jeudi 20 novembre 2014

Chronique de ma garde-robe (depuis mes 8 ans, parfaitement)

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Jeanne-Aurore, à qui j’adore réclamer des idées de posts, me demande… « l’évolution de ton style, décennie après décennie, et ce que chaque étape t’a appris » – rien que ça ! Bon, plutôt que de découper en décennies, j’ai découpé ma vie en âges clé, c’était moins de brainstorming ;) 


• J’ai 8 ans, je suis très coquette et je raffole des robes, mais je commence à douter (déjà !) : je trouve que ma copine Marion, en jean et sweat-shirt, est plus classe et plus « grande ». Le début d’un long tiraillement entre le girlie d’une part et le tomboy d’autre part… Je n’ai toujours pas réussi à trancher ;)

• J’ai 13 ans et mon subconscient tranche temporairement de manière radicale : les cheveux ultra courts et je m’habille comme un mec. La boulangère me dit « Que désirez-vous jeune homme ? ». Je sens bien que quelque chose ne va pas, mais en termes fashion, je n’ai pas le mode d’emploi, je ne sais absolument pas comment corriger le tir.

• J’ai 18 ans, je suis en fac de droit, et je m’habille comme une nonne. Des Doc et du blouson rouge de James Dean dans La Fureur de vivre, je suis passée aux mocassins, aux jupes à mi-mollet, au twin-set et au collier de perles. Je dévalise le catalogue Cyrillus. Là encore, je sens bien que c’est un brin extrême, mais je ne sais pas trop comment faire…

• J’ai 21 ans et un look dont je me souviens avec beaucoup de nostalgie aujourd’hui : pantalon cigarette, bottines Free Lance et caban Agnès b. Parfois aussi de grandes robes à fleurs, un peu grunge, mais que j’intègre à une silhouette minimaliste. Je crois que je commence enfin à comprendre quelque chose ;) Je dirais même que j’ai trouvé mon style, celui autour duquel je tournais depuis toute petite, avec un peu de masculin, un peu de féminin, et beaucoup d’épure. L’ennui, c’est que je ne le réalise pas, et qu’avant d’y revenir, il va encore me falloir quelques fashion faux-pas.

• J’ai 23 ans et un total-look Gap des pieds à la tête. Il faut dire que c’est nouveau, c’est américain, donc c’est « aspirationnel ». Je me précipite dès que je vois une promo (ils sont les seuls à en faire un peu toute l’année, à l’époque), que le vêtement m’aille ou pas. Malgré tout, là encore, je doute, le mot total-look (qu’on utilisait très peu avant) commence à être partout dans les magazines, comme une insulte, et j’ai l’impression qu’il me montre du doigt, moi…

• J’ai 25 ans et des Zara et des H&M géants ont poussé à tous les coins de rue. Je ne résiste pas à cette si tentante fast-fashion : j’y fais des descentes plusieurs fois par semaine, histoire de checker les nouveautés, j’y prends ce qui est moi, ce qui n’est pas moi, j’y prends en me disant « C’est génial », en me disant « C’est pas mal », en me disant « C’est pas cher »… Comme ma penderie commence à exploser, je fais de grands tris saisonniers, j’ai lu que Romy Schneider s’y adonnait, c’est donc que ça doit être une bonne chose ; mais j’ai encore les idées un peu confuses, et une furieuse tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain, me débarrassant aussi des belles pièces… Je m’invente une garde-robe tournante à la fois hyper dispendieuse et qui ne vaudra pas grand-chose au final.

• J’ai 26 ans et je fais la connaissance de Jeanne-Aurore et des discussions de mode à bâtons rompus. Ma fashion thérapie est en route… Toutes les deux sommes atteintes du même mal consumériste, et ni l’une ni l’autre ne sait trop comment en sortir. Le mot qui nous fascine, notre Graal : capsule wardrobe, nous avons lu ça dans In Style, le magazine américain auquel nous sommes accros, et nous rêverions, nous aussi, de nous composer une capsule wardrobe, minimaliste et chic, comme celle d’une New-Yorkaise. En attendant : on achète.

• J’ai 29 ans et je suis enceinte de ma première fille. Elle n’est pas encore née que tout change. J’ai envie de choses qui durent, j’ai envie de transmettre. Je fais une croix sur les achats éphémères en profitant de ce gros ventre qui me retient de faire des folies dans la fast-fashion, et j’économise pour ces premières pièces que je chérirai des années. 

• J’ai 31 ans et je publie mon premier livre avec Jeanne-Aurore : L’armoire idéale des paresseuses. Un guide dans lequel nous donnons toutes les leçons d’optimisation de la garde-robe que nous rêverions d’appliquer, sans encore réellement y arriver ! Il faut dire que c’est la grande époque Sex & the City, les armoires pléthoriques sont à la mode, garanties de pouvoir se composer mille et une silhouettes, autant que Carrie à longueur d’épisode. 

• J’ai 32 ans et je suis accro au vintage. La faute à notre deuxième livre, Le vintage des paresseuses, à ma crainte du total-look et à mon désir de monter en gamme. C’est bien, au début. Mais après des premiers achats sensés, je perds un peu la tête (comme souvent) et vais vers des choses trop ouvertement datées qui réclament de se « faire un look » - donc de faire un effort. Or, je m’aperçois qu’au contraire, ce qui me plaît, c’est justement l’effortless

• J’ai 34 ans et Jeanne-Aurore m’initie à Dominique Loreau, auteur japonisante adepte de l’épure extrême. Je complexe beaucoup de ne pas être à sa hauteur, ni à celle de Jeanne-Aurore, qui ne va pas tarder à se lancer dans des purges spectaculaires. A nouveau je me sens tiraillée, entre d’une part ce minimalisme qui me semble à la fois si chic et si pratique, et d’autre part une garde-robe fournie, parce que je reste cette fille coquette et versatile que je suis depuis toute petite. 

• J’ai 37 ans et trouvé un certain équilibre. Je ne suis plus cette accro au shopping que j’ai pu être, mais je garde le plaisir de la bonne trouvaille. Mon armoire est bien remplie, mais pas non plus trop remplie, et uniquement de choses que j’aime sincèrement. 

• J’ai 39 ans et pris la décision de m’installer à l’autre bout du monde. J’en profite pour appliquer enfin réellement l’idée de capsule wardrobe qui m’a toujours titillée, et m’en vais avec une valise. Je suis aux anges les premiers mois, la vie me semble facile et légère. Mais assez vite, les pièces restées en France me manquent, pas que j’en aie besoin, juste que j’en ai envie ; et puis, je découvre de nouvelles adresses, de nouvelles griffes, ça m’amuse. Point de grosse folie. Juste l’envie d’un retour à ce ni trop ni trop peu que j’avais atteint… et qui me plaisait bien. 


Conclusion : on sait tous qu’une garde-robe raconte son propriétaire à l’instant T. Donc voilà, moi, c’est ça, déchirée entre plusieurs tendances, plusieurs désirs, plusieurs possibilités, mais finalement apaisée après avoir accepté l’idée qu’ils pouvaient tous coexister… Tout cela reste néanmoins un work in progress. L’armoire idéale, c’est le chantier de toute une vie !

Laure

mercredi 19 novembre 2014

Mes "don't buy"

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Avec Laure, nous avons souvent eu l'occasion dans nos livres de dresser la liste de ces indispensables à toute armoire. L'attrait de telles compilations est irrésistible, surtout si on a un petit côté dictateur du style ce qui, je le crains, est mon cas. Mais j'en viens aujourd'hui à douter de leur utilité. Si d'un côté je reste persuadée de l'attrait universel et intemporel de certains vêtements (la chemise blanche, le col roulé noir), la preuve étant qu'ils ne cessent de revenir dans le vocabulaire de la mode, ma propre confrontation avec l'achat compulsif et les difficultés à accepter mon propre style, m'amènent à penser que ces listes aux allures de diktats constituent davantage un problème qu'une solution. Oui, le trench s'est imposé au fil des décennies comme un must. Mais il se peut que ce ne soit pas un must pour moi, pour vous. Et il se peut qu'en raison de ces fameuses listes vous et moi ayons acheté un trench alors qu'au fond il nous fallait tout autre chose. J'ai d'ailleurs en ce moment dans mon placard un trench entouré de gros points d'interrogation...

Et puis, en tombant sur cet article sur Grechen’s Closet - toute sa série « The Minimalist Closet est d’ailleurs intéressante – je me suis dit que la vraie liste à faire et suivre, ce ne serait pas une énième « must buy », mais plutôt une « don’t buy ». Une liste de tous ces trucs qui nous attirent mais en réalité sont, à l’usage, atterrants et aberrants pour nous. Tous ces trucs dont on sait du fond des tripes qu’ils ne sont pas pour nous, mais qu’on laisse quand même entrer dans sa vie. Alors voici ma liste à moi, en souhaitant ne plus jamais recroiser une de ces mauvaises idées dans mon placard :

Le pull à manches courtes Dans l’absolu, j’adore l’idée du pull à col roulé à manches courtes ou du petit pull à col rond et manches ¾. Dans la vraie vie, j’ai soit trop chaud pour les porter, soit trop froid. *

Le col V profond Un autre idéal que j’adore et que j’ai recommandée à longueur de livre. C’est vrai que c’est beau, un beau col V porté sur peau nue. La réalité étant a) que je n’arrive pas à porter de la laine (ou même du cachemire) à même la peau et que b) je suis hyper fragile de la gorge (« 3615 Mamita, allô »). Donc mon vrai indispensable est davantage le col roulé ou le col rond bien haut.

Le jean fantaisie Si c’est trop stretch, trop skinny, trop proche du jegging, trop Debbie Harry, s’il y a des marques de délavage vraiment trop artificielles, des petits dessins sur les poches arrière, un logo trop reconnaissable sur la ceinture, ça n’est pas pour moi. Merci aux douze milliards d’erreurs d’achats au rayon jeans qui m’ont appris cette leçon.

Les épaulettes Ce n’est pas que je sois contre, elles peuvent donner une si belle architecture à un manteau ou une veste. Mais j’ai des épaules larges et carrées, et la vérité c’est que les manteaux et vestes que je préfère dans mon armoire sont dépourvus d’épaulettes et que je trouve que c’est ce qui me va le mieux. Au passage, j’ai dû aussi admettre que je déteste la sensation d’une veste glissée sous un manteau (adieu mon rêve d’adopter le tailleur pantalon comme uniforme).

La chaussure de lycéenne  J’explique le concept. Pour moi, la chaussure de lycéenne, ce sont tous ces souliers ultra-iconiques et ultraplats. La K-Jacques, la Repetto, la Converse. Des chaussures qui requièrent un joli pied tout jeune et une voûte plantaire en béton. Des trucs que j’adore mais que mes pieds, qui ne se sentent bien qu’avec la sensation d'être "tenus", un minimum de talon et mes semelles orthopédiques (3615 Mamita bis), ne tolèrent pas du tout. Chaque printemps et été je suis tentée, et à chaque fois, il faut que je me rappelle à l’ordre.

La veste / le manteau sans boutons et/ou poches Oh que c’est beau un blazer sans bouton. Ou un manteau. Le truc sublime sur un podium… mais qui au quotidien devient galère quand le vent souffle et qu’il s’agit que le manteau en question tienne son rôle premier, à savoir tenir chaud en hiver. Idem pour les versions sans poches. Trop beau, trop minimal (la poche, du tissu en trop, retirons, retirons !). Et trop relou, surtout ! On les mets où, ses clés ? Et son kleenex ? Et son téléphone ? Je parle de tout cela en connaissance de cause ayant à de maintes reprises cédé à la beauté de ce type de vêtement. Et n’étant probablement pas à l’abri d’une rechute.

Le "classic with a twist" Super tentant pour qui se sent coupable de ses goûts barbants. C'est donc le mocassin revu dans une couleur "marrante". La boots cavalière ou la derbies classique cloutées pour faire "rock". Le beau cachemire mais dans une coupe bizarre et asymétrique. Mais grâce à la psychothérapie, j'ai appris qu'il faut s'accepter tel qu'on est, goûts barbants compris.

Le détail Ah, le fameux détail qui fait tout. La lavallière qui vole au vent sur la blouse en soie. La ceinture sur la veste. Le patch en cuir sur le pull. Autant de trucs qui au bout de cinq minutes me donnent envie de prendre mes ciseaux et les réduire en charpie car ils se prennent dans mon sac, me grattent, me polluent la vue. Ce qui ne m'a pas empêchée, par le passé, d'acheter au moins mille fois un vêtement en raison d'un de ces détails. Evidemment.


Et vous, des "don't buy" à revendiquer ?


Jeanne-Aurore


* Laure me signale qu'à Los Angeles, où la météo passe du chaud au froid en quelques secondes, le pull à manches courtes trouve soudain toute sa pertinence. S'agirait-il donc d'un basique géolocalisé ???



mardi 18 novembre 2014

Los Angeles, le vintage… et le come-back des achats compulsifs

Une robe Tory Burch échappée d'une photo de Slim Aarons, un sweat qui aurait pu jouer dans "Grease", des sandales Marni rescapées des années 90, un hoodie et un pantalon méga bien coupés d'Alexander Wang, une pochette Sandro pour mettre au fond de mon sac à main : quelques exemples de mes (bonnes ?) occases...

Je suis venue avec cette garde-robe méticuleusement pensée et objectivement parfaite (en termes de besoins, j’entends, et au prisme de mes envies). J’en serais volontiers restée là. Mais il y a un phénomène dont je n’avais pas spécialement conscience à Los Angeles… la passion du vintage ! Une religion presque aussi répandue que la scientologie ;) Il y a des dépôts-ventes ou des thrift stores à tous les coins de rue (enfin, surtout dans mon quartier, le très bohème Los Feliz). Certains vendent du vintage vrai de vrai : des robes qui ont pu servir dans des vieux films ou des shows anciens (mon costume d’Halloween était d’ailleurs une blouse de marin rescapée d’un musical des années 70 dont j’ai oublié le nom), tous les sacs à main granny, les nuisettes twenties ou les jupes à taille étranglée pour se concocter un vrai look singulier. Mais ça, ce n’est pas trop mon truc, ça réclame trop d’efforts, appelle un style pas assez nature, pas assez basique, pas assez passe-partout en fait. Et puis bon, j’aime ce qui fait neuf. 

Or, il y a une chaîne de dépôts-ventes hyper répandue qui s’appelle Crossroads Trading Co. Les magasins sont immenses, les stocks énormes, à l’américaine, et quand on jette un œil rapidement, comme je l’ai fait la première fois, tout semble cheap, incohérent, inutile, pas trié (ça, c’est vrai) ni édité (vrai aussi). 99% de la marchandise ne donne pas envie. Mais les 1% restants… peuvent être assez extras. En fait, il faut fouiller, fouiller, fouiller, ce que, j’avoue, j’adore faire (je ne suis pas venue en Amérique pour trouver de l’or, mais manifestement, j’y cherche assidument un autre genre de pépite). C’est comme ça que je trouve des choses qui me plaisent, dans des marques qui me plaisent, des matériaux qui me plaisent et dans un état qui me plait –parfois même, des choses dont j’avais besoin ! Et quand ça arrive, je suis d’autant plus contente de moi que les prix sont dérisoires (imaginez les robes Marc Jacobs à 22 dollars ou le t-shirt James Perse à 12 – bon, celui-là, je l’ai pris ;)).

Le plaisir de la quête, de la trouvaille, de la bonne affaire : ça, pour moi, ça a toujours été un cocktail assez explosif. Ce qui fait que je retombe un peu trop à mon goût dans mes vieilles habitudes d’achat compulsif. Celles que j’espérais avoir laissées derrière moi, en France. A nouveau la preuve que même à des milliers de kilomètres, on reste désespérément le (ou la) même.   

Laure

lundi 17 novembre 2014

L'inspiration du lundi : court + Christy

Vogue Paris 1990
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Depuis que je suis passée au court, ma quête d'inspiration s'est déplacée vers les pixie cuts en tous genres. Si Audrey Hepburn ou Jean Seberg constituent les grandes références en la matière, pour moi, le court parfait est celui de Christy Turlington au début des années 90. J'aime bien aussi l'approche naturelle du maquillage ici - juste le teint unifié, un peu de blush bois de rose, et les sourcils et les yeux légèrement redessinés. 

Jeanne-Aurore




vendredi 14 novembre 2014

Uniforme

Voilà ce qui s'appelle, littéralement, se regarder le nombril. 

L’autre jour, Laure se posait la question de savoir si le principe de la capsule wardrobe correspondait vraiment à sa nature. Et elle a raison de remettre le principe en question : il n’existe pas de solution universelle, il s’agit avant tout de trouver ce qui fonctionne pour soi, quels que soient les domaines (bouffe, boulot, armoire, amours). Et pour moi, l’angoissée de l’abondance de choix,  la capsule wardrobe fonctionne plus que mieux.

Ces derniers mois, j’ai « détoxé » tout ce que j’ai pu. Mes milliers d’images d’inspiration, mon it-bag (revendu le mois dernier), mes achats compulsifs des dernières années (revendus eux aussi). J’en suis enfin arrivée à ce que je recherchais à travers mon projet d’armoire 2.0. : repartir à zéro, avec une garde-robe réduite à l’essentiel.

En ce moment, pour la première depuis, eh bien depuis toujours, je suis contente d’ouvrir mon placard le matin. Je n’y vois que des vêtements que j’adore, que j’ai envie de porter, qui me font me sentir bien. Je n’aurais jamais pensé pouvoir ressentir cette plénitude vestimentaire – mais oui, soyons mélodramatiques – avec si peu à porter. Parce qu’en ce moment, voilà avec quoi je tourne (sans compter les pyjamas et affaires de sport) :

-       une dizaine de t-shirts (manches longues + courtes)
-       quelques pulls (grosso modo : 2 à col rond, 1 à col V, 2-3 cardigan, 2 cols roulés)
-       2 jeans slim (1 brut, 1 gris)
-       1 pantalon cigarette noir
-       1 blazer marine
-       2 manteaux (1 tweed chiné gris, 1 noir)
-       3 paires de boots noires (1 plate chic, 1 fourrée sport, 1 à talons hauts)
-       1 paire de baskets

Et c’est tout (pour le moment, je n'écarte pas de faire grandir cette armoire). Mes affaires d’été sont rangées à l’abri dans des boîtes en tissu pour ne pas venir me « polluer » la vue quand j’ouvre mon placard. Je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai eu une crise « je n’ai rien à me mettre / je ne sais pas quoi me mettre ». Tout va ensemble, tout est cohérent (désolée si j'ai l'air de faire la fière, c'est juste que j'en ai bavé, enfin, toutes proportions gardées, on est d'accord, pour en arriver là). J’ai trouvé mon uniforme. 

Ou plutôt, j’ai l’impression de m’être enfin autorisée à accepter que je suis une fille à uniforme, que ma silhouette n’a rien de compliqué, qu’un pull, un top basique, un jean et des boots me suffisent pour me sentir à l’aise au quotidien. Que je fonctionne mieux avec moins. Je pense que je le savais au fond de moi depuis des années mais que ça semblait trop simple pour être honnête. Alors, pour répondre à Laure, la capsule wardrobe ça marche... mais effectivement peut-être qu'elle n'est pas faite pour tout le monde, ou pour tous les styles, ou pour tous les moments de la vie. Et c'est très bien comme ça.

It took me a while to get here, but I've finally acknowledged that I live best with a uniform and a super small wardrobe of knits, jeans, coats and black boots. 


J.A.C.



jeudi 13 novembre 2014

Ces achats intemporels… avec de longues parenthèses

Deux photos originales du style des années 90 + un visuel American Apparel de "ma" robe

Longtemps, j’ai eu une théorie : c’est que si tu as porté un vêtement, ou un style, dix, quinze ou vingt ans plus tôt, et que tu as arrêté, eh bien, ce n’est jamais une bonne idée de renouer avec dix, quinze ou vingt ans plus tard. Bon, ça, c’était quand j’avais tout un tas de certitudes et les théories qui allaient avec ;) Je me suis aperçue que c’était du grand n’importe quoi lorsque je me suis remise à remettre des Vans. Et l’expérience aujourd’hui de ma nouvelle robe noire le confirme.

Flash-back. Nous sommes dans les années 90 et je trouve chez Zara une robe noire qui copiait celles que faisait Calvin Klein à l’époque : un peu tente, mi-mollet, avec des poches, à la fois relax et confortable mais d’un minimalisme élégant. Typiquement nineties, disons. Je l’ai adorée, je l’ai portée, portée, portée, mais les achats Zara n’étant pas réputés pour constituer des investissements longue durée, j’ai fini par m’en débarrasser. Je l’ai longtemps regrettée : pas celle-là, précisément, mais son style. Jusqu’à ce que je tombe sur celle d’American Apparel : même forme tente, et un tissu nettement plus agréable, au passage. Elle me procure la même sensation de liberté que je ressentais déjà à l’époque, me fait la même silhouette fluide, sans la moindre fioriture… Nineties, évidemment, mais là où il y avait du fashion hier, il y a aujourd’hui de l’intemporel. La robe parfaite (pour moi). Quel que soit l’âge ou l’époque.

L.G.

mardi 11 novembre 2014

Le top des films qui ont nourri mon style



Je suis un peu à court d’idées de posts et je demande à Jeanne-Aurore de me poser des questions. « J’adorerais un top des films qui t’ont profondément inspirée vestimentairement » répond-elle. J’aime bien. Elle ne me demande pas le Top 10 des films les mieux habillés, qui revient un peu toujours aux mêmes Love Story / Funny Face / Belle de jour / Bonnie & Clyde and co. Elle me demande les films qui, moi, m’ont inspirée, profondément… Un sacré challenge, ce profondément ! Alors, sans fouiller dans mes archives, juste en me creusant la tête, et plutôt chronologiquement, je dirais…

Flashdance J’ai une dizaine d’années et je suis marquée à vie par le sweat gris oversize et tout ce qui laisse une épaule (une seule) découverte.

Génération 90 Les grandes robes à fleurs de Winona Ryder sont ma madeleine de Proust. Une autre marotte qui me vient de la même époque : la robe à bretelles portée sur un t-shirt, comme Julie Delpy dans Before Sunrise.

Friends Je sais, c’est une série… Mais je tiens ses dix saisons et ses plus de deux-cents épisodes responsables de mon addiction aux basiques des années 90 ! Et aussi de cet acharnement, qui m’a longtemps poursuivie, à m’habiller tous les jours différemment.

The Vampire Lovers Cette série B des années 70 me donne le goût du vintage, tellement les costumes, des robes à taille Empire, me semblent désirables, tout en ayant l’air d’avoir déjà servi sur un autre tournage.

Sue perdue dans Manhattan Les pantalons cigarette, les ballerines, le foulard, les lunettes noires… Et puis surtout cette idée de rester tirée à quatre épingles en toutes circonstances (en l’occurrence : homeless). 

Vous avez un message Hier comme aujourd’hui, toute la garde-robe de Meg Ryan me parle. Du minimalisme nineties qui ne vieillit pas : je suis fan (et toi aussi, Jeanne-Aurore !). 

Sex & the City Pas le, ou les, film(s). La série. Comme les filles du monde entier, j’ai souvent copié des looks vus sur Carrie, Miranda, Charlotte ou Samantha, mais surtout, en voyant et en revoyant la série, j’ai appris qu'on pouvait s'amuser avec ses vêtements, expérimenter - et même parfois, se planter.

Sex Boat C’est peut-être shocking, c’est un film X des années 70, mix de La Croisière s’amuse et de Certains l’aiment chaud… Mais comme dans tous les films de cet âge d’or, né en Californie, les filles, lorsqu’elles ne sont pas déshabillées, sont sapées exactement comme je fantasme de l’être : hyper glamour, mais avec une touche relax complètement côte Ouest américaine.

Les Seigneurs de Dogtown Dans les années 2000, mon côté dadame m’a un peu lassée… Ce film de skateurs cools m’a montré une nouvelle direction !

Manhattan J’ai redécouvert récemment la silhouette pas du tout Annie Hall de Diane Keaton dans ce Woody Allen de 1979 : jean brut droit, chemise, veste et escarpins, du pur masculin-féminin.

Begin Again C’était cet été, et j’ai adoré aussi bien les combos jean élimé-pull dégoulinant que les petites robes imprimées de Keira Knightley.

L.G.

lundi 10 novembre 2014

La citation du lundi



« Comme je traversais le living-room, je vis Eileen descendre l’escalier, en pantalon blanc et spartiates, avec une chemise bleu pâle. »

Raymond Chandler dans The Long Goodbye

(Illustration : dans l'adaptation de Robert Altman en 1973, Elliott Gould face à l'héroïne, jouée par Nina Van Pallandt, avec un look sublime mais plus seventies...)

vendredi 7 novembre 2014

Choix

Scan : l'armoire essentielle


Je suis très déstabilisée par l’abondance de choix. Le menu de restaurant pléthorique, le rayonnage débordant de vingt déclinaisons de lessive, l’armoire remplie à craquer : des ennemis pour mon cerveau qui a le talent de transformer les décisions les plus banales en tragédie (« ô rage, ô désespoir, quel assouplissant acheter ? »). Pour contrer cette tendance à la dramatisation, et dans l’espoir de résister au marketing qui, bien entendu, aime beaucoup jouer sur les nerfs des hypersensibles de l’achat dans mon genre, j’ai depuis mis en place quelques stratégies.

Par exemple, pour les achats du quotidien (lessive, dentifrice, yaourts), j’ai décidé une bonne fois pour toute d’une liste de produits de base, et je m’y tiens. Quand je dis de base, c’est-à-dire que je me tiens à la base, j’achète mes yaourts les plus simples, natures, et j’ajoute moi-même du miel ou de la confiture si je veux les aromatiser. Je prends la lessive la moins chère, celle qui promet juste de laver mon linge, et affiche l’emballage le plus simple. Au supermarché, je fais donc mes courses (quasi) les yeux fermés. Idem pour mes soins, que j’ai réduit à des ultrabasiques, pour ma papeterie que je choisis iconique (les mêmes cahier Muji à couverture noire et post-it carrés jaunes rachetés fidèlement). Pour ma garde-robe de tous les jours, j’essaye aussi de plus en plus de m’en tenir à ce raisonnement. Un jean ? Le brut APC sans fioritures. Un t-shirt ? Le Petit Bateau ou Gap à col rond, le même que mon fils. Un peu austère comme Paul (enfin, pas pour moi qui aime le barbant), mais diablement efficace pour m’éviter les migraines en magasin.

Et puis, une autre de mes tactiques, confrontée à trop de choix, c'est de me recentrer sur mes besoins/références/préférences personnels. Par exemple, récemment, j'avais envie d'un nouveau produit pour le teint. Ma solution : je me suis d’abord demandé quel contenant m’attirait (un format nomade, mini), quelle texture (légère et unifiante, sans être desséchante), quelle marque (en ce moment, j’ai envie de Japon et ma mère ne jure depuis des années que par son fond de teint Shiseido). Du coup, pas d'errance en magasin à hésiter entre des dizaines de marques, produits, textures, mais une visite directement chez Shiseido d'où je suis repartie avec ce fond de teint : fluide, unifiant, hydratant et très pratique dans un flacon compact.

N.B. : Le visuel ci-dessus est un shopping paru dans un numéro de "20 ans" en 1996, que j'avais découpé et collé dans mon cahier d'inspiration de l'époque. Il m'accompagne depuis tout ce temps car il résume à lui tout seul tout à ce quoi j'aspire en terme de simplicité, d'intemporalité, de shopping évident.

My current quest for simplicity - as illustrated by this tear off from a 1996 issue of "20 Ans" which has been a reference for me throughout the years -, has recently led me to streamline everything down to the way I shop for everyday items. My strategy: to stay away as much as I can from complicated offers, too much choices and reduce any shopping dilemma by going back to the most simple, most basic of solutions and also listening to my needs before anything else. So far, so good.

J.A.C.

jeudi 6 novembre 2014

Question-réponse : qui gère (et comment) la garde-robe des enfants





Jeanne-Aurore à Laure : Et si on parlait de la garde-robe... de tes filles ? comment tu la gères ? est-ce que tu achètes beaucoup, en fonction des besoins, comment tu ne t’arraches pas les cheveux à habiller deux enfants ? que fais-tu des vieux vêtements ? comment fais-tu si on t’offre des fringues que tu n’aimes pas ? et quid de la plus grande bientôt ado et peut-être avec des demandes que tu dois négocier ? 

Laure à Jeanne-Aurore : Tu connais peut-être ce mode de pensée américain qui dit que les enfants doivent être libres de choisir ce qu’ils portent afin de pouvoir s’ex-pri-mer (même Sofia Coppola est d’accord, je l’ai lue prôner ça dans une interview, disant que ça la choquait de voir « children in navy blue »). Eh bien… je me situe radicalement à l’opposé de ce point de vue ! On pourrait dire que je suis une Folcoche fashion avec mes enfants, mais en réalité, je considère simplement que cela fait partie de l’éducation, au même titre que le droit à regarder tel dvd et pas tel autre, le devoir de manger des légumes verts plutôt que des chips… Je ne vois pas pourquoi je dirais non à un paquet de bonbons et oui à un t-shirt Dora. Et puis, choisir les vêtements de ses enfants, pour moi, ça véhicule aussi une idée de transmission : tu transmets qui tu es, tes goûts, tes valeurs, plus tard, ils seront libres de prendre ou de rejeter, mais au moins, tu auras essayé de leur faire passer quelque chose.

Après, je dis ça, mais je fais aussi certaines concessions… Des concessions réfléchies, elles lâchent un peu de lest (ok pour la couleur, mais pas cette couleur !), et moi aussi… Par exemple, j’ai longtemps refusé le t-shirt Eleven Paris (en photo), arguant qu’elles ne connaissaient ni Kate Moss, ni Lenny Kravitz ni qui que ce soit qui était imprimé dessus. Jusqu’au jour où je suis tombée sur le visuel Marilyn : comme elles la connaissent, la reconnaissent, qu’elles ont vu certains de ses films, que ça a du sens, je le leur ai offert. Car de manière générale, elles sont très au courant de mes goûts, de mes faiblesses aussi, elles savent parfaitement si je vais dire oui ou non ; elles en jouent, parfois. Et ce qui est assez touchant, c’est de voir qu’au fil des années, des goûts assez similaires se dessinent, et qu’elles sont spontanément attirées par des choses qui me plaisent également. Des choses que je n’aurais peut-être pas sélectionnées délibérément, mais que, à travers leur regard d’enfant, j’aime et je trouve pertinentes. Comme quoi je leur transmets, mais elles me transmettent aussi !

On adore se retrouver toutes les trois dans des enseignes type Zara ou Gap, ou Old Navy à Los Angeles (la fast-fashion, pour les enfants, je trouve ça très cohérent), elles essaient plein de trucs improbables, et on repart avec d’énormes sacs. Je me sens toujours très coupable de leur faire vivre cette griserie consumériste, mais c’est tellement un moment de complicité et de rire que bon, je mets mes principes au placard, et j’en profite à fond avec elles. Mais ça reste exceptionnel : la capsule wardrobe, c’est aussi valable pour elles ! Surtout pour elles, d’ailleurs : elles grandissent tellement vite… Donc au quotidien, j’achète strictement en fonction des besoins, et sans elles. Je vais chez Petit Bateau et je dis : elles ont chacune besoin d’une robe et d’un pull. C’est vraiment moi qui gère.

C’est moi qui gère… à tel point (je sais que ça peut paraître aberrant, mes filles ayant 8 ans et 11 ans) que je choisis leurs vêtements de la journée. C’est le seul moyen pour qu’elles aient bien un pull quand il fait froid, qu’elles ne mettent pas le chemisier super pénible à laver et à repasser pour traîner à la maison, ou qu’elles n’attrapent pas machinalement toujours le même t-shirt. Je sais que l’idéal serait que l’on fasse ça ensemble et que je leur dise : aujourd’hui, tu as sport, aujourd’hui, les températures baissent, donc choisis en conséquence. Mais j’avoue que tous les jours, la perspective m’enquiquine, et qu’elles ne sont pas spécialement demandeuses. Je crois qu’elles se sentent simplement à l’aise dans ce que je leur propose : je les connais bien, donc je sais, je pense, ce qui leur correspond. 

Pour répondre à tes autres questions : 

- j’ai résolu le problème d’habiller deux enfants… en les habillant pareil (ça aussi, je sais, c’est mal). J’achète très souvent les mêmes vêtements pour les deux. Ou alors, je varie la couleur, la grande, sérieuse, préfère d’elle-même les couleurs neutres, tandis que la petite, plus délurée, pétille en couleurs vives – mais à part ça, la robe, ou le t-shirt, sera le même. Et au moment de s’habiller, je décide « Toutes en marinière », ou « Toutes en jupe à pois »… Cela ne pose pas de souci les jours d’école, l’une étant au primaire et l’autre au collège. Quand on sort ensemble, je fais quand même attention, j’évite le côté jumelles. Mais il est clair que tu n’en verras jamais une en jupe et l’autre en pantalon, si la météo et le programme sont identiques pour les deux ;)         

- les vieux vêtements… Pendant longtemps, la cadette a récupéré ceux de l’aînée, mais c’était en plus, je ne voulais pas qu’elle n’ait que ça. Aujourd’hui, la plus petite fait la même taille que la grande, donc… En tous les cas, la direction finale, c’est Emmaüs. 

- aaaah, le cauchemar des fringues qu’on t’offre et que tu n’aimes pas ! J’essaie de m’en débarrasser discrètement, sauf, bien sûr, si ça plaît vraiment à mes filles. Car il y a des fois où, c’est comme ça, tes enfants portent des trucs que tu n’aimes pas, et tu encaisses !

- mon aînée bientôt ado… mais un rêve d’ado, alors ! Je ne sais pas ce que ça donnera dans deux ans, mais pour l’instant, elle ne m’a pas encore réclamé de piercing ;) Je pensais qu’en entrant dans un collège américain, elle se mettrait à, au mieux, vouloir du Abercrombie & Fitch, au pire, virer gothique, mais en réalité, elle reste exactement comme elle l’a toujours été : coquette, appréciant les jolis détails… Pas du tout intéressée ni stressée par les marques. Dans le droit fil de l’enfance et de ce qu’elle a toujours été, finalement. Même si (c’est ma fille) elle est capable de lire une étiquette, et fait la moue quand elle lit « 100% polyester » !

L.G.

mardi 4 novembre 2014

La capsule wardrobe fonctionne-t-elle pour tout le monde (enfin... pour moi) ?

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Jeanne-Aurore et moi avons toujours prôné la capsule wardrobe : dans nos livres, dans nos discussions, sur ce blog… Pourtant, est-ce que la capsule wardrobe est vraiment un concept pour tout le monde ? D’ailleurs…. est-ce que la capsule wardrobe est vraiment un concept pour moi ?

Je me demande. Vivre avec une capsule wardrobe a toujours été mon fantasme. Pas mon ambition, justement : mon fantasme. Peut-être déjà le signe que quelque chose ne colle pas… Parce qu’à l’heure où je l’ai réalisé, ce fantasme, où je suis partie vivre à l’étranger avec quelques pièces triées sur le volet, qui m’ont tout de suite ravie, et qui continuent de me ravir, parce qu’elles forment un ensemble parfaitement cohérent, rigoureusement sélectionné, sans boulet qui plombe le moral, sans nécessité de cogiter pour porter telle pièce délaissée, ou assortir telle autre un peu plus compliquée… eh bien, à l’heure où je la vis, ma capsule wardrobe, j’ai des doutes quant à savoir si c’est bien « moi » ou pas.  

Parce que je le vois : je me lasse de porter sans cesse les mêmes choses, ce n’est pas qu’elles me sortent par les yeux, c’est simplement qu’elles me frustrent, je me dis ok, je pourrais très bien mettre ça, mais je la connais par cœur, cette silhouette, j’aurais envie de trouver autre chose, de laisser jouer ma créativité, de me surprendre moi-même. D’assortir, d’accessoiriser : de m’amuser. Ce truc que je prônais assez naïvement dans mes (dans nos) premiers livres, et que j’ai délaissé dans une démarche peut-être un peu trop radicale. Je vois aussi que je suis toujours très heureuse d’ajouter régulièrement des petites choses, une robe dégotée en soldes par-ci, une paire de sandales vintage par-là. En fait, je sens qu’a de nouveau envie de s’exprimer ce que Jeanne-Aurore a un jour désigné par mail comme mon côté « gentiment caméléon » (= faire bouger doucement mon style, et avoir de quoi répondre à des envies différentes). 

Mais je reste prudente, dubitative, partagée. Je continue d’être angoissée par la perspective du trop-plein, de croire au less is more, et d’opposer le slow chic face à l’idée de fast fashion. J’ai aussi aimé découvrir par moi-même à quel point je n’avais pas besoin de beaucoup, à quel point trois robes, trois t-shirts et une jupe pouvaient me faire un mois. Et puis, j’apprécie énormément le confort au quotidien de la capsule wardrobe, ce côté un peu pépère, qui consiste à porter peu ou prou le matin ce qu’on portait la veille. No brainstorming (mais aussi, au bout d’un moment : no fun…).  

Ce qui s’est passé, c’est qu’en août, septembre et début octobre, la météo californienne m’a un peu forcée la main, sur la capsule wardrobe, les températures caniculaires n’autorisant qu’une poignée de pièces, les plus light, les plus amples. Un systématisme devenu ennuyeux comme la pluie ! Cela va mieux depuis une quinzaine de jours, on en est arrivé à ce temps désertique assez bizarroïde où il fait chaud l’après-midi (ambiance jupe, t-shirt et sandales) et froid le soir (ambiance je rêve d’hiberner dans une grotte de cachemire). Cela me permet de pêcher un peu plus largement dans ma capsule wardrobe, d’être moins frustrée, donc, et d’injecter enfin un peu d’inspiration ou de création avec des pulls, des superpositions, des foulards. 

Il n’empêche : j’ai démarré une liste de choses à rapporter de mes placards parisiens lorsque j’y retournerai à Noël. Rien dont j’ai objectivement besoin, j’avoue. Juste de quoi ajuster un peu ma capsule wardrobe au prisme de mon caméléonisme – oui oui, ce mot existe.

L.G.

lundi 3 novembre 2014

La citation du lundi

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"Moi, la mode, je déteste ! J'ai porté les robes d'Yves 
[Saint Laurent] pour lui faire plaisir, et aujourd'hui, je suis habillée comme un mec grâce à Hedi Slimane, qui est tombé du ciel pour moi. J'ai fait le choix que j'ai toujours voulu faire : m'habiller chez les hommes."

"Me, I hate fashion! I wore Yves' [Saint Laurent] dresses to please him, and today, I'm dressed like a guy thanks to Hedi Slimane, who's a godsend for me. I've made the choice I've always wanted to: dressing by borrowing from the boys."

Betty Catroux dans Elle

vendredi 31 octobre 2014

Essentiels : Yoga


Dans mes essentiels, je liste habituellement des cosmétiques, des accessoires ou des vêtements. Mais aujourd’hui j’ai envie de vous parler de ce qui est mon vrai essentiel en ce moment, bien plus que le jean ou les boots noires (même s'il est hors de question que j’abandonne les jeans et les boots noires, sinon comment Laure me reconnaîtrait quand elle sera en visite de LA ?) : le yoga.

La semaine dernière, j’ai dû rater un de mes cours en raison du travail et au lieu de ressentir le soulagement type « cool, une bonne excuse pour ne pas me bouger », j’ai passé la journée à regretter ce cours manqué. C’est là que j’ai compris que ma pratique du yoga m’était devenue essentielle.

J’ai découvert le yoga  il y a vingt ans, grâce à un ami plus âgé, yogi convaincu. A l’époque, je ne ménageais pas beaucoup mon corps. J’oscillais entre le sport à fort impact pratiqué sans modération (jogging, salle de sport) et le n’importe quoi absolu (MacBouffe, clope). J’avais du mal à aimer mon corps, je ne savais pas le traiter avec tendresse, encore moins respect. Je prenais pour acquis qu’il était là, fonctionnel, apte, encaissant sans moufter tous les (mauvais) coups que je pouvais lui porter. Un jour, j’ai donc surmonté mes a priori sur le yoga - que j’envisageais comme un genre de secte pour mangeur de boulgour et gâteaux au tofu, bref, pas du tout moi -, et je me suis inscrite à un stage pour débutants. Alors que je m’attendais à éclater de rire au nez du premier qui me demanderait de chanter « om », je me suis instantanément sentie à ma place sur mon tapis de yoga. Après le premier cours, c’était comme si le poids qui pesait sur ma tête – et mon corps – depuis des années, avait été enlevé. J’ai suivi mon stage assidûment puis suis devenue une pratiquante régulière. Pour la première fois, je pratiquais une activité physique dont le but n’était pas la minceur ou une musculature parfaite (même si le yoga est un moyen excellent de renforcer son corps) mais une forme d’équilibre intérieur, réconciliant l’enveloppe corporelle et, pour utiliser les grands mots, l’âme.

J’aurais pu en rester là, pratiquer sereinement. Sauf que, j’ai évidemment trouvé ça trop simple. Après dix ans de pratique régulière, j’ai commencé à me détacher du yoga. J’ai tenté des pratiques plus à la mode (pilates, qi gong) et j’ai surtout été gagnée, lentement et sûrement, par l’inactivité. Le yoga me manquait, mais une part de moi - la part maso ? -, m’empêchait de retrouver le chemin des cours.

Et puis, en cette rentrée, un déclic. Comme avec les cheveux courts, j’ai su qu’il était temps de passer à l’acte et j’ai retrouvé le chemin du « mat ». J’ai d’abord commencé à pratiquer à  la maison, cinq minutes par-ci, un quart d’heure par-là. De quoi me permettre de redécouvrir le plaisir des mouvements, des postures debout, de la relaxation. De quoi me mettre face-à -face avec mon corps qui n’a plus vingt ans mais bientôt le double. Qui est donc un peu plus rouillé, fatigué, crispé qu'avant. Du coup, quand je me suis enfin décidée à suivre à nouveau un vrai cours, je me suis retrouvée dans le vif du sujet du yoga, qui est avant tout une pratique de l’humilité. Un apprentissage de ses propres limites, de ses difficultés, que l’on est invité à apprivoiser, regarder dans les yeux, accepter. 

Mon premier cours, je l’ai passé quasiment entièrement à pleurer après que la professeur nous ait invité à « laisser partir tout ce qui est superflu, tout ce dont vous n’avez plus besoin » avec chaque respiration (mon fameux ami yogi m’avait souvent parlé des réactions extrêmes qui peuvent survenir durant les cours, type crise de fou rire ou de pleurs, mais je n’en avais jamais fait l’expérience). Alors j’ai tout laissé partir, en effet. Mes anciennes batailles avec mon corps de jeune femme. Mes nouvelles frustrations avec mon corps de presque quarantenaire.  En sortant du cours je me sentais toute neuve. Depuis, deux fois par semaine et plus si je peux, je file au studio de yoga avec impatience. Les jours de cours, j’ai hâte d’y être et si je dois les manquer eh bien c’est une vraie douleur. Bref, c’est vraiment devenu mon essentiel.

More than any jeans or boots (even though I have no plan on giving those up- I mean how else is Laure going to recognize me without those when she comes to visit from LA?), yoga has become my one true essential.

J.A.C.

mercredi 29 octobre 2014

De l’influence des rayons californiens sur ma beauty routine…



Petite question de Jeanne-Aurore, qui me demande ce que venir m’installer dans le climat chaud et l’atmosphère relax de la Californie a changé de ma beauty routine… Eh bien, je serais tentée de répondre à la fois tout, et rien. Rien, parce qu’à force de voyager, même aujourd’hui de m’exiler, j’ai appris que l’on avait beau partir loin, on restait toujours le ou la même, et que donc, consommatrice de produits je suis, consommatrice de produits je resterai partout où j’irai ! Mais la bonne nouvelle, c’est que l’on peut malgré tout évoluer, s’adapter, et c’est ce que je vais raconter.

J’ai déjà détaillé un jour ma routine parisienne sur ce blog : ultra rapide, parce que je suis du genre impatiente et pressée, mais quand même bourrée de produits de toutes sortes, parce que j’ai donc la fibre légèrement consommatrice ;) Or cet été, en vacances, lorsque ma valise m’a été franchement pénible à tirer durant mon périple, je me suis demandée… est-ce que la responsable ne serait pas, un peu, ma trousse de toilette à la lourdeur mammouthesque ? 

Si. Ma première envie ici a donc été de réduire le nombre de tubes et de pots. Par exemple… 

-  j’ai arrêté la mousse nettoyante le matin, j’utilise, avant de passer dans la douche, un coton imbibé d’eau micellaire. La même que pour le démaquillage du soir : et hop, une bouteille en moins. Il paraît aussi que c’est moins desséchant pour la peau. 

- j’ai mis fin à la division sérum de jour / sérum de nuit, crème de jour / crème de nuit : désormais, les mêmes produits doivent pouvoir me servir de jour comme de nuit. Et j’arrête de croire aux arguments marketing qui me poussent à la multiplication.

- je ne fantasme plus sur l’idée d’être une fille qui se fait régulièrement des masques, car en général, j’ai tous les soins qu’il faut, mais systématiquement la flemme de les utiliser.

- je ne fantasme plus non plus sur l’idée d’être une fille qui se met du parfum et à laquelle on demande sans cesse sa fragrance : sur moi, les jus soit cocottent, soit ne tiennent pas. Et puis, l'idée de se parfumer dans une perpétuelle ambiance de vacances semble... superflue.

Ça a été la première étape. La seconde, c’est lorsque je me suis aperçue que, sous le climat brûlant/transpirant, je commençais à avoir des boutons. Il faut dire que j’avais gardé la même routine qu’à Paris, avec plein de sérum et de crème matin et soir, dans l’idée de bien bien bien protéger ma peau, et qu’en prime, j’y avais ajouté les (indispensables) couches d’écran total, réappliquées à longueur de journée. Il paraît que le mille-feuille à la coréenne fait des miracles sur les peaux des Asiatiques, mais il est clair que sur moi, ça ne fonctionnait pas. 

Il fallait donc alléger. Par exemple…

- j’ai commencé à avoir la main beaucoup, beaucoup, beaucoup plus légère à l’application. C’est idiot, mais je crois qu’on a souvent tendance à appuyer trop de fois sur la pompe ou à se servir trop généreusement dans la crème, en se disant que la peau en a besoin, que les promesses anti-rides, anti-ceci ou anti-cela seront plus efficaces, non ? 

- le soir, j’ai arrêté d’additionner sérum et crème pour ne garder que la crème. 

- j’ai zappé tous les produits anti-boutons que j’avais en France, il pesaient trop dans ma trousse, et en plus, j’avais l’intuition qu’ils n’étaient pas très utiles : que mieux valait trouver les bons produits sur le long terme et les bons dosages. 

- surtout, moi qui étais tout de même très branchée bio, jusqu’à expérimenter les formules parfois les plus improbables, j’ai décidé de m’en tenir aux produits dermato, renonçant même aux Nuxe et autres Sanoflore que pourtant j’adorais.  

Donc pour conclure, je ne dirai pas que ma routine beauté a fondamentalement changé, il y a même pratiquement le même nombre d’étapes qu’auparavant, mais disons qu’elle est devenue plus resserrée et plus exigeante. Et j’ajouterai… que ça aurait très bien pu se passer en France. Cela faisait quelques temps que le sujet me titillait, d’un côté la masse des produits, de l’autre une peau pas toujours nickel… En réalité, les vraies différences, entre Paris et L.A, c’est qu’à L.A, la crème solaire est obligatoire, mais en revanche, le fond de teint absolument inutile ;) 

Oh, et j’oubliais… les cheveux ! Un sacré problème, ça, les cheveux, puisque sous le cramage du soleil, ils ressemblent à ceux d’un épouvantail. Moi qui étais fidèle à la gamme Klorane, douce, rassurante, je suis passée à des shampoings et des masques Neutrogena, hyper hydratants, hyper gainants (et peut-être hyper chargés de silicone). Bien encombrants, aussi, dans la trousse de toilette. Mais lorsque je suis partie récemment une semaine, je les ai laissés à la maison, j’ai fait ce que savent faire les vraies Californiennes : lâcher prise. Comme quoi j’ai aussi un peu changé, finalement ;)

L.G.