jennifer qui, rien qu'à le regarder, me met en joie. Comme ce parfum quand je le mets le matin. 

Durant des années, j'avais arrêté d'en porter. Une réaction, je crois, face au trop plein de l'offre (marrant que j'arrive à cette sensation avec les senteurs avant même mon cheminement dans ce sens concernant les vêtements ou la cosmétique, et aujourd'hui la culture). Une réaction aussi je crois à mon propre parcours d'acheteuse de parfums qui avait cédé à tous les nouvelles fragrances du moment : la fille qui a acheté Loulou, Trésor, CK One, Eternity and Co. pour être raccord avec l'époque, c'est moi ! 

Et puis, en même temps que je coupais mes cheveux - décidément un sacré déclencheur - est revenue l'envie du parfum et d'un parfum particulier que je portais il y a dix-quinze ans. Un parfum signature que j'avais abandonné, comme beaucoup de choses, parce que n'ayant pas tout à fait le cran d'assumer mon goût. Mais qui désormais, dans ma quête de quintessence, s'est imposé à moi. Ce parfum, je l'aime sur moi. Ce qui peut sembler une évidence, mais en fait non : il m'est arrivé de porter des parfums parce que j'en aimais l'odeur dans l'absolu, pas nécessairement le rendu ou la cohérence sur moi. Quand il se diffuse au fil de la journée, il prend des accents de savon frais, une odeur d'enfance et de propre que je trouve rassurante. Et puis, son flacon ambré, simple, carré, posé sur le rebord du lavabo est devenu un moment sympathique qui transforme la routine pressée du matin en quelque chose de plus reposant.

Jeanne-Aurore

Illustration : Jennifer Hoyden



vendredi 10 avril 2015

Avantages et inconvénients d’une double garde-robe

Source

Quand j’étais plus jeune, que je voyais Kate Moss, Gwyneth Paltrow ou tous ces autres people que j’aimais posséder des maisons aux quatre coins du monde, et du coup, afficher une garde-robe totalement différente selon qu’elles étaient à Londres, à Los Angeles, à New York ou ailleurs, cela me paraissait le pur fantasme. Deux maisons, c’est deux fois plus de vêtements ! Et quand tu es dans l’une, tu t’habilles selon un certain style, puis quand tu passes à l’autre, tu deviens totalement autre chose ! La classe impériale, quand tu as vingt ans ;)

Aujourd’hui, j’ai quelques années de plus, et le brin de sagesse qui va avec, puis surtout, j’ai enfin deux maisons : l’une en France (même si elle est louée par d’autres, j’y ai gardé un placard entier de vêtements), l’autre en Californie. Ce que j’en pense, maintenant que j’en fais réellement l’expérience ?

J’ai déjà parlé en long, en large et en travers de ce truc chouette, c’est que la deuxième maison, celle vers laquelle on va, dans laquelle on est plutôt en transit, est l’occasion de tester enfin ce vieux rêve, la capsule wardrobe. C’est-à-dire de se choisir une poignée de vêtements qu’on adore, mais sans avoir à se débarrasser des autres, puisqu’on les laisse dans la première, et qu’on sait qu’on les retrouvera au retour. L’éternel brainstorming de trier, d’éliminer, d’écrémer se fait moins impératif. La question des doublons taraude moins : l’autre jour, lorsque j’ai parlé des sacs à main que je possédais, je me suis focalisée sur ceux que j’ai à disposition en ce moment, à Los Angeles, mais à vrai dire… j’ai exactement les mêmes (ou presque) à Paris, ce qui me posera bien problème lorsque je rentrerai, et que tout cela me semblera trop, vraiment trop. En attendant, loin des yeux, loin du cœur, et loin du cerveau qui dicte que tout cela n’est franchement pas raisonnable.

Mais il y a une chose plus nouvelle qui m’a frappée, lorsque je suis rentrée dans mon appartement parisien pour Noël. C’est que l’on se retrouve face à des vêtements que l’on n’a pas eu sous le nez depuis longtemps, qui devraient donc avoir l’excitation du neuf, procurer cette fameuse satisfaction du « shop your wardrobe » (shopper dans sa garde-robe), sauf qu’en réalité, ils semblent parfois un petit peu dépassés. Pas en termes de tendances. En termes d’évolution personnelle. Parce qu’on ne rentre pas, après plusieurs mois d’exil, exactement comme on l’était au moment où on est partie. D’ailleurs, voyage ou pas, c’est tout de même le principe de la vie, non, que d’évoluer, d’avancer, se transformer ? C’est aussi pour ça je trouve qu’il est si difficile de se fixer sur une garde-robe parfaitement durable, tant ce côté figé dans le marbre va à l’encontre du flux de l’existence et de l’expérience.

Exemple concret : décembre dernier, après des mois du soleil de Los Angeles, me voici qui retrouve la grisaille parisienne. J’adore ça, ça me va ;) Mais me voici aussi qui retrouve dans mon armoire toute ma panoplie de l’hiver précédent : mes jupes au-dessus du genou ; mes jeans ultra slims ; mes pulls ajustés ; mes bottines à petit talon ; mes Creepers. Une silhouette intemporelle, qui me correspond, me correspondra toujours… sauf que je la porte chaque année avec un petit twist, celui qui a distingué l’hiver 2012 de l’hiver 2013, et qui aurait encore dû distinguer l’hiver 2014. 

D’ailleurs… je ne sais pas trop ce qu’il aurait été, ce twist, si j’étais restée, je sais simplement que là, en bonne Californienne d’adoption, j’avais plutôt envie d’un long jupon par-dessus mon collant opaque, d’un pull confortable, de mes Vans. De quelque chose qui ne m’aurait pas cantonnée à pile-poil cette allure que j’avais adoré porter il y a un an, qui n’aurait pas non plus été son contraire, mais qui en aurait été le prolongement. Le prolongement actualisé

Du coup, je note pour mon prochain retour de bien rapporter les trois-quatre pièces qui viendront se mêler aux anciennes et me permettre de poser sur elles un nouveau regard. En fait, c’est comme quand j’update le disque dur de mon ordi et que je le retrouve un peu transformé, mais pas non plus chamboulé : il s’agit juste de passer de Laure 20.14 à Laure 20.15 ;)

Laure

mercredi 8 avril 2015

6 mois sans… vernis ni fond de teint


Mes ongles "bizarres", mon kit beauté sans fond de teint


Aujourd’hui, j’avais envie de prendre un peu le contre pied de toutes ces images que je croise sur le Web, au détour d’Instagram, de blogs, de Pinterest. Des images de manucures et maquillages parfaits, qui, par le passé avaient le don de provoquer en moi le réflexe pavlovien de l’envie d’achat et m’ont poussée maintes fois à me précipiter au rayon beauté d’un grand magasin dans l’espoir de trouver ce produit qui allait me rendre belle, et si ce n’est moi, à défaut ma peau et mes mains. Je vous épargne le suspense : les produits n’avaient pas ce pouvoir, au plus pouvaient-ils effectivement donner un aspect plus net à mon apparence, quoique j’ai fini par me demander pourquoi j’avais tant besoin de netteté. Ne me sentais-je pas « propre » telle quelle, ma peau et mes ongles à nu ? Etait-ce sale, laid, d’exposer son épiderme sans aucune amélioration cosmétique ?

Je n’ai pas une peau horrible. Ni une peau à problèmes. Elle est juste moyenne, normale. Bref, elle est dotée de ce qui, en cette « ère Photoshop »,  sont désormais considérées comme des anomalies, des « imperfections » : des pores, des rougeurs qui trahissent mes émotions et ma tendance au stress, des cernes résultant du réveil de mon fils en pleine forme à 6h30 du matin (« Maaaamaaan, je n’ai plus envie de dormir !!! »), des débuts de rides (40 ans, ready or not, here I come)… C’est comme ça, c’est moi, c’est ma tête, ma tronche, ma gueule, ma pomme. Il est trop tard pour en changer (cf. les 40 ans approchant : trop tard pour devenir une autre). Il faut faire avec, et peut-être même faire mieux que faire avec, juste accepter et aimer cette tête. Sauf que depuis des années j’ai du mal avec cette tête. Et que j’étais la gogo idéale pour tout nouveau produit de teint lancé sur le marché.

J’ai tout testé. BB et CC creams. Fond de teint poudre / crème / baume / fluide. Rien n’y faisait. Ma tête était toujours là, peut-être un peu plus unifiée, normalisée, mais quand même toujours bien là, avec tous ces trucs que je n’aime pas, tous ces trucs que je trouve étranges, mal foutus.

Et je ne vous parle pas de mes ongles. Depuis l’adolescence, une source d’inconfort. J’ai des ongles « bizarres ». Ils sont très très très blancs, sans qu’aucun médecin ou dermato n’en ai jamais trouvé la cause (hypothèse plus probable : la lunule, ce demi-cercle blanc qui sur un ongle « normal » se circonscrit à la base de l’ongle constituerait, chez moi, la totalité de l’ongle). Ils sont aussi fragiles, poreux, se couvrant aisément de stries si je les laisse trop longtemps dans l’eau, s’ils subissent des chocs. Tout ceci faisant de moi la candidate idéale aux vernis anti-casse, aux soins durcisseurs, aux vernis « nude » qui viendraient masquer la blancheur maudite de mes ongles.

En septembre, quand j’ai coupé mes cheveux, en plus de mes longueurs, je me suis aussi délesté d’autres choses : de tout mon kit pour ongles et de mes fonds de teint. Ce n’était pas un acte militant genre « fuck the system, no makeup révolution ». Ce n’était pas une accusation contre celles qui aiment s’amuser avec les cosmétiques (c’est couillon, mais qu’est-ce que ça peut être beau un beau rouge laque sur les ongles de pieds, ou un teint joliment travaillé – ça, je ne peux pas le renier et je continue à l’admirer sur les autres et il me semble même capital, surtout en ce moment, de défendre le droit de chaque femme à se maquiller, à se farder, s’amuser et s’approprier son apparence, en tout cas d’avoir ce choix-là de faire ce qu’elle veut avec elle-même). Non, ce n’était pas tout ça, c’était juste une sensation d’être arrivée au bout d’un chemin et d’avoir envie d’entamer autre chose. Un rapport plus simple et serein à mon apparence. Qui n’exclurait aucune possibilité (pas même celle de tester à  l’occasion cette cushion cream Lancôme vue partout et qui m’intrigue).

Mais pour le moment, et depuis six mois, je ne mets plus de vernis ni de fond de teint. Je continue à porter du maquillage, quand cela me prend (le plus souvent, il s’agit juste d’un peu de gel pour les sourcils, de concealer rms sous les yeux et d’un peu de blush crème). Pour les ongles, je les soigne quotidiennement (limage, huile +  crème  à gogo) et je m’offre aussi un soin en institut (sans pose de vernis) dès que je sens que je développe des mains et pieds de Gruffalo. J’apprends  à apprivoiser ma peau, mes ongles, à ne plus voir leurs caractéristiques comme des imperfections mais juste comme ce qui est, ni plus ni moins. Bizarrement, j’ai désormais l’impression de prendre soin d’eux mieux que lorsque que je les bombardait de produits…


Jeanne-Aurore


mardi 7 avril 2015

De combien de sacs à main a-t-on réellement besoin ?

Mes 5 sacs

Je le dis tout de suite : Jeanne-Aurore devrait me virer de ce blog que nous avons créé ensemble, pour non-respect caractérisé des principes de L’Armoire essentielle. C’est ce que je me suis dit en réfléchissant à mes sacs à main tout à l’heure.

J’ai sûrement décrété un jour dans un de nos livres qu’il était amplement suffisant de posséder un assez grand sac pour la journée, et un autre plus petit et plus chic pour le soir. Et hop, la vie est light, la vie est belle. Alors qu’au quotidien, j’ai (par ordre d’apparition) :

- Celui pour accompagner les enfants à l’école C’est un cabas en tissu Cos (ceux gratuits dans lesquels ils glissent les achats à la caisse) dont j’adore le bleu Klein (Yves, pas Calvin) et qui a le mérite de peser trois grammes. Ce qui est parfait quand on se traîne déjà un cartable.

- Celui pour aller vivre ma vie C’est un cabas énorme, celui que Kate Moss a créé il y a quelques années pour Longchamp, et il est super pratique car il a plein de poches, je peux y mettre de l’eau, un livre, des amandes, un gilet, une écharpe… Tout comme il y a des gens qui voyagent lourd, moi, je me balade lourd.

- Celui pour passer du temps avec les enfants Là, je switche au cabas L.L. Bean en coton tout-terrain, dans lequel je peux là aussi ranger un barda improbable. 

- Ceux pour sortir le soir Par sortir, j’entends juste aller au cinéma ou dans un resto sympa. En écrivant ce post, je réalise que ma forme de prédilection, en matière de sacs, c’est clairement le cabas, puisque même le soir, mes sacs, qui ne font pas spécialement soirée, sont des cabas, mais en version rétrécie. Je peux tout de même y fourrer pas mal de choses. 

Voilà, donc durant une journée type, je passe de l’un à l’autre. Je sais que cela peut sembler fastidieux sur le papier, mais malgré les apparences, non, je ne suis pas atteinte du syndrome de celle qui change de sac comme de chemise, se plaint qu’elle doit toujours tout transvaser et a systématiquement oublié quelque chose ;) Car il y a une vraie logique dans les situations. Je ne cherche pas à assortir le sac à ma tenue, par exemple. Ce sont des moments de vie, déterminés à l’avance, chaque jour la même routine, il n’y a pas d’hésitation, zéro réflexion… C’est très réglé. Il n’y a que pour mes sacs du soir que c’est moins tranché : j’en ai deux, je les aime à égalité, je suis incapable d’éliminer l’un ou l’autre.

Et puis, en méga maniaque, en acharnée de l’organisation, j’ai organisé mes petites affaires en pochettes, il y a celle de l’indispensable, que je trimballe en permanence, et celle du moins indispensable, que je ne prends qu'en journée. Pas de carte bleue ou de baume à lèvres qui traîne tout seul et que je risquerais d’oublier.

En me relisant, je me dis que j’ai trouvé mon équilibre et que 4, que cela semble trop ou trop peu selon les unes ou les autres, c’est, personnellement, le nombre de sacs à main dont j’ai réellement besoin (même si j’en possède, donc, 5). Je serais curieuse de savoir quel est le chiffre de Jeanne-Aurore et de celles qui nous lisent… En tous les cas, je me sens rassurée par rapport au moment où j’ai entamé l’écriture de ce post : je crois que je ne vais pas (encore) être renvoyée de mon blog ;)

Laure

vendredi 3 avril 2015

Eloge du coiffeur et de la bonne couleur


C’est un peu difficile de passer après les si jolis billets de Jeanne-Aurore quant à sa nouvelle coupe de cheveux… Mais bon, moi aussi j’ai une nouvelle coupe de cheveux ;) 

Je me souviens d’une phrase lue il y a des années dans laquelle une actrice (je crois que c’était Ellen Barkin) disait en gros que plutôt que d’aller s’acheter un énième tailleur-pantalon, mieux valait en général s’offrir la bonne coiffure. Celle qui redonne le moral, change le regard sur soi, sur sa vie, son armoire, et fait réaliser qu’effectivement, on n’a pas besoin d’un nouveau tailleur-pantalon (évidemment, la théorie fonctionne avec n’importe quel autre type de vêtement).

J’ai toujours trouvé cette idée très juste… même si je ne l’ai que rarement appliquée. Le coiffeur, j’ai toujours tendance à penser que c’est ennuyeux, que ça prend du temps, que ça coûte cher, surtout pour un truc qui repousse, c’est donc très souvent quelque chose que j’évite, même si je me sens mal, et même si je sais pertinemment que mon mal vient de là. Je préfère aller m’acheter mon énième tailleur-pantalon ;)

C’est vrai que le vêtement a l’avantage de durer. A tel point qu’on en oublie parfois que les choses se passent ici et maintenant, pas dans quinze ans. Moi, ça faisait des mois que quelque chose d’impalpable n’allait pas, je me trouvais globalement « moyenne », et c’est peut-être de là que sont venus mes excès d’achat d’octobre-novembre, pour essayer d’être « à la hauteur » (de quoi ? De l’idée que je voulais me faire de moi-même, j’imagine)…

Comme je me doutais que, tel Samson privé de sa tignasse, je souffrais d’une faiblesse capillaire, je songeais au moyen de retrouver ma force. Tout couper ? L’exemple de Jeanne-Aurore me tentait. Elle est tellement sublime, tellement rayonnante, et elle a l’air tellement heureuse, avec ses cheveux courts ! J’ai vraiment été à deux doigts de le faire après avoir vu des photos de Scarlett Johansson aux Oscars – je ne suis pas la seule à qui l’actrice a donné des idées, mon amie Elise a eu la même, et on s’est promis d’aller se faire ratiboiser toutes les deux en chœur la prochaine fois que l’on se retrouverait réunies (n’est-ce pas, Elise).

Il n’empêche que le court me fait douter un peu : 1, j’ai déjà donné (ado, ma période « Je suis James Dean dans La Fureur de vivre », puis plus tard, mon époque « Je suis Gwyneth Paltrow dans Pile et face »), et 2, il y a quand même, parmi les différents styles qui m’habitent, la hippie girl, celle qui a tellement de mal à cohabiter avec la minimaliste addict, et qui tient à ses boucles en cascade. 

Puis l’autre jour... je me suis enfin résolue à admettre que ce qui n’allait pas, c’était tout simplement la couleur. Bête comme chou, mais bizarrement, il m’a fallu six mois pour résoudre cette espèce de blocage. Toute l’année dernière, j’étais brune, et ravie de l’être, mais en vivant sous le soleil de Los Angeles, mes cheveux ont viré au blond, et je me suis laissée faire. Alors que je savais pertinemment que ce n’était pas du tout ce dont j’ai envie à l’heure actuelle. C’était peut-être de la paresse, du « oh et puis à quoi bon », le fait que mon homme aime les blondes hitchcockiennes et pas du tout les brunes flamboyantes ;)

Dès que je me suis vue dans le miroir du coiffeur avec mes cheveux encore mouillés, je me suis dit : mais c’est moi ! Comme de joyeuses retrouvailles. Ce que je trouve intéressant là-dedans, c’est à quel point il s’agit d’un sentiment personnel, profond, d’une évidence, quelque chose qui s’impose à soi, de manière totalement déconnectée du regard ou de l’approbation des autres. On n’a pas besoin de demander : « Tu aimes ma nouvelle couleur ? » On s’en fiche. D’ailleurs, mon homme n’est pas fan du tout. Ma plus jeune fille m’a dit : « Tu ressembles moins à Maman ». L’aînée  a hésité : « Mais… c’est quand même très foncé ». 

Peu importe. Car dès que je croise mon reflet, ce n’est pas que je me sente plus belle, plus stylée, plus intéressante ou quoi que ce soit, c’est juste que je me sens enfin pleinement, parfaitement moi. Ce qui signifie par conséquent plus forte, et plus apaisée ; et pas du tout en quête de tailleur-pantalon. 

Laure