vendredi 24 avril 2015

Scrub





En règle générale, je suis allergique, au sens propre comme et figuré, aux mixtures cosmétiques faites maison. Do It Yourself ? Merci mais non merci, je préfère m'abstenir. J'aime mes crèmes en tube hermétique, sans parfum et si possible sans avocat écrasé. La simple idée de m'enduire de guacamole, de yaourt ou de miel me donne des boutons. Et c'est un peu contreproductif. Une seule exception : le gommage pour le corps. Là, c'est la pragmatique en moi qui s'exprime : je n'ai tout simplement pas trouvé mieux que ce globiboulga infect (surtout ne pas avaler) pour avoir la peau douce. Ma recette : grosso modo deux grosses cuillères à soupe de sucre (brun, blanc, cassonade, selon ce que j'ai sous la main) que j'imbibe d'huile d'olive jusqu'à former une pâte. Puis direction la douche où je scrube, scrube, scrube des pieds à la tête, en insistant sur les ongles, talons, coudes, genoux, pour éradiquer les peaux mortes. Je finis par un massage du cuir chevelu avec mes mains huilées. Rinçage à l'eau bien chaude et shampoing.

Je sais déjà ce que vous allez demander : ai-je l'odeur et l'aspect d'une tomate mozza après m'être ainsi tartinée à l'olive ? Que nenni. L'eau de la douche élimine l'excédent d'huile et ce qui pourrait rester est absorbé par une serviette de bain bien moelleuse. Et personne dans mon entourage n'a eu l'air incommodé par de quelconques effluves huileuses. Quant aux cheveux, l'huile fonctionne comme un pré-soin traitant, son excédent part avec le shampoing et laisse juste les cheveux doux. Précision, et de taille : cette recette fonctionne pour moi, elle pourrait fort bien ne pas vous convenir ou ne pas vous ravir autant.

Though I usually abhor the idea of DIY cosmetics (the mere notion of slathering myself with yogurt or avocado gives me pimple, which is highly counterproductive), there is one exception: my homemade body scrub, aka the weird muck I make from mixing two big soup spoons of sugar with however much olive oil it takes to turn it into a paste that I then scrub, scrub, scrub from head to toe before showering it off and witnessing wonderfully soft skin. Note of caution: it works for me, but may not be to your taste or work for you. And given my own reticence about homemade weirdo preparations, I'm telling you: feel free to disregard completely my weird recipe.


Jeanne-Aurore





Essentiels : tennis



Avec l'arrivée du printemps, du changement de temps, la lassitude de tous ces mois coincée avec les mêmes basiques, je sais que tout est réuni pour perdre la tête et claquer du blé. Mais, bizarrement, cette année, je n'ai  même pas eu à m'imposer de restriction, de diète d'achat comme j'avais pu le faire l'année dernière. "Moins on achète, moins on achète" - encore une fois ce commentaire d'une de nos lectrices fait ses preuves. J'ai tourné autour du pot de ces tennis des semaines, des mois durant. Auparavant, ce temps de décision m'aurait paru intolérable. Aujourd'hui, c'est devenu une habitude. Je n'achète tout simplement plus jamais sur un coup de tête. 

With spring in the air, I should be geared up to want to spend, spend, spend on new things. But I took my time to decide to buy those new tennis shoes, and get a few new tees to replace my crummy ones.

Jeanne-Aurore





mercredi 22 avril 2015

Valise

C'est moi où cette tenue de Kate Moss n'a pas pris une ride ?
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Dans quelques jours, je pars pour Los Angeles et des retrouvailles avec Laure attendues de longue date (= JOIE). Dans quelques jours je vais donc devoir préparer ma valise, une activité que, jusqu’à une date très récente, j’associais à une forme de cataclysme, la « Zombie Apocalypse » de ma garde-robe. Il faut dire que, contrairement à Laure mon amie globe-trotteuse décontractée du passeport, je suis une grande casanière, qui associe les gares et aéroports à une certaine idée de l’enfer sur terre. Et puis, pendant très longtemps, j’avais cette idée qu’une valise se prépare comme une campagne de guerre. Qu’il fallait établir une stratégie de silhouettes, planifier des tenues, donner un thème. J’étais aussi toujours très (trop) soucieuse d’être raccord avec ma destination, son état d’esprit, son esthétique. Et je ne vous parle pas des achats de dernière minute, faits en panique, parce que soudain je me persuadais que je n’avais pas les bonnes baskets pour aller passer trois jours en Bretagne.

Cette fois-ci, à la veille de mon départ, mon état d’esprit est assez différent et pourrait se résumer, franchement grossièrement, à cette simple philosophie : « Merde à tout ça ». Cette nouvelle nonchalance, malheureusement, ne témoigne en rien du fait que je serais devenue une voyageuse à la cool (I wish). Non. C’est juste que j’ai accepté que ma garde-robe, post projet armoire 2.0., post tri Kondo, est ce qu’elle est. Mini, plutôt monotone, et que donc mon armoire, eh bien, ce sera ma valise. Dans la mesure où, désormais, l’intégralité de ma garde-robe pourrait tenir plus ou moins dans une valise. Pour la première fois, je m’apprête donc à préparer mes affaires sans autre grand questionnement métaphysique que celui de savoir si tout sera propre et prêt à partir. Et je me dis que ce sera à la ville de s’adapter à moi et non l’inverse. Et que dans le cas d’une valise vraiment ratée, il est toujours possible de faire un ou deux achats sur place pour rectifier le tir, qui constitueront en plus de bons souvenirs…

Jeanne-Aurore


jeudi 16 avril 2015

Comment vivre sa garde-robe à l’ère des images trop parfaites ?


Il y a un site que j’aime bien aller voir quand je veux me faire du mal (je n’ai pas encore la sagesse de moine bouddhiste de Jeanne-Aurore) : c’est The Shape of the Season. Y est présentée de manière très « éditée », très claire et très ordonnée une sélection censée correspondre aux canons de la saison, et qui exprime surtout une certaine image du minimalisme et du bon goût. En fait, chaque photo donne envie d’aller enfiler illico une jupe portefeuille ou un sweater gris en cachemire ;) La réussite, je trouve, c’est d’y mêler le très cher mais très pointu au moins cher mais quand même pointu (& Other Stories, ou même simplement des pièces Zara qui font réellement créateur), et puis de mixer pêle-mêle vêtements, sacs, chaussures, bijoux, produits de beauté et objets design : c’est-à-dire de présenter tout un univers désirable et inspirant. 

A chaque fois que je vais y fourrer mon nez, je me lamente sur ma garde-robe. Au moins le temps de refermer mon ordi, de relativiser et de me dire : mais attends, tout ce que je viens de voir, dedans, il y a plein de choses qui ne m’iraient pas, dont je n’ai ni envie ni besoin, et puis ce qui me plaît, je l’ai sûrement déjà, peut-être même en triple exemplaire. Seulement voilà, en petites cases, bien shooté, sur un mannequin immobile, ou parfaitement à plat, ça a plus de cachet.

Longtemps, mon fantasme a été que ma garde-robe ressemble à une boutique : des pièces triées, cohérentes, joliment suspendues sur un cintre, un esprit saison, collection… Ce qui restait finalement accessible. Mais je pense que la présentation Internet a installé un nouveau fantasme, bon, surtout pour l’obsédée de l’ordre que je suis : celui de la garde-robe en vignettes parfaites et parfaitement alignées. Parce que quand je songe à mon armoire, ce n’est pas qu’il y manque quoi que ce soit, mais c’est qu’elle est « vivante », les cintres n’y sont pas au millimètre, il y a forcément des trucs un peu froissés… C’est la présentation idéalisée du Net qui donne des complexes, pas réellement les vêtements en eux-mêmes.

D’ailleurs, il m’est arrivé moi aussi de créer mes propres petites vignettes, shootées bien à plat, ou sur un Stockman, dans le but de revendre certaines de mes pièces sur Internet. Et à chaque fois, j’ai eu un petit moment d’hésitation durant lequel j’ai songé : eh, mais c’est pas mal ça, pourquoi je m’en débarrasse ? (Parce que je ne le mets jamais. Parce que je ne porte plus aussi court ou aussi étriqué. Parce que la couleur ne me va pas…) (PS : la photo correspond d’ailleurs à mes propres affaires, mises en vente sur le site américain Threadflip : on leur envoie directement les vêtements, et eux se chargent de les prendre en photo, de rédiger les descriptions et de les envoyer pour nous…) 

Je sais que des applis permettent ça : photographier sa garde-robe et ensuite voir les pièces présentées une par une, comme un beau catalogue digital. Mais me lancer là-dedans me fatigue d’avance. Et puis, ça n’enlèvera rien au fait que, après la satisfaction du virtuel, il faudra, tout de même, composer avec l’imperfection de la réalité (en clair, cela n’enlèvera rien au fait qu’il faut surtout que je vise la sagesse de moine bouddhiste de ma copine ;)).

Laure 

lundi 13 avril 2015

Tried & True : le parfum de Jeanne-Aurore



Je crois que nous n'avons jamais parlé de parfum sur le blog et je suis heureuse d'inaugurer le sujet avec ce dessin de Jennifer qui, rien qu'à le regarder, me met en joie. Comme ce parfum quand je le mets le matin. 

Durant des années, j'avais arrêté d'en porter. Une réaction, je crois, face au trop plein de l'offre (marrant que j'arrive à cette sensation avec les senteurs avant même mon cheminement dans ce sens concernant les vêtements ou la cosmétique, et aujourd'hui la culture). Une réaction aussi je crois à mon propre parcours d'acheteuse de parfums qui avait cédé à tous les nouvelles fragrances du moment : la fille qui a acheté Loulou, Trésor, CK One, Eternity and Co. pour être raccord avec l'époque, c'est moi ! 

Et puis, en même temps que je coupais mes cheveux - décidément un sacré déclencheur - est revenue l'envie du parfum et d'un parfum particulier que je portais il y a dix-quinze ans. Un parfum signature que j'avais abandonné, comme beaucoup de choses, parce que n'ayant pas tout à fait le cran d'assumer mon goût. Mais qui désormais, dans ma quête de quintessence, s'est imposé à moi. Ce parfum, je l'aime sur moi. Ce qui peut sembler une évidence, mais en fait non : il m'est arrivé de porter des parfums parce que j'en aimais l'odeur dans l'absolu, pas nécessairement le rendu ou la cohérence sur moi. Quand il se diffuse au fil de la journée, il prend des accents de savon frais, une odeur d'enfance et de propre que je trouve rassurante. Et puis, son flacon ambré, simple, carré, posé sur le rebord du lavabo est devenu un moment sympathique qui transforme la routine pressée du matin en quelque chose de plus reposant.

Jeanne-Aurore

Illustration : Jennifer Hoyden



vendredi 10 avril 2015

Avantages et inconvénients d’une double garde-robe

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Quand j’étais plus jeune, que je voyais Kate Moss, Gwyneth Paltrow ou tous ces autres people que j’aimais posséder des maisons aux quatre coins du monde, et du coup, afficher une garde-robe totalement différente selon qu’elles étaient à Londres, à Los Angeles, à New York ou ailleurs, cela me paraissait le pur fantasme. Deux maisons, c’est deux fois plus de vêtements ! Et quand tu es dans l’une, tu t’habilles selon un certain style, puis quand tu passes à l’autre, tu deviens totalement autre chose ! La classe impériale, quand tu as vingt ans ;)

Aujourd’hui, j’ai quelques années de plus, et le brin de sagesse qui va avec, puis surtout, j’ai enfin deux maisons : l’une en France (même si elle est louée par d’autres, j’y ai gardé un placard entier de vêtements), l’autre en Californie. Ce que j’en pense, maintenant que j’en fais réellement l’expérience ?

J’ai déjà parlé en long, en large et en travers de ce truc chouette, c’est que la deuxième maison, celle vers laquelle on va, dans laquelle on est plutôt en transit, est l’occasion de tester enfin ce vieux rêve, la capsule wardrobe. C’est-à-dire de se choisir une poignée de vêtements qu’on adore, mais sans avoir à se débarrasser des autres, puisqu’on les laisse dans la première, et qu’on sait qu’on les retrouvera au retour. L’éternel brainstorming de trier, d’éliminer, d’écrémer se fait moins impératif. La question des doublons taraude moins : l’autre jour, lorsque j’ai parlé des sacs à main que je possédais, je me suis focalisée sur ceux que j’ai à disposition en ce moment, à Los Angeles, mais à vrai dire… j’ai exactement les mêmes (ou presque) à Paris, ce qui me posera bien problème lorsque je rentrerai, et que tout cela me semblera trop, vraiment trop. En attendant, loin des yeux, loin du cœur, et loin du cerveau qui dicte que tout cela n’est franchement pas raisonnable.

Mais il y a une chose plus nouvelle qui m’a frappée, lorsque je suis rentrée dans mon appartement parisien pour Noël. C’est que l’on se retrouve face à des vêtements que l’on n’a pas eu sous le nez depuis longtemps, qui devraient donc avoir l’excitation du neuf, procurer cette fameuse satisfaction du « shop your wardrobe » (shopper dans sa garde-robe), sauf qu’en réalité, ils semblent parfois un petit peu dépassés. Pas en termes de tendances. En termes d’évolution personnelle. Parce qu’on ne rentre pas, après plusieurs mois d’exil, exactement comme on l’était au moment où on est partie. D’ailleurs, voyage ou pas, c’est tout de même le principe de la vie, non, que d’évoluer, d’avancer, se transformer ? C’est aussi pour ça je trouve qu’il est si difficile de se fixer sur une garde-robe parfaitement durable, tant ce côté figé dans le marbre va à l’encontre du flux de l’existence et de l’expérience.

Exemple concret : décembre dernier, après des mois du soleil de Los Angeles, me voici qui retrouve la grisaille parisienne. J’adore ça, ça me va ;) Mais me voici aussi qui retrouve dans mon armoire toute ma panoplie de l’hiver précédent : mes jupes au-dessus du genou ; mes jeans ultra slims ; mes pulls ajustés ; mes bottines à petit talon ; mes Creepers. Une silhouette intemporelle, qui me correspond, me correspondra toujours… sauf que je la porte chaque année avec un petit twist, celui qui a distingué l’hiver 2012 de l’hiver 2013, et qui aurait encore dû distinguer l’hiver 2014. 

D’ailleurs… je ne sais pas trop ce qu’il aurait été, ce twist, si j’étais restée, je sais simplement que là, en bonne Californienne d’adoption, j’avais plutôt envie d’un long jupon par-dessus mon collant opaque, d’un pull confortable, de mes Vans. De quelque chose qui ne m’aurait pas cantonnée à pile-poil cette allure que j’avais adoré porter il y a un an, qui n’aurait pas non plus été son contraire, mais qui en aurait été le prolongement. Le prolongement actualisé

Du coup, je note pour mon prochain retour de bien rapporter les trois-quatre pièces qui viendront se mêler aux anciennes et me permettre de poser sur elles un nouveau regard. En fait, c’est comme quand j’update le disque dur de mon ordi et que je le retrouve un peu transformé, mais pas non plus chamboulé : il s’agit juste de passer de Laure 20.14 à Laure 20.15 ;)

Laure

mercredi 8 avril 2015

6 mois sans… vernis ni fond de teint


Mes ongles "bizarres", mon kit beauté sans fond de teint


Aujourd’hui, j’avais envie de prendre un peu le contre pied de toutes ces images que je croise sur le Web, au détour d’Instagram, de blogs, de Pinterest. Des images de manucures et maquillages parfaits, qui, par le passé avaient le don de provoquer en moi le réflexe pavlovien de l’envie d’achat et m’ont poussée maintes fois à me précipiter au rayon beauté d’un grand magasin dans l’espoir de trouver ce produit qui allait me rendre belle, et si ce n’est moi, à défaut ma peau et mes mains. Je vous épargne le suspense : les produits n’avaient pas ce pouvoir, au plus pouvaient-ils effectivement donner un aspect plus net à mon apparence, quoique j’ai fini par me demander pourquoi j’avais tant besoin de netteté. Ne me sentais-je pas « propre » telle quelle, ma peau et mes ongles à nu ? Etait-ce sale, laid, d’exposer son épiderme sans aucune amélioration cosmétique ?

Je n’ai pas une peau horrible. Ni une peau à problèmes. Elle est juste moyenne, normale. Bref, elle est dotée de ce qui, en cette « ère Photoshop »,  sont désormais considérées comme des anomalies, des « imperfections » : des pores, des rougeurs qui trahissent mes émotions et ma tendance au stress, des cernes résultant du réveil de mon fils en pleine forme à 6h30 du matin (« Maaaamaaan, je n’ai plus envie de dormir !!! »), des débuts de rides (40 ans, ready or not, here I come)… C’est comme ça, c’est moi, c’est ma tête, ma tronche, ma gueule, ma pomme. Il est trop tard pour en changer (cf. les 40 ans approchant : trop tard pour devenir une autre). Il faut faire avec, et peut-être même faire mieux que faire avec, juste accepter et aimer cette tête. Sauf que depuis des années j’ai du mal avec cette tête. Et que j’étais la gogo idéale pour tout nouveau produit de teint lancé sur le marché.

J’ai tout testé. BB et CC creams. Fond de teint poudre / crème / baume / fluide. Rien n’y faisait. Ma tête était toujours là, peut-être un peu plus unifiée, normalisée, mais quand même toujours bien là, avec tous ces trucs que je n’aime pas, tous ces trucs que je trouve étranges, mal foutus.

Et je ne vous parle pas de mes ongles. Depuis l’adolescence, une source d’inconfort. J’ai des ongles « bizarres ». Ils sont très très très blancs, sans qu’aucun médecin ou dermato n’en ai jamais trouvé la cause (hypothèse plus probable : la lunule, ce demi-cercle blanc qui sur un ongle « normal » se circonscrit à la base de l’ongle constituerait, chez moi, la totalité de l’ongle). Ils sont aussi fragiles, poreux, se couvrant aisément de stries si je les laisse trop longtemps dans l’eau, s’ils subissent des chocs. Tout ceci faisant de moi la candidate idéale aux vernis anti-casse, aux soins durcisseurs, aux vernis « nude » qui viendraient masquer la blancheur maudite de mes ongles.

En septembre, quand j’ai coupé mes cheveux, en plus de mes longueurs, je me suis aussi délesté d’autres choses : de tout mon kit pour ongles et de mes fonds de teint. Ce n’était pas un acte militant genre « fuck the system, no makeup révolution ». Ce n’était pas une accusation contre celles qui aiment s’amuser avec les cosmétiques (c’est couillon, mais qu’est-ce que ça peut être beau un beau rouge laque sur les ongles de pieds, ou un teint joliment travaillé – ça, je ne peux pas le renier et je continue à l’admirer sur les autres et il me semble même capital, surtout en ce moment, de défendre le droit de chaque femme à se maquiller, à se farder, s’amuser et s’approprier son apparence, en tout cas d’avoir ce choix-là de faire ce qu’elle veut avec elle-même). Non, ce n’était pas tout ça, c’était juste une sensation d’être arrivée au bout d’un chemin et d’avoir envie d’entamer autre chose. Un rapport plus simple et serein à mon apparence. Qui n’exclurait aucune possibilité (pas même celle de tester à  l’occasion cette cushion cream Lancôme vue partout et qui m’intrigue).

Mais pour le moment, et depuis six mois, je ne mets plus de vernis ni de fond de teint. Je continue à porter du maquillage, quand cela me prend (le plus souvent, il s’agit juste d’un peu de gel pour les sourcils, de concealer rms sous les yeux et d’un peu de blush crème). Pour les ongles, je les soigne quotidiennement (limage, huile +  crème  à gogo) et je m’offre aussi un soin en institut (sans pose de vernis) dès que je sens que je développe des mains et pieds de Gruffalo. J’apprends  à apprivoiser ma peau, mes ongles, à ne plus voir leurs caractéristiques comme des imperfections mais juste comme ce qui est, ni plus ni moins. Bizarrement, j’ai désormais l’impression de prendre soin d’eux mieux que lorsque que je les bombardait de produits…


Jeanne-Aurore


mardi 7 avril 2015

De combien de sacs à main a-t-on réellement besoin ?

Mes 5 sacs

Je le dis tout de suite : Jeanne-Aurore devrait me virer de ce blog que nous avons créé ensemble, pour non-respect caractérisé des principes de L’Armoire essentielle. C’est ce que je me suis dit en réfléchissant à mes sacs à main tout à l’heure.

J’ai sûrement décrété un jour dans un de nos livres qu’il était amplement suffisant de posséder un assez grand sac pour la journée, et un autre plus petit et plus chic pour le soir. Et hop, la vie est light, la vie est belle. Alors qu’au quotidien, j’ai (par ordre d’apparition) :

- Celui pour accompagner les enfants à l’école C’est un cabas en tissu Cos (ceux gratuits dans lesquels ils glissent les achats à la caisse) dont j’adore le bleu Klein (Yves, pas Calvin) et qui a le mérite de peser trois grammes. Ce qui est parfait quand on se traîne déjà un cartable.

- Celui pour aller vivre ma vie C’est un cabas énorme, celui que Kate Moss a créé il y a quelques années pour Longchamp, et il est super pratique car il a plein de poches, je peux y mettre de l’eau, un livre, des amandes, un gilet, une écharpe… Tout comme il y a des gens qui voyagent lourd, moi, je me balade lourd.

- Celui pour passer du temps avec les enfants Là, je switche au cabas L.L. Bean en coton tout-terrain, dans lequel je peux là aussi ranger un barda improbable. 

- Ceux pour sortir le soir Par sortir, j’entends juste aller au cinéma ou dans un resto sympa. En écrivant ce post, je réalise que ma forme de prédilection, en matière de sacs, c’est clairement le cabas, puisque même le soir, mes sacs, qui ne font pas spécialement soirée, sont des cabas, mais en version rétrécie. Je peux tout de même y fourrer pas mal de choses. 

Voilà, donc durant une journée type, je passe de l’un à l’autre. Je sais que cela peut sembler fastidieux sur le papier, mais malgré les apparences, non, je ne suis pas atteinte du syndrome de celle qui change de sac comme de chemise, se plaint qu’elle doit toujours tout transvaser et a systématiquement oublié quelque chose ;) Car il y a une vraie logique dans les situations. Je ne cherche pas à assortir le sac à ma tenue, par exemple. Ce sont des moments de vie, déterminés à l’avance, chaque jour la même routine, il n’y a pas d’hésitation, zéro réflexion… C’est très réglé. Il n’y a que pour mes sacs du soir que c’est moins tranché : j’en ai deux, je les aime à égalité, je suis incapable d’éliminer l’un ou l’autre.

Et puis, en méga maniaque, en acharnée de l’organisation, j’ai organisé mes petites affaires en pochettes, il y a celle de l’indispensable, que je trimballe en permanence, et celle du moins indispensable, que je ne prends qu'en journée. Pas de carte bleue ou de baume à lèvres qui traîne tout seul et que je risquerais d’oublier.

En me relisant, je me dis que j’ai trouvé mon équilibre et que 4, que cela semble trop ou trop peu selon les unes ou les autres, c’est, personnellement, le nombre de sacs à main dont j’ai réellement besoin (même si j’en possède, donc, 5). Je serais curieuse de savoir quel est le chiffre de Jeanne-Aurore et de celles qui nous lisent… En tous les cas, je me sens rassurée par rapport au moment où j’ai entamé l’écriture de ce post : je crois que je ne vais pas (encore) être renvoyée de mon blog ;)

Laure

vendredi 3 avril 2015

Eloge du coiffeur et de la bonne couleur


C’est un peu difficile de passer après les si jolis billets de Jeanne-Aurore quant à sa nouvelle coupe de cheveux… Mais bon, moi aussi j’ai une nouvelle coupe de cheveux ;) 

Je me souviens d’une phrase lue il y a des années dans laquelle une actrice (je crois que c’était Ellen Barkin) disait en gros que plutôt que d’aller s’acheter un énième tailleur-pantalon, mieux valait en général s’offrir la bonne coiffure. Celle qui redonne le moral, change le regard sur soi, sur sa vie, son armoire, et fait réaliser qu’effectivement, on n’a pas besoin d’un nouveau tailleur-pantalon (évidemment, la théorie fonctionne avec n’importe quel autre type de vêtement).

J’ai toujours trouvé cette idée très juste… même si je ne l’ai que rarement appliquée. Le coiffeur, j’ai toujours tendance à penser que c’est ennuyeux, que ça prend du temps, que ça coûte cher, surtout pour un truc qui repousse, c’est donc très souvent quelque chose que j’évite, même si je me sens mal, et même si je sais pertinemment que mon mal vient de là. Je préfère aller m’acheter mon énième tailleur-pantalon ;)

C’est vrai que le vêtement a l’avantage de durer. A tel point qu’on en oublie parfois que les choses se passent ici et maintenant, pas dans quinze ans. Moi, ça faisait des mois que quelque chose d’impalpable n’allait pas, je me trouvais globalement « moyenne », et c’est peut-être de là que sont venus mes excès d’achat d’octobre-novembre, pour essayer d’être « à la hauteur » (de quoi ? De l’idée que je voulais me faire de moi-même, j’imagine)…

Comme je me doutais que, tel Samson privé de sa tignasse, je souffrais d’une faiblesse capillaire, je songeais au moyen de retrouver ma force. Tout couper ? L’exemple de Jeanne-Aurore me tentait. Elle est tellement sublime, tellement rayonnante, et elle a l’air tellement heureuse, avec ses cheveux courts ! J’ai vraiment été à deux doigts de le faire après avoir vu des photos de Scarlett Johansson aux Oscars – je ne suis pas la seule à qui l’actrice a donné des idées, mon amie Elise a eu la même, et on s’est promis d’aller se faire ratiboiser toutes les deux en chœur la prochaine fois que l’on se retrouverait réunies (n’est-ce pas, Elise).

Il n’empêche que le court me fait douter un peu : 1, j’ai déjà donné (ado, ma période « Je suis James Dean dans La Fureur de vivre », puis plus tard, mon époque « Je suis Gwyneth Paltrow dans Pile et face »), et 2, il y a quand même, parmi les différents styles qui m’habitent, la hippie girl, celle qui a tellement de mal à cohabiter avec la minimaliste addict, et qui tient à ses boucles en cascade. 

Puis l’autre jour... je me suis enfin résolue à admettre que ce qui n’allait pas, c’était tout simplement la couleur. Bête comme chou, mais bizarrement, il m’a fallu six mois pour résoudre cette espèce de blocage. Toute l’année dernière, j’étais brune, et ravie de l’être, mais en vivant sous le soleil de Los Angeles, mes cheveux ont viré au blond, et je me suis laissée faire. Alors que je savais pertinemment que ce n’était pas du tout ce dont j’ai envie à l’heure actuelle. C’était peut-être de la paresse, du « oh et puis à quoi bon », le fait que mon homme aime les blondes hitchcockiennes et pas du tout les brunes flamboyantes ;)

Dès que je me suis vue dans le miroir du coiffeur avec mes cheveux encore mouillés, je me suis dit : mais c’est moi ! Comme de joyeuses retrouvailles. Ce que je trouve intéressant là-dedans, c’est à quel point il s’agit d’un sentiment personnel, profond, d’une évidence, quelque chose qui s’impose à soi, de manière totalement déconnectée du regard ou de l’approbation des autres. On n’a pas besoin de demander : « Tu aimes ma nouvelle couleur ? » On s’en fiche. D’ailleurs, mon homme n’est pas fan du tout. Ma plus jeune fille m’a dit : « Tu ressembles moins à Maman ». L’aînée  a hésité : « Mais… c’est quand même très foncé ». 

Peu importe. Car dès que je croise mon reflet, ce n’est pas que je me sente plus belle, plus stylée, plus intéressante ou quoi que ce soit, c’est juste que je me sens enfin pleinement, parfaitement moi. Ce qui signifie par conséquent plus forte, et plus apaisée ; et pas du tout en quête de tailleur-pantalon. 

Laure

mardi 31 mars 2015

Tried & True : les t-shirts de Laure

Illustration : Jennifer, à découvrir via son joli Site ici ou son bel Instagram .

Tried & true, aka testé et approuvé : c’est notre idée de rubrique pour vous raconter un peu nos classiques, ceux qui nous suivent d’année en année et que l’on (r)achète. Une petite minute d’explication : je vais blâmer (une fois de plus) Jeanne-Aurore, c’est elle qui a suggéré une liste de ces achats quintessence, pas ces basiques, non, ces valeurs sûres, testées et approuvées donc, que l’on rachète (ou que l’on rachèterait) les yeux fermés. J’ai d’abord fait une liste, comme ça, en tirets, et en la relisant, j’ai été un peu embêtée car finalement, ça revenait à une litanie de noms et de marques. D’où le besoin de fragmenter et d’expliciter. Surtout que l’idée, pour elle comme pour moi, est de consacrer nos envies et notre porte-monnaie à des vêtements qui ont du sens, qui durent car ils ne s’abiment pas (trop), ne se démodent pas (du tout) et qui expriment cette intemporalité dont on a envie, plutôt que les achats coups de tête ou les désirs éphémères dont on essaie de se défaire. Bon, trêve de bavardage, on démarre. 

Mon t-shirt… c’est un Petit Bateau à col rond, soit noir, soit blanc, parce que ce sont mes couleurs. Je l’aime parce qu’il est tout simple, coupe droite, minimaliste, toute bête, mais qu’il fait toujours ultra classe. Plus finalement que s’il était plein de chichis ! Il faut dire aussi que comme son coton est un peu épais, il a toujours de la tenue. J’aime qu’il soit aussi joli porté casual avec un jean, qu’élégant avec un pantalon un peu soir. Et puis, il m’évoque irrésistiblement les nineties, avec une petite jupe trapèze et des tongs…  

Et puis mon (autre) t-shirt… c’est un Majestic en lin. J’en ai un noir à col échancré et un blanc à col en V. Les deux sont hyper fins, transparents d’ailleurs, et complètement avachis (c’est normal). Ce que j’aime par rapport au Petit Bateau dont je parlais l’autre fois, c’est que le Majestic rend tout immédiatement plus cool. Un peu rock, un peu hippie, il donne juste la dose de cachet qu’il faut au reste de ma tenue. Et il faut avouer que par rapport à des marques comme Maje ou Iro, qui proposent des t-shirts de ce style à chaque collection, son rapport qualité-prix est quand même imbattable, puisque je porte et reporte (et lave !) les miens depuis deux ans…

PS : un grand merci à notre amie Jennifer, aka The Fashion Donkey, qui illustrera la série de sa plume gracile ! 

vendredi 27 mars 2015

Old thing



A la suite de Laure, j’ai eu envie de me pencher sur ces vêtements qui sont, de longue date, les pensionnaires de mon placard. Comme elle, l’idée me taraudait : moi qui ai claironné à longueur de posts être en quête d’intemporels, en avais-je vraiment en ma possession ? Je coupe court tout de suite au suspense : pas tant que ça. Et ça ne me choque pas vraiment. Je reviendrai plus loin sur cette idée, mais en préambule, disons déjà qu’après des années de tris et rechutes, après mon projet armoire 2.0. dont le but était justement de repartir de zéro, je ne suis pas étonnée de n’être pas la propriétaire d’une collection de trésors vintage. Et que, au final, je me rends compte que ce n’est pas mon but.

Quoiqu’il en soit, les quelques survivors que je détiens ont ceci d’intéressant (enfin, relativisons, intéressant pour moi) qu’ils tracent en creux mon parcours d’acheteuse, entre choix intelligents et dérapages délirants.

Il y a d’abord le foulard japonais (circa 1998-9), celui qui aura survécu à tous les tris, celui que mon fils aujourd’hui, cet escroc, s’est approprié pour en faire un doudou, celui que je me rappelle avoir porté hiver comme été avec mon combo favori de l’époque, jean brut APC sur les fesses, T-shirt Petit Bateau sur le dos, boots ou Adidas aux pieds. Outre que son imprimé d’hirondelles printanières provoque chez moi une JOIE (© Marie Kondo) irrépressible, je crois que je l’aime aussi parce qu’il est talisman, gri-gri me ramenant à cette époque où j’étais capable d’acheter « sainement », piochant en début de saison quelques basiques auprès de deux-trois marques qui correspondaient à mon budget et à mon goût (APC, Agnès B…), que je complétais par des encore-plus-basiques de chez Petit Bateau ou Gap. Et c’était tout. Je ne passais pas ma vie à shopper, je n’avais pas besoin de « détoxer » mon armoire dans la mesure où elle était en très bonne santé. Un fonctionnement sans histoire que je me suis empressée de jeter aux orties.

Autre pièce à conviction et autre étape de mon armoire, le portefeuille increvable (circa 2001). J’en ai déjà parlé ici, je ne vous refais pas son historique. Cet objet a marqué un tournant pour moi, il est sans doute le dernier achat un peu malin et serein que j’ai fait durant la décennie 2000. J’avais mon premier job, mes premiers salaires, plus d’argent à dépenser, la tête farcie des looks schizophréniques de Carrie dans « Sex & The City », H&M et Zara se déployaient à chaque coin de rue parisien. Bref : j’étais prête à sombrer dans la surconsommation, les looks jetables, à nier mon goût profond pour les choses simples et anonymes. J’ai donc déconné. Big time. J’avais beau avoir ce portefeuille comme preuve de ma capacité à faire des achats sensés, je me suis mise à acheter sans réfléchir, sans compter. J’ai sombré dans le flou, un flou qui était aussi celui de ma fin de vingtaine, où j’étais en quête d’une direction professionnelle, ballotée par des histoires d’amour qui n’en étaient pas, bref, j’achetais pour me consoler, pour me raconter que ça allait s’arranger, pour me faire croire qu’une jupe, un pantalon, un pull allaient m’aider à définir cette identité que j’avais tant de mal à cerner ou à séduire tel garçon qui se moquait éperdument de moi.

Et c’est là que j’ai décidé de faire une thérapie. Mais, ça, c’est une autre histoire. Quoique. Si vous avez déjà consulté un psy, freudien en plus, ou regardé un jour un film de Woody Allen, vous savez que s’allonger sur le canapé a un certain coût. Et quand j’ai décidé de consulter, comme on dit, c’est sans doute la première fois que j’acceptais de consacrer un budget destiné à mon bien-être, à mon mieux-être même, à autre chose que des fringues. Révélation, révolution. Pas tout de suite suivi d’effet, malheureusement.

Mais j’ai néanmoins commencé à m’interroger, à regarder mon armoire d’un autre œil, à rêver d’une « armoire idéale » même si à l’époque elle était plus de l’ordre du virtuel (cf. le livre publié avec Laure dans ces années-là) que du réel. Et puis, lentement, sûrement, quoique chaotiquement, les choses ont commencé à évoluer.

Et c’est là qu’entre en scène le pardessus intemporel (circa 2009). Avec lui, c’était la première fois en près de dix ans que je décidais de m’offrir un beau vêtement, en renonçant à des dizaines d’achats inconséquents. La première fois que  j’acceptais de me dire, ok chérie, on arrête les conneries. Non pas que je les ai arrêté tout de suite. Mais avec ce manteau dans mon placard, c’était soudain comme avoir mon but sous les yeux. Non pas une armoire de luxe, ou remplie de « grands noms » (même si je l’ai cru à un moment) mais une armoire qui tienne la route, qui me rende heureuse, remplie uniquement de vêtements, d’accessoire, qui me feraient autant sourire que ce portefeuille, ce manteau, ce foulard.

Et bizarrement – ou peut-être pas, d’ailleurs – cette prise de conscience a aussi coïncidé avec une forme de lâcher prise graduel sur la notion d’intemporel. Car mon très beau manteau de 2009, tout aussi classique et qualitatif soit-il, à force de le porter et reporter, commence à montrer des signes d’usure qui le rendront prochainement peu glorieux. Est-ce un drame, un échec ? Non, juste le cycle normal d’un placard. A l’époque de l’achat de mon foulard, lorsque j’achetais en toute sérénité, je le faisais sans rêve que les objets durent une vie. Je portais mon jean brut, mes Adidas, mes Petit Bateau, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus présentables, puis je les remplaçais, reconnaissante d’avoir été si bien servie par ces achats. Aujourd’hui, j’ai retrouvé cet uniforme de mes vingt ans (« la boucle est bouclée », etc. ), j’ai remis en pratique le principe enseigné par mes grands-mères (investir dans un manteau et des chaussures de qualité), et je me dis qu’hormis quelques exceptions (mes bijoux portés au quotidien, ma besace en cuir), il n’y a rien de fondamentalement increvable dans mon armoire. Et que le renouvellement de ces vêtements, du moment qu’il se fait au fil de l’usure et non par caprice,  n’a rien que de très naturel.

Jeanne-Aurore


mardi 24 mars 2015

Ma garde-robe durable… a-t-elle vraiment duré ?

Donc : le doyen de mon armoire.

Jeanne-Aurore et moi parlons souvent de durabilité et d’intemporalité sur ce blog… Et puis parallèlement, nous passons notre temps à prôner le tri et à trier nous-mêmes ! C’est ce paradoxe qui m’a fait m’interroger : qu’est-ce qui a réellement duré jusqu’à aujourd’hui dans ma garde-robe ? 

Si j’ouvre mon armoire, il me semble que le vêtement le plus ancien que je possède et que je porte encore régulièrement est un gilet Claudie Pierlot. Il est en laine noire, de forme un peu carrée, avec des gros boutons, des poignets travaillés : j’ai toujours adoré ses détails. Et question qualité, il me suit au fil des années. Je l’ai acheté aux alentours de 2003, à une époque où c’était encore la vraie Claudie Pierlot qui dessinait les fringues Claudie Pierlot et où l’on pouvait les voir durer des années ;)

Sinon, comme je tiens depuis 2004 la liste de TOUS les vêtements que j’achète (la folle de service, c’est moi), je suis allée jeter un œil à mes vieux fichiers sur ordi, et découvert qu’il ne me reste RIEN des années 2004 et 2005, pourtant marquées chacune par… je dirais au moins une centaine d’achats à la louche. Il ne me reste rien, si ce n’est de merveilleux souvenir : car quand je lis le descriptif de chaque pièce, je me revois les avoir portées beaucoup, et avec toujours énormément de plaisir. Des robes Topshop, H&M, mes premiers investissements chez Ba&sh et Zadig & Voltaire, des choses sans marques dégotées au hasard des vacances… Des achats spontanés, enthousiastes, joyeusement portés. Je ne regrette pas, du coup. Je me dis même que ça aurait été dommage de passer mes vingt ans en pantalon noir et t-shirt noir, eussent-ils été de la meilleure qualité. Et puis l’achat éphémère, s’il est beaucoup porté sur une période donnée, a malgré tout du bon : il marque une époque, lui donne une couleur… C’est drôle, revenir là-dessus tendrait presque à me réconcilier avec mon passé de fast-fashion addict compulsive. Il n’empêche que j’écris le 7 septembre 2005, après l’achat d’un « trench non-ceinturé pour la demi-saison en toile de jute un peu rigide, couleur châtaigne, double boutonnage » chez Comptoir des Cotonniers : « mon ambition est de m’affranchir de mes stocks Zara / H&M et de me recomposer une garde-robe de beaux basiques »…

En 2006, je commence à voir arriver ces classiques qui ne me sont pas restés parce qu’ils se sont abîmés mais qui me suivent dans des versions remplacées : les t-shirts Petit Bateau, les ballerines Repetto, les sandales K. Jacques… Je commence à tenir mes intemporels. Et puis tiens, en septembre, les deux autres pièces les plus anciennes de mon placard (après le gilet Claudie Pierlot, donc) : mon caban A.P.C, que j’ai même montré ici un jour, et un short Gap, en laine noire et que j’adore pour l’hiver. 

Plus de choses me restent de 2007, il faut dire que j’ai été enceinte pour la deuxième fois, et que ça a changé mon rapport à la consommation. D’ailleurs, moi qui croyais que c’était en attendant ma première fille, en 2003, que j’avais commencé à m’affranchir de la fast-fashion, je m’aperçois que mon esprit me joue des tours… Cette année-là, Jeanne-Aurore me fait également découvrir un dépôt-vente qui a disparu depuis, dans lequel je suis toute ravie de pouvoir m’offrir des jolies pièces griffées. Mon placard prend une tournure plus haut de gamme, et plus durable. Plusieurs pièces font toujours partie intégrante de mon armoire, même si le pourcentage, malgré tout, reste faible, dans cette période d’entre-deux.

Si je jette un œil aux années plus récentes, je vois qu’en gros, depuis 2010, j’ai gardé tout plein de choses. Sauf : 

- tout ce que j’ai usé jusqu’à la corde (robes d’été lavées et relavées, chaussures ou sacs à main avachis)

- tout ce à quoi j’ai renoncé en prétextant mon âge (les manches ballons, les fronces, les cols Claudine, les nœuds, les petits boutons, les formes baby-doll, le moulant, l’étriqué, le court sur le bidon, les minijupes…)  

- tout ce pour quoi j’ai enfin osé dire let it go (les slims qui me compressaient les cuisses, les pantalons larges à taille haute qui me cisaillaient l’entrejambe, les talons hauts et tout ce qui de manière générale correspondait à ma vie fantasmée plutôt qu’à ma vie réelle)

- les erreurs d’achat pures et dures (trucs cheaps, chaussures pas dans la bonne taille, doublons évidents)

Le calcul de tout ça donne évidemment beaucoup de pertes… et beaucoup de vêtements conservés malgré tout. J’ai du mal à imaginer mon armoire dans dix ans : est-ce que j’aurais continué de garder plus que je ne jette, au risque d’une garde-robe aussi explosive qu’à mon époque fast-fashion, ou est-ce qu’il se fait malgré tout un écrémage naturel, qui fait que les pièces même belles finissent fatalement par s’en aller ? On en reparle dans une décennie ;)

Laure

lundi 23 mars 2015

L'inspiration du lundi : Tom


J'ai cette image dans mon dossier d'inspiration depuis un moment - au point où je ne sais plus trop bien comment je suis tombée dessus (Pinterest ? Google Images ? Ah, les méandres des Internets...). Bon, une chose est sûre, il s'agit de Tom Cruise, j'ai envie de dire aux environs de "Legend" - ce film de Ridley Scott avec ses licornes, son diable rouge et ses feux-follets, qui a été un des grands moments de ma jeune adolescence. 

Je sais que Tom est devenu un sujet controversé, à force de sauter sur des canapés en public et de scientologiser jusqu'au délire mais, punaise, Tom, quoi. Bon et surtout, on peut parler de cette coupe de cheveux géniale ? Qui aurait cru que Tom Cruise avait inventé le carré aux épaules dégradés parfait ? Je jure que si je me laisse repousser les cheveux un jour, c'est cette photo que je montre à mon coiffeur (il en a vu d'autres). Et ce pardessus en tweed gris légèrement oversize ? En partance directe pour une wish-list future.

Bon lundi à tous.

Jeanne-Aurore #fangirlforever


jeudi 19 mars 2015

Assez




Aujourd’hui, j’avais prévu de parler de mes cheveux. J’avais même le nom du billet à base de jeu de mot nullard : « Court toujours ». Et puis, ça a un peu bifurqué vers autre chose dans ma tête et donc sur la page. En réalité, c’est vrai, tout part de mes cheveux… Parce que, d’une manière ou d’une autre, tout est toujours lié aux cheveux dans la vie, non ? Pas pour rien qu’on parle de « bad hair day ». Ils peuvent salement vous pourrir la vie, ces abrutis. Ou l’améliorer. Ou tout simplement être le reflet de ce que vous traversez, en bien ou en mal.

Avec mes cheveux, comme avec tout d’ailleurs me concernant, j’ai toujours eu le sentiment qu’ils n’étaient pas assez. Pas assez jolis. Pas assez maniables. Pas assez comme dans les magazines ou comme ceux de ma copine X ou Y. Bref, pas assez parfaits. Car dans mon esprit, il fallait que les choses soient parfaites, ou ne soient pas. Je voulais une garde-robe parfaite. Je voulais le job parfait. Quand j’entreprenais un projet, je rêvais qu’il soit parfait. Et bien sûr, rien n’était jamais parfait. Je me plantais. Je n’arrivais jamais à écrire l’article idéal.  Mes cheveux n’étaient jamais comme dans les magazines. Mais j’avais la sensation que d’autres y arrivaient, que d’autre avaient les cheveux parfaits, la vie parfaite, le job parfait. Et moi je me retrouvais toujours avec cette sensation de n’être pas assez.

Je pense que mes cheveux ont compris avant moi qu’ils en avaient marre de cet état de fait, et que c’est eux qui m’ont poussé à tout couper. C’était il y a six mois, et sur le coup, j’étais persuadée que je ne les garderais pas courts. Je pensais que ce serait comme toutes les autres fois, une passade, et que j’aurais immédiatement envie de tout laisser repousser. Mais bizarrement, pour la toute première fois de ma vie, j’ai eu la sensation que les choses étaient bien comme ça. Assez bien comme ça. Pas parfaites, pas démentes, pas « je me la pète en couve d’un magazine », juste que ça m’allait comme ça. Que c’était suffisant. Que mes cheveux et moi nous étions suffisants. Qu’il n’y avait pas besoin de plus.

Je suis même allée de plus en plus vers le moins, en coupant davantage à chaque rendez-vous avec mon coiffeur. Snip-snip-snip. A chaque coupe, la sensation que des branches mortes tombaient. Le besoin de perfection. Le besoin de ressembler à un magazine. Snip-snip-snip. Partis-partis-partis tous ces besoins. Bye-bye-bye. Ne revenez plus.

J’apprends aujourd’hui à penser qu’il n’y a besoin de rien de plus. Pas besoin de cheveux plus longs et plus « glossy glossy » (j’ai eu l’autre jour une crise de fou rire devant une publicité pour une teinture qui prétendait produire cet effet – je ne sais pas trop ce qui me faisait le plus pouffer, l’adjectif idiot ou la promesse irréaliste). Pas besoin d’une vie plus parfaite. Ce qui est me suffit, enfin.


Jeanne-Aurore


mardi 17 mars 2015

1995 est-elle réellement transposable en 2015 ?

Les nineties version Emmanuelle Béart + Claude Sautet... et version Kate Moss ;)

J’en ai parlé environ 247 fois sur ce blog : je suis une grande nostalgique des nineties. Quelqu’un qui pense fermement que ce style minimaliste et strict mais quand même cool (on portait des tongs avec tout, même en ville, même en octobre) devrait toujours être d’actu. En même temps… Prenons mes sandales Marni à bout carré (très années 90, ça, le bout carré) achetées d’occase (je les ai montrées ici), j’ai hurlé « Nineties oh yeah ! » quand je les ai attrapées, mais c’est justement ce qui fait que j’ai énormément de mal à réellement les mettre. Je me sens légèrement anachronique dedans, un peu Hibernatus, celle qui n’a pas remarqué que la mode avait évolué. Les chaussures, c’est en général ce qui a le plus vieilli de cette décennie. On s’en aperçoit quand on regarde des épisodes de Sex & the City : les petites mules à bout pointu ne sont tout simplement plus possibles… 

Je me suis aussi posée la question de mon rapport aux années 90 l’autre jour en revoyant Nelly et Monsieur Arnaud, le dernier film de Claude Sautet, qui date pile de 1995. Emmanuelle Béart y a des looks fabuleux, totalement dans l’air du temps de l’époque : grands cardigans en laine, petit foulard, longues jupes en tissu épais, bottines, twin-sets ras du cou… (un lien intéressant ici) Mais si je la voyais porter ça aujourd’hui, est-ce que je la trouverais bien habillée ? A mon avis, non. Déjà, avec vingt ans de plus, cette allure qui, à l’époque, faisait raffinée, chic, bourgeoise dans le bon sens, ferait surtout mémé. Un slim et une veste ajustée sembleraient plus indiqués ;) Après, l’idée de chaque vêtement est parfaitement transposable dans nos années 2010. Mais pas en total-look. Et avec un petit twist.

Je m’explique. J’ai moi-même gardé quelques jupes longues de l’époque, et récemment, je me suis dit « Ben puisque je recommence à porter des jupes longues, ressortons-les du placard ! ». En réalité, je me suis aperçue qu’elles avaient une coupe qui ne correspondait plus aux exigences d’aujourd’hui – des hanches plus étroites, notamment. C’est assez imperceptible, on le sent en essayant. Mais le fait est que mes jupes longues achetées récemment sont soit plus évasées de partout, soit carrément droites, pas ce mélange des deux. 

En même temps (il y a toujours un « mais » dans mes démonstrations)… j’ai trouvé l’année dernière une jupe Miu Miu noire un peu trapèze qui date clairement d’il y a quinze ou vingt ans, et je la porte très régulièrement, en total-look, sans twist, avec des tongs et un t-shirt Petit Bateau à col rond, exactement comme on le faisait à l’époque. Et je n’ai évidemment pas l’air vintage, ni de vouloir me faire un look – mes deux hantises quand il s’agit de m’inspirer du passé. Comme quoi, 1995 peut être transposé en 2015. Parfois ;)

Laure

PS : Un lien ici qui se pose la question de l'actualité (ou non) des looks de Sex & the City...

vendredi 13 mars 2015

Question-réponse : Peut-on vivre avec le désordre des autres ?





Laure à Jeanne-Aurore : Pourrais-tu me dire, après ta lecture de « The Life-Changing Magic Of Cleaning Up », dont tu nous a vanté les mérites l'autre jour : comment rester zen face aux autres membres de la famille, qui, eux, ne trient pas (et peut-être ont-ils raison, dans la mesure où ils se sentent bien comme ça) ? Comment passer de manière détachée devant le barda de ses enfants ou le rasoir que son homme laisse traîner, sans avoir une irrépressible envie de tout remettre à sa place (ce que, en général, ils détestent) ?

Jeanne-Aurore à Laure : Ah Laure, Laure, Laure, comme je te comprends. Le barda des enfants (dans mon cas, la collection complète des figurines de Cars et Planes, en résidence permanente partout dans la maison sauf là où je le souhaiterais, c’est à dire ce satané bac à jouets) ! Le rasoir traînard ! Le conjoint qui assimile le rangement à une initiative aussi saugrenue, si ce n’est plus, que de déménager en Papouasie Nouvelle Guinée pour ouvrir une crêperie bretonne ! Mais oui, je connais ! C’est moi, ça ! Donc autant dire : tu as frappé à la bonne porte avec ta question.

Cela dit, pas sûr que tu aimes ce que j’ai à te dire. Car ma réponse est la suivante : je ne suis pas sûre qu’on puisse rester zen et détachée face au barda des autres si l’on est soi-même du genre rangé, Marie Kondo et « magie du rangement » ou pas. Ce n’est tout simplement pas possible. On ne peut pas nous demander ça. Ce serait comme nous demander, je ne sais pas, de décider qu’Outsiders n’est plus le meilleur film du monde. Ou que la mode des nineties était beurk. C’est juste infaisable. Nous aimons l’ordre et ceux avec qui nous vivons trouvent le chaos « créatif ». Nous sommes comme ça. 

Après, et c’est une première incitation à prendre du recul, peut-être faut-il se demander pourquoi nous, les rangées, les disciples de l’essentiel, nous retrouvons à partager nos vies avec des barbares amateurs de bazar. Cruel tour du karma ? En réalité, si je m’imagine vivant avec deux autres moi-mêmes adeptes du tri et du rangement, en lieu et place des amateurs de chaos qui partagent ma vie, je dois dire que ça me fait un peu froid dans le dos. S’il ne tenait qu’à moi, tout ne serait que boîtes de thé rangées au cordeau et murs blancs. Mais serait-ce mieux ? Ce que je veux dire par là c’est que ta vie, ma vie de trieuses consciencieuses ont peut-être besoin de ces hurluberlus qui viennent secouer nos envies de perfection. Sans eux, tout serait en ordre, certes, mais peut-être un peu barbant. Donc, plutôt que lâcher prise, commencer à imaginer un quotidien sans jouets qui traînent, sans rasoir sur l’évier. Ce serait clean, mais peut-être moins fun. Non ?

Mais je sais bien ce que tu vas me dire ! « Rien à foutre de tes considérations métaphysiques sur la gratitude, l’Autre qui m’ouvre à un autre monde, moi ce que je veux c’est qu'on arrête de me foutre le boxon chez moi et ne plus me retrouver à ranger derrière tout le monde. » Et là, je t’arrête tout de suite. A moins de tout plaquer et t’installer en solo dans ton appart à toi, ta vie de famille implique, fatalement, douloureusement, inexorablement, que des malotrus, que par ailleurs tu aimes d’amour, viennent mettre le bazar chez toi. Parce que chez toi, c’est chez eux. Et que tandis que tu aspires à un espace rangé et dépouillé, eux aspirent à laisser traîner leurs Converse sur le piano et le couteau plein de Nutella sur la table de la cuisine. Autant dire que c’est le clash des Titans entre deux visions du monde. Team « boîtes Muji » d’un côté et Team « bordel organisé » de l’autre. Autant te dire que le combat est perdu d’avance pour les adeptes du rangement : les autres auront tôt fait de prendre toute la place.

Alors, que faire ? Peut-être être un peu bouddhiste et ne rien faire. Ou en tout cas arrêter de faire certaines choses. Comme trier à la place des autres (là je parle de moi et des tris maintes fois menés en douce dans les placards d'autrui), ranger le rasoir, remettre en place le barda des mouflets. Marie Kondo prétend que c’est le meilleur moyen d’inciter autrui à se prendre en charge. Je crois surtout que c’est un cadeau à se faire à soi-même, en arrêtant d’être le grand ordonnateur du bazar des autres. Cela fera un peu plus de bordel, certes, mais sans doute un peu plus de temps pour soi. Ce que l’on a le droit de faire, en revanche ? S’occuper de ses fesses, ou en tout cas de son barda à soi. Car, bien souvent, on peste contre celui des autres pour n’avoir pas à se pencher sur le sien.

Et puis, encore une fois, se rendre compte que finalement, nos fauteurs de trouble domestique ne sont pas si tragiques que ça. Qu’ils n’aiment peut-être pas ranger mais se montrent très magnanimes dans leur acceptation de nos propres crises de tri. Qu’ils tolèrent de nous entendre parler jusqu’à plus soif des livres de Marie Kondo et Dominique Loreau comme s’il s’agissait des œuvres complètes de Shakespeare. Qu’eux ont la gentillesse de ne pas décider à notre place de ce que nous voudrions garder ou pas dans nos tiroirs. Que, en somme, ils sont formidables et qu’on a beaucoup de chance d’avoir leur bazar dans notre vie.




mercredi 11 mars 2015

A la redécouverte du col roulé à manches courtes…

Moi et mon pull en laine à manches courtes


Le col roulé à manches courtes, c’est de l’avis général le vêtement le plus absurde qui soit. Et pourtant… je suis en voie de lui trouver un véritable intérêt ! Bon, peut-être pas lui exactement, le col roulé à manches courtes, mais son cousin : le pull en laine à manches courtes.

Bien sûr, la contradiction entre le côté laine qui tient chaud et l’absence de manches qui donne froid m’a toujours semblée aberrante. En même temps, depuis que je vis à Los Angeles, je découvre que cette ville, tellement singulière, appelle des vêtements singuliers. Car (hormis les mois de canicule) il y fait à la fois chaud et froid : chaud quand on est sous le soleil, froid dès qu’on se range à l’ombre. On gagne et on perd 10 degrés en permanence, rien qu’en marchant sur un trottoir par exemple. D’où le challenge de s’habiller de manière à ne pas être trop couverte pour les moments chauds, mais à l’être un peu quand même pour les moments froids !

Récemment, j’ai acheté (dans mon dépôt-vente favori : vous connaissez la chanson ;)) un de ces spécimens de pull en laine à manches courtes. Bon, il me pose problème, car il est de Sonia Rykiel, donc avec des rayures (très moi), mais aussi des bandes fluo (moins moi ;)). En revanche, il m’est très utile, car il est en cachemire, mais il est ample (il faut que le haut soit ample, sinon, bonjour les aisselles transpirantes), et ses manches m’arrivent au coude : donc, à la fois il me réchauffe, tout en étant aéré. Le mix parfait pour L.A. 

Récemment, j’ai vu également mon amie Louise qui portait un pull tricoté oversize sans manches, mais par-dessus un top tout fin qui lui recouvrait les bras, c’était extra avec sa jupe ample et ses baskets. Elle vit à Los Angeles depuis deux ans, donc j’imagine qu’elle est devenue ceinture noire en pull en laine sans manches.

Mais bon, pour celles qui, en France, sont ensevelies sous trois pulls en laine et avec manches… j’arrête de vous enquiquiner avec mes absurdes pulls en laine à manches courtes.

Laure

mardi 10 mars 2015

Ceci n'est pas une erreur d'achat



Depuis que j’ai lu le livre de MarieKondo, je n’arrive (presque) plus à raisonner en termes d’erreur d’achats. Une révolution pour moi qui ai passé ces dernières années dans mon tourbillon de tris et rechutes, avec pour dommage collatéral de me sentir perpétuellement coupable. Je vous rassure, je ne me suis pas mise pour autant à acheter plein de d’idioties à tour de bras et à me dire « c’est formidable, je fais n’importe quoi, youhou ». Comme dirait l’autre, « been there, done that ». (Note : en même temps, ça ferait un truc vraiment drôle et surprenant à vous raconter, genre ma rechute chez H&M. Où je n'ai pas mis les pieds depuis la dernière décennie. Scoop.) 

D'un autre côté, j'ai fait trois achats... et je me suis plantée. Ou plutôt, non : j'ai appris de mes erreurs. Nuance (ai-je envie de dire en lissant ma moustache imaginaire de savant très sage).

D'abord un achat raisonné, parfait sur le papier, pile poil le pull marine à col polo dont je rêvais (pour ceux qui prennent ce blog en cours, toi Tarzan, moi Jane, moi aimer vêtements barbants et BCBG, toi ne pas juger moi), acheté en plus en soldes. Tout bon. Sauf que ce pull, que j'aime, qui est parfaitement celui que je recherche, est juste... trop petit sur moi, trop étriqué pour ma carrure carrée, trop court sur mes bras. Vraiment bien la peine d'avoir établi ma liste de don't buys pour trébucher sur une telle erreur de débutant. Sauf que face à ma garde-robe, il est probable que je reste toute ma vie un peu débutante, un peu Bambi qui tremble sur ses jambes mal assurées, bref, toujours un peu imparfaite et bancale. (Toi, Tarzan, moi Jane, moi très névrosée, toi ne pas juger moi.) La bonne nouvelle étant que ma mère - bras de taille normale, elle, et goût commun pour les pulls boring - va adorer ce pull. Qui par conséquent ne constitue pas une erreur, mais... un cadeau. Et le rappel, dont j'avais besoin, qu'il faut. Que. Je. Suive. Mes. Propres. Principes.

Et en parlant de suivre ses propres principes. J'ai aussi acheté deux t-shirts. Totale plantade. Ou plutôt, totale illustration d'un de mes travers récurrents : acheter un truc au débotté, complètement impromptu et sans logique, alors que j'ai une liste bien précise d'achats désirés, pensés, nécessaires. Auto-sabotage (rappelez-vous : moi Jane, moi très névrosée, etc.) ? J'ai plutôt décidé de voir le dérapage sous un autre jour : shit  happens. On fait tous des conneries. Et si ma pire connerie est d'acheter un t-shirt qui au final n'est pas pour moi, finalement, ce n'est pas très grave. Il n'y a pas mort d'homme. Ni même mort de t-shirts - si ce n'est pas moi qu'ils rendent heureuse, ce sera quelqu'un d'autre. Ceci n'est pas une erreur d'achat. Juste une incitation. A se rappeler qu'au fond on sait bien quand on achète quelque chose pour les mauvaises raisons. Ou que l'on fait les boutiques parce qu'on cherche à éviter quelque chose (souffrance, tristesse, papier à rendre qui est déjà en retard).

Il n'y a donc pas d'erreur, juste des instants où l'on oublie de se prendre en compte, de s'écouter profondément, d'être attentif à soi, de se regarder.

Ma prof de yoga dit que le premier pas vers l'amélioration est cette infime prise de conscience, ce moment où l'on se regarde comme de l'extérieur et que l'on se rend compte, au choix, que l'on se tient tout voûté face à son ordi, que l'on est sur le point de se regarder un millième épisode de "The Hotel Inspector" (ma nouvelle drogue) au lieu d'aller se coucher, ou d'acheter un pull trop petit pour soi. Et avec cette prise de conscience en douceur, et en empathie avec soi-même, on est bien plus à même de rectifier le tir sereinement qu'en se culpabilisant.

Il n'y a pas d'erreur, juste de la prise de conscience.

C'est pas chouette, ça ?

Jeanne-Aurore







vendredi 6 mars 2015

The Duff, moi, Jeanne-Aurore, et l’hystérie du makeover movie


Le film de makeover : c’est notre genre de prédilection, à Jeanne-Aurore et à moi. Ces comédies souvent ricaines, souvent teens, dans lesquelles le vilain petit canard, en général une fille, va se transformer en cygne, mais un cygne à la fois canon et sympa. La scène finale de Grease est un makeover mythe, il y a évidemment les My Fair Lady et autres Pretty Woman, même si personnellement, je mets Mean Girls avec Lindsay Lohan au Panthéon du genre, et probablement aussi, bien que je ne l’ai pas revu depuis sa sortie en 1999, Elle est trop bien, starring Rachael Leigh Cook et Freddie Prinze Jr.

Et puis peut-être aujourd’hui, The Duff. Il vient de sortir aux Etats-Unis, mais je ne le vois pas annoncé pour la France… Dommage, car c’est vraiment très très chouette ! Enfin, pas forcément pour le commun des mortels (bien qu’il y ait de pures scènes à se tordre, notamment celles avec Ken Jeong, l’acteur survolté de Very Bad Trip), mais pour les hystériques du makeover movie. Comme moi.

Un « Duff », apprend-on au début du film, est un « Designated Ugly Fat Friend », c’est-à-dire, dans un groupe, le copain ou la copine moche de service, qui est là pour mettre en valeur les autres, et aussi pour servir de guichet d’entrée (car il est plus facile d’aller aborder un Duff et de lui demander des infos sur la fille de ses rêves, que de tout simplement aller parler à la fille de ses rêves). PS : je lis sur Wikipédia qu’en québécois, Duff a été traduit par « Dodue Utile Franchement Fade » ;)

Donc un jour, Bianca, brunette, rigolote, et mal fagotée, découvre non seulement le concept du Duff, mais aussi qu’elle en est une. Ni une ni deux, elle demande à son voisin, un bellâtre un peu relou, super bon en sport, nul en sciences, de lui donner des conseils, en échange de quoi elle l’aide à se dépatouiller pour ses maths. Là, il y a une scène façon La Boum (Sophie Marceau qui essaie mille et une tenues), façon Pretty Woman (Julia Roberts qui essaie mille et une tenues), durant laquelle l’héroïne essaie, bon, mille et une tenues, mais on se demande un peu pourquoi, tant elles sont aussi atroces les unes que les autres : des jupes ras le bonbon, des bustiers rikikis, des trucs en stretch et à fleurs. C’est hyper exagéré, et en fait assez nul.

Pourtant, la suite est un petit peu plus subtile. Ce que j’aime bien dans ce film, c’est qu’il vise à rester plutôt juste. Bianca ne lâche pas comme ça ses salopettes en jean (qu’elle continue de porter tout le film) et ses Docs, c’est juste qu’elle les met de manière un brin plus féminine (sans un t-shirt XXL en-dessous, par exemple). La scène où elle sort les talons aiguilles, à l’américaine, son voisin lui dit que bien sûr qu’elle est belle… mais qu’elle n’a plus l’air d’être « elle ». Et vlan pour Sandy de Grease, qui se coule si facilement dans un legging cuir et des mules talonnées tellement à l’opposé du look fillette qu’elle portait juste avant. Mine de rien, c’est un point de vue assez nouveau pour le film de makeover, où le challenge consiste en général à enfin plaire aux autres. Ici, Bianca a surtout besoin de se plaire à elle-même. 

A part ça, comme dans toute comédie de makeover qui se respecte, il y aura des tâtonnements, des moments de découragement, le Pygmalion va tomber amoureux de sa créature (tant mieux, car ils sont super mignons tous les deux), et surtout, le final va se dérouler au bal de l’école et faire péter la méga robe (séquence de do-it-yourself pompée sur Pretty in Pink). (J’en profite pour faire un autre PS : pour les geeks de Pretty in Pink, voici un lien qui recense toutes les tenues de Molly Ringwald dans le film.)

Donc voilà, The Duff est le perfect makeover movie pour celle qui a toujours quinze ans dans sa tête et rêve qu’un prince charmant déboule pour lui offrir une garde-robe clé en main ;) Mais au fait… Jeanne-Aurore, tu ne m’avais pas annoncé une rubrique qui détaillerait tes films de makeover favoris sur ce blog ?! 

Laure