jeudi 23 mai 2013

Paris revisited


Il y a quelques années, Jeanne-Aurore et moi avons publié "Le Paris des paresseuses", un guide de la capitale qui a très bien marché, mais qui a fait son temps et était devenu obsolète : certaines adresses avaient disparu, d’autres avaient émergé, et étaient devenues incontournables.

Il vient d’être réédité dans une version corrigée par nos soins : une version actualisée par rapport à l’actu de la capitale proprement dite… mais une version, aussi, que nous avons essayé de rendre plus proche de celles que nous étions devenues. Ce qui nous a conduit à entièrement refondre le chapitre mode ! On ne se reconnaissait plus du tout dans ces recommandations d’il y a sept ou huit ans, avec ces petites griffes devenues des mini-empires ou ces labels aussi inutiles qu’éphémères.

Juste pour le plaisir, Jeanne-Aurore et moi avons eu envie de reproduire l’une des rubriques de ce chapitre, intitulée « Les basiques des Parisiennes », mais sachez qu’il y en a d’autres tout aussi instructives, comme « 3 adresses fétiches pour trouver le jean parfait » ou « 7 adresses pour des pièces qui durent » !


Les basiques des Parisiennes


· Le t-shirt Majestic (www.majesticfilatures.com / 7, rue des Francs-Bourgeois – 4e / M° Saint-Paul) Chaque époque a son t-shirt avec sa marque, sa coupe, son tissu, et la nôtre est aux modèles très loose en maille fine. D’où le succès de cette griffe hyper qualitative qui, l’été, tricote le coton et le lin sur ses débardeurs, et l’hiver, mélange coton et cachemire sur ses sweats. Le résultat est ce mélange de coolitude et de raffinement très parisien.

· Le pull Zadig & Voltaire (www.zadig-et-voltaire.com / 9, rue Montmartre – 1 / M° Etienne Marcel) Pas un placard dans la capitale sans une petite maille de ce temple du rock’n’ chic, qui fabrique à chaque saison de nouveaux hits avec ses sacs, ses redingotes ou ses bottes, tout en continuant de produire des petits pulls parfaits du matin jusqu’au creux de la night : en laine ou en cachemire, bien ajusté ou oversize, dans des teintes sombres ou pastel... 

· La chemise Thomsen (www.thomsen-paris.com / 98, rue de Turenne – 3 / M° Filles du Calvaire) Le masculin-féminin est l’une des marottes de la Parisienne, grande consommatrice de chemises un peu amples. D’où la renommée de cette griffe qui s’en est fait une spécialité et les décline en rayures, en fleurs ou en pois pour tous les styles : romantique, garçonne, hippie, minimaliste...

· La robe Vanessa Bruno (www.vanessabruno.com / 25, rue Saint-Sulpice – 6e / M° Saint-Sulpice) L’armoire idéale que cette styliste discrètement branchée concocte à chaque saison comprend toujours pile les robes que l’on cherche : celles qui sont à la fois féminines, créatives et faciles à porter, avec lesquelles on peut aller travailler, luncher, goûter, danser. Et on peut même les accessoiriser du légendaire cabas pailleté qui a lancé la marque à la fin des années 90.

· Le pantalon Stella McCartney (www.stellamccartney.com / 114-121, Galerie de Valois – 1er / M° Palais Royal-Musée du Louvre) C’est un investissement, mais un investissement payant puisqu’on peut le porter de toutes les manières possibles, avec des talons comme avec des baskets, avec une blouse sophistiquée comme avec un vieux t-shirt. Et puis... parce qu’il fait les plus belles fesses du tout Paris : la créatrice anglaise est (aussi) reconnue pour ça ! 

· Les boots Isabel Marant (www.isabelmarant.tm.fr / 1 rue Jacob – 6e / M° Odéon) La créatrice a imposé son inspiration ethnique à base de blouses folklo, vestes patchwork et robes brodées dans toutes les rues, mais pour fouler le bitume, rien de mieux que ses intemporels boots « Dicker », à hauteur cheville, mini-talon et en daim, mélange d’esprit rock sixties et de cow-girl attitude. Ils vont idéalement avec ses pantalons cigarette et décalent parfaitement une robe légère.

· Les sandales K Jacques (www.kjacques.fr / 16, rue Pavée – 4e /  M° Saint-Paul) L’été, ces basiques made in Saint-Tropez, fabriqués à la main, font affleurer la plage sous les pavés. Le choix des modèles, et surtout des détails, est innombrable, la sandale classique, le nu-pieds ou la spartiate pouvant être personnalisés en vernis rose fluo, en zèbre... Même si cuir naturel ou le noir restent en tête.

· La besace Upla (www.upla.fr / 5 rue Saint Benoît – 6e / M° Saint-Germain-des-Prés) En cuir ou en toile, toute pleine de poches et à porter en bandoulière, la « besace du pêcheur » existe dans toutes les couleurs, toujours résolument pratique pour sillonner la ville du matin au soir. Car elle va aussi bien avec une petite robe qu’avec une grosse parka. 

mercredi 22 mai 2013

Détox d'icônes

Chasse aux icônes : le paparazzo star Ron Galella traquant Jackie Onasis sur les trottoirs de New York.
Hunting for icons: star paparazzo Ron Galella chasing Jackie Onasis on the NY sidewalk.

Si j’ai été un peu moins présente sur notre blog depuis quelques semaines, c’est que j’étais en pleine détox. Une détox d’icônes. Je m’explique. Comme beaucoup de femmes de ma génération, j’ai grandi et j’ai construit mon image de la féminité au travers d’idoles. Enfant, j’ai eu ma phase Scarlett O’Hara (« Taratata, Mélanie ! »), et des cahiers entiers remplis d’images de Vivien Leigh dans sa robe en rideaux. Puis il y a eu la phase Marilyn (j’avais un pouf en métal à son effigie, le comble du chic, trouvai-je, dans la fabrication de mon moi de pré-adolescente). Après l’obligatoire période Madonna et son corollaire, le poster « True Blue » placardé au dessus du lit et mon obsession durant l’année de 3ème pour Denise Huxtable dans la sitcom « Campus Show » (achat d’un chapeau melon ridicule pour tenter de ressembler à la sublime Lisa Bonet) ont suivi une cohorte d’idoles, éphémères ou non. J’ai eu mon obsession Audrey Hepburn, ma durable fascination pour Carolyn Bessette Kennedy, mes engouements pour Jackie O, Sofia Coppola, la Gwyneth des nineties ou encore l’incontournable  Diane Keaton. Sans parler de tous ces hommes à l’image si magnétique, de Steve McQueen à James Dean.

Durant des années, j’ai compilé les images, rempli d’innombrables moodboards, cahiers et classeurs d’inspiration. Avec l’arrivée d’Internet, c’est un champ des possibles étourdissant qui s’est offert à moi. Alors, je me suis gavée. De Tumblr. De forums. De recherches Google Images. Des icônes, encore des icônes, comme une boulimie incontrôlable. D’autant plus que mon métier m’encourageait à cette débauche d’idoles. Avec Laure, nous avons toujours adoré illustrer nos propos de références à telle actrice au style impeccable, telle rédactrice mythique. Et dans mon autre vie de rédactrice spécialisée dans les tendances émergentes, je suis toujours en quête de femmes de style, toujours à l’affût de profils, toujours avide d’images.

Mais récemment, la machine a craqué. Le disque dur a explosé. Je n’en pouvais tout simplement plus. Plus possible de passer ma vie à regarder et imiter des images. Plus envie d’avaler des silhouettes de papier glacé. Car à ce jeu, on finit par en oublier de se regarder soi. On oublie que dernière l’iconographie, il y a la vie, et que celle-ci n’est pas toujours rose. Steve McQueen, si chic dans ses desert boots, n’a pas toujours été un chic type pour les femmes de sa vie. Jackie O. ? lui enviai-je vraiment son destin bousculé, ses amours calculés ? Ai-je vraiment envie de la silhouette, si frêle qu’on pourrait la briser d’un geste, d’une Audrey Hepburn ? Mon désir est-il vraiment d’être aussi sage et parfaite qu’une image ? La réponse est « non ».

Alors, j’ai tout jeté. Tous mes classeurs. Tous mes moodboards. J’ai annulé mon compte Pinterest. Donné et revendu tous ces livres consacrés à Audrey, Marilyn, Jackie et les autres. Sur mon ordinateur, j’ai effacé des milliers d’images. Ca m’a fait bizarre, d’ailleurs, et j’ai eu du mal à faire glisser les icônes de dossier sur la petite poubelle stylisée, et il m’a fallu plusieurs semaines pour arriver à le faire totalement.

Mais je l’ai fait et, oui, c’est bizarre, mais je me sentais plus légère et heureuse ensuite. Comme libérée. Comme s’il y avait enfin de la place pour de nouvelles idées, de nouvelles inspirations, de nouvelles envies, et, surtout, de la place pour moi. Un grand ménage salvateur, que vous trouverez peut-être bien bizarre, mais qui me donne la sensation de m’être offert un nouveau départ.

If I've gone a bit AWOL on the blog recently it's because I was undergoing a massive icons detox. A what? I hear you (understandably) asking. Well. I think that just like many women of my generation I built my identity and my femininity through idols. As a kid and young teenager, I had my Scarlet O'Hara phase, then my Marilyn infatuation, then the obligatory Madonna hysteria, all complete with posters plastered on the walls of my bedroom and countless notebooks filled with images. As I grew older, I collected more icons, more images, more inspiration, ephemeral or not. Carolyn Bessette Kennedy, Jackie O, Audrey Hepburn, Sofia Coppola, 90s Gwyneth, all took a turn at filing my psyche with ideas and example of perfection.

With the arrival of the Internet, the adoration turned into obsession as I gorged myself of Tumblr images, Google Image search and filled so many inspiration folders with torn pages of magazines. I was binging. I was insatiable. I was filling myself to the brim with icons.

And then, something broke, something gave. I just became tired. Sick and full in my stomach of eating up so many perfection, so many images. I became fed up. Fed up with images, fed up with forgetting that behind the ideal pictures lies a not so pretty reality. Did I really want the sad, tragic life of Jackie O? The rail thin silhouette of Audrey Hepburn? Truth is, I don't. 

So I took a drastic step. I went cold turkey. I threw it all away. The inspiration folders and notebooks. The star style books. The thousand of images on my computer. I stopped visiting street style sites. I deleted my Pinterest account. In doing it, I felt like a true addict. It hurt a little to let it all go. Hell, no, let's be honest, it hurt a lot. But I had to do it.

So now, my computer is empty, my bookshelves too. Weird, you may think. Whatever. I don't care. I feel light. I feel happy. Happpier. Like there's finally room to look at me instead of looking at others, envying their lives, their looks, their wardrobes. Finally room to have fun and allow for some imperfection.

J.A.C.

mardi 21 mai 2013

Festival de trenchs







Au moment du Festival de Cannes fleurissent systématiquement tout un tas de séries mode et cinéma dans les magazines. J'adore celle-ci, inspirée des impers de légende, parue dans "Elle", au début des années 90...

L.G.

lundi 20 mai 2013

La citation du lundi


"Au début du film, il y a une scène où je m'enfuis de l'hôtel, j'ai un jean, une chemise blanche et un trench Burberry, intemporel... Je trouve ça fantastique, pourquoi on se casse la tête, hein ?"

Catherine Deneuve à propos du "Sauvage" (1975) où elle jouait aux côtés d'Yves Montand

jeudi 16 mai 2013

Futile


Jeanne-Aurore et moi nous posons beaucoup de questions sur notre look. Trop, sûrement. Combien de fois je me suis sentie ridicule en voulant démarrer un post sur ce blog et en me disant : non mais ça va pas ma pauvre fille, si ton vrai souci dans la vie, c’est de ne pas savoir comment t’habiller, tu as réellement un problème. Quelque part, je trouve que cette profusion de blogs de mode et autres guides de style est l’une des aberrations de notre époque, un peu comme de tenir un carnet de régime alors que la moitié de la planète crève de faim. Et en même temps, je suis persuadée que le style n’est que l’expression d’une identité, la photographie de qui on est à un moment donné, de comment on se sent (pas toujours bien...), et que nos questions de looks, aussi bêtes, aussi futiles semblent-elles, ne sont que la partie émergée  d’interrogations plus profondes sur la vie. D’ailleurs, quand le bilan des morts dans l’effondrement d’un immeuble d’ouvriers du textile au Bangladesh atteint des proportions affolantes, que le Prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus alerte qu'avec 40 dollars par mois, les ouvrières du textile bangladaises sont payées comme des esclaves : réfléchir à la pertinence d’une petite robe fleurie ou d’un pull bleu marine est aussi une manière de réfléchir au monde, non ?  

L.G.

mercredi 15 mai 2013

And the winner is... Les gagnantes de notre concours "Ma to-do list : dressing"



Aujourd'hui, Laure et moi avons le plaisir de vous annoncer les gagnantes de notre concours, qui recevront notre livre "Ma to-do list : dressing." 

Merci de vos nombreuses participations et réponses, nous avons énormément aimé lire vos définitions d'une armoire essentielle (et avons eu beaucoup de mal à faire notre choix), une telle diversité prouve bien que c'est avant tout à chacun de se façonner sa propre armoire essentielle.

Voici les 5 réponses gagnantes, celles qui nous ont le plus touchées, surprises ou fait sourire  : merci à leur auteur de nous envoyer un mail à l'adresse armoireessentielle@gmail.com afin de nous communiquer leur adresse postale pour l'envoi du livre.


• Morgane Tendance
"Mon armoire essentielle est mon dressing actuel, que j'ai façonné pièce après pièce. L'armoire essentielle est harmonieuse, tout va avec tout, les jeux d'association sont infinis, les couleurs se répondent, les coupes sont classiques.Je sais désormais ce qui me va, et les tendances qui ne passeront jamais par mon dressing.Je n'hésite pas à faire souvent le tri pour que l'ensemble me corresponde.
L'armoire essentielle c'est pour moi de préparer une valise en moins de 15 minutes, que tout soit ordonné, prêt à porter au sens premier du terme.
L'armoire essentielle c'est la combinaison de pièces clés : la parfaite petite robe noire manches 3/4 pour un dîner, la veste de tailleur bleu roi que j'enfile pour gagner en assurance pour un entretien, mes escarpins bride Marie-Jeanne qui me font tricher de 9 cm, le jean brut parfait que je porte le week end ...
L'armoire essentielle c'est aussi ma malle aux souvenirs : ma robe de mariée, les lunettes en écaille de ma grand-mère, la pochette vintage Dior de ma mère, mon t-shirt de fan de rock, mes souliers dorés offerts par ma meilleure amie à Noël ...
Mon armoire essentielle c'est une attention presque quotidienne ..
."

• Bienaimée.biz
"Mon armoire essentielle ? Celle de Carolyn Bessette Kennedy, celle de Julie Christie, celle de Jacqueline Delubac, celle d'Aerin Lauder, celle de Talitha Getty, celle de Oonagh Guinness, celle d'Oona O'Neil ... rien à voir hélas avec mon dressing Ikea bourré de vêtements fadasses ..."

• Emilie
"Une armoire essentielle est une armoire réfléchie qui nous reflète, nous correspond. Sur laquelle le temps n'a pas d'emprise et ou chaque pièce nous semble irremplaçable. Elle est propre à chaque personne car pour que cette armoire soit essentielle il faut qu'il y ai un peu de notre âme dans celle-ci."

• VP
"Mon armoire essentielle ressemblerait à une malle qu'un gentleman aurait conçue avant de partir en voyage : il n'y aurait que de beaux vêtements un peu usés, rien en double, un seul manteau, des chaussures confortables et élégantes, un bijou simple et précieux, un foulard en soie et un chapeau de paille."

• Polychromik
"Moi mon dressing idéal se compose de 4 pièces:
- Collant Opaque (pas besoin de s'épiler & plus résistant que les autres & cache misère )
- Jupe à la taille élastique longueur juste au-dessus des genoux (confortable, facile, féminine, ne se laisse pas avoir par les vas-et-vient du poids)
- Top en coton manche 3/4 encolure ronde semi-profonde (facile & féminin )
- large ceinture (pour cacher l’élastique des jupes & marquer la taille)
Je décline ces 4 pièces dans divers coloris/imprimé/texture et voilà! J'ai une tenue pour toutes les occasions!"


J.A.C. & L.G. 

mardi 14 mai 2013

Casse-tête



Liste de ce que je redoute quand je m’habille et qui fait que je me prends bêtement la tête pour choisir mes vêtements :


- ne pas me sentir moi
- avoir mal aux pieds dans des talons les jours où j’ai beaucoup de marche à faire
- me sentir naine si je ne porte pas de talons
- avoir froid
- transpirer dans un haut de couleur claire
- porter un slim alors que je passe la journée assise (= mal aux cuisses)
- avoir un no-look
- être trop apprêtée
- avoir l’air coincée
- ne pas avoir l’air rock n’ roll du tout, donc
- avoir l’air trop rock n’ roll, ce qui ne me correspond pas non plus
- ne pas être sexy pour deux sous
- avoir l’air de la fille qui veut être sexy à tout prix
- porter un vêtement dont je n’ai pas réellement envie simplement parce que je ne l’ai pas mis depuis mathusalem et que je me sens obligée
- trying too hard

L.G.

lundi 13 mai 2013

La citation du lundi


" Je déteste tout ce qui est excessif. Ça me perturbe. J'étais plus heureuse quand je ne possédais que deux robes, noires toutes les deux."


"I dislike anything excessive. It confuses me. I was happier when I had two dresses, both black."

Lucille Ball