vendredi 27 mars 2015

Old thing



A la suite de Laure, j’ai eu envie de me pencher sur ces vêtements qui sont, de longue date, les pensionnaires de mon placard. Comme elle, l’idée me taraudait : moi qui ai claironné à longueur de posts être en quête d’intemporels, en avais-je vraiment en ma possession ? Je coupe court tout de suite au suspense : pas tant que ça. Et ça ne me choque pas vraiment. Je reviendrai plus loin sur cette idée, mais en préambule, disons déjà qu’après des années de tris et rechutes, après mon projet armoire 2.0. dont le but était justement de repartir de zéro, je ne suis pas étonnée de n’être pas la propriétaire d’une collection de trésors vintage. Et que, au final, je me rends compte que ce n’est pas mon but.

Quoiqu’il en soit, les quelques survivors que je détiens ont ceci d’intéressant (enfin, relativisons, intéressant pour moi) qu’ils tracent en creux mon parcours d’acheteuse, entre choix intelligents et dérapages délirants.

Il y a d’abord le foulard japonais (circa 1998-9), celui qui aura survécu à tous les tris, celui que mon fils aujourd’hui, cet escroc, s’est approprié pour en faire un doudou, celui que je me rappelle avoir porté hiver comme été avec mon combo favori de l’époque, jean brut APC sur les fesses, T-shirt Petit Bateau sur le dos, boots ou Adidas aux pieds. Outre que son imprimé d’hirondelles printanières provoque chez moi une JOIE (© Marie Kondo) irrépressible, je crois que je l’aime aussi parce qu’il est talisman, gri-gri me ramenant à cette époque où j’étais capable d’acheter « sainement », piochant en début de saison quelques basiques auprès de deux-trois marques qui correspondaient à mon budget et à mon goût (APC, Agnès B…), que je complétais par des encore-plus-basiques de chez Petit Bateau ou Gap. Et c’était tout. Je ne passais pas ma vie à shopper, je n’avais pas besoin de « détoxer » mon armoire dans la mesure où elle était en très bonne santé. Un fonctionnement sans histoire que je me suis empressée de jeter aux orties.

Autre pièce à conviction et autre étape de mon armoire, le portefeuille increvable (circa 2001). J’en ai déjà parlé ici, je ne vous refais pas son historique. Cet objet a marqué un tournant pour moi, il est sans doute le dernier achat un peu malin et serein que j’ai fait durant la décennie 2000. J’avais mon premier job, mes premiers salaires, plus d’argent à dépenser, la tête farcie des looks schizophréniques de Carrie dans « Sex & The City », H&M et Zara se déployaient à chaque coin de rue parisien. Bref : j’étais prête à sombrer dans la surconsommation, les looks jetables, à nier mon goût profond pour les choses simples et anonymes. J’ai donc déconné. Big time. J’avais beau avoir ce portefeuille comme preuve de ma capacité à faire des achats sensés, je me suis mise à acheter sans réfléchir, sans compter. J’ai sombré dans le flou, un flou qui était aussi celui de ma fin de vingtaine, où j’étais en quête d’une direction professionnelle, ballotée par des histoires d’amour qui n’en étaient pas, bref, j’achetais pour me consoler, pour me raconter que ça allait s’arranger, pour me faire croire qu’une jupe, un pantalon, un pull allaient m’aider à définir cette identité que j’avais tant de mal à cerner ou à séduire tel garçon qui se moquait éperdument de moi.

Et c’est là que j’ai décidé de faire une thérapie. Mais, ça, c’est une autre histoire. Quoique. Si vous avez déjà consulté un psy, freudien en plus, ou regardé un jour un film de Woody Allen, vous savez que s’allonger sur le canapé a un certain coût. Et quand j’ai décidé de consulter, comme on dit, c’est sans doute la première fois que j’acceptais de consacrer un budget destiné à mon bien-être, à mon mieux-être même, à autre chose que des fringues. Révélation, révolution. Pas tout de suite suivi d’effet, malheureusement.

Mais j’ai néanmoins commencé à m’interroger, à regarder mon armoire d’un autre œil, à rêver d’une « armoire idéale » même si à l’époque elle était plus de l’ordre du virtuel (cf. le livre publié avec Laure dans ces années-là) que du réel. Et puis, lentement, sûrement, quoique chaotiquement, les choses ont commencé à évoluer.

Et c’est là qu’entre en scène le pardessus intemporel (circa 2009). Avec lui, c’était la première fois en près de dix ans que je décidais de m’offrir un beau vêtement, en renonçant à des dizaines d’achats inconséquents. La première fois que  j’acceptais de me dire, ok chérie, on arrête les conneries. Non pas que je les ai arrêté tout de suite. Mais avec ce manteau dans mon placard, c’était soudain comme avoir mon but sous les yeux. Non pas une armoire de luxe, ou remplie de « grands noms » (même si je l’ai cru à un moment) mais une armoire qui tienne la route, qui me rende heureuse, remplie uniquement de vêtements, d’accessoire, qui me feraient autant sourire que ce portefeuille, ce manteau, ce foulard.

Et bizarrement – ou peut-être pas, d’ailleurs – cette prise de conscience a aussi coïncidé avec une forme de lâcher prise graduel sur la notion d’intemporel. Car mon très beau manteau de 2009, tout aussi classique et qualitatif soit-il, à force de le porter et reporter, commence à montrer des signes d’usure qui le rendront prochainement peu glorieux. Est-ce un drame, un échec ? Non, juste le cycle normal d’un placard. A l’époque de l’achat de mon foulard, lorsque j’achetais en toute sérénité, je le faisais sans rêve que les objets durent une vie. Je portais mon jean brut, mes Adidas, mes Petit Bateau, jusqu’à ce qu’ils ne soient plus présentables, puis je les remplaçais, reconnaissante d’avoir été si bien servie par ces achats. Aujourd’hui, j’ai retrouvé cet uniforme de mes vingt ans (« la boucle est bouclée », etc. ), j’ai remis en pratique le principe enseigné par mes grands-mères (investir dans un manteau et des chaussures de qualité), et je me dis qu’hormis quelques exceptions (mes bijoux portés au quotidien, ma besace en cuir), il n’y a rien de fondamentalement increvable dans mon armoire. Et que le renouvellement de ces vêtements, du moment qu’il se fait au fil de l’usure et non par caprice,  n’a rien que de très naturel.

Jeanne-Aurore


mardi 24 mars 2015

Ma garde-robe durable… a-t-elle vraiment duré ?

Donc : le doyen de mon armoire.

Jeanne-Aurore et moi parlons souvent de durabilité et d’intemporalité sur ce blog… Et puis parallèlement, nous passons notre temps à prôner le tri et à trier nous-mêmes ! C’est ce paradoxe qui m’a fait m’interroger : qu’est-ce qui a réellement duré jusqu’à aujourd’hui dans ma garde-robe ? 

Si j’ouvre mon armoire, il me semble que le vêtement le plus ancien que je possède et que je porte encore régulièrement est un gilet Claudie Pierlot. Il est en laine noire, de forme un peu carrée, avec des gros boutons, des poignets travaillés : j’ai toujours adoré ses détails. Et question qualité, il me suit au fil des années. Je l’ai acheté aux alentours de 2003, à une époque où c’était encore la vraie Claudie Pierlot qui dessinait les fringues Claudie Pierlot et où l’on pouvait les voir durer des années ;)

Sinon, comme je tiens depuis 2004 la liste de TOUS les vêtements que j’achète (la folle de service, c’est moi), je suis allée jeter un œil à mes vieux fichiers sur ordi, et découvert qu’il ne me reste RIEN des années 2004 et 2005, pourtant marquées chacune par… je dirais au moins une centaine d’achats à la louche. Il ne me reste rien, si ce n’est de merveilleux souvenir : car quand je lis le descriptif de chaque pièce, je me revois les avoir portées beaucoup, et avec toujours énormément de plaisir. Des robes Topshop, H&M, mes premiers investissements chez Ba&sh et Zadig & Voltaire, des choses sans marques dégotées au hasard des vacances… Des achats spontanés, enthousiastes, joyeusement portés. Je ne regrette pas, du coup. Je me dis même que ça aurait été dommage de passer mes vingt ans en pantalon noir et t-shirt noir, eussent-ils été de la meilleure qualité. Et puis l’achat éphémère, s’il est beaucoup porté sur une période donnée, a malgré tout du bon : il marque une époque, lui donne une couleur… C’est drôle, revenir là-dessus tendrait presque à me réconcilier avec mon passé de fast-fashion addict compulsive. Il n’empêche que j’écris le 7 septembre 2005, après l’achat d’un « trench non-ceinturé pour la demi-saison en toile de jute un peu rigide, couleur châtaigne, double boutonnage » chez Comptoir des Cotonniers : « mon ambition est de m’affranchir de mes stocks Zara / H&M et de me recomposer une garde-robe de beaux basiques »…

En 2006, je commence à voir arriver ces classiques qui ne me sont pas restés parce qu’ils se sont abîmés mais qui me suivent dans des versions remplacées : les t-shirts Petit Bateau, les ballerines Repetto, les sandales K. Jacques… Je commence à tenir mes intemporels. Et puis tiens, en septembre, les deux autres pièces les plus anciennes de mon placard (après le gilet Claudie Pierlot, donc) : mon caban A.P.C, que j’ai même montré ici un jour, et un short Gap, en laine noire et que j’adore pour l’hiver. 

Plus de choses me restent de 2007, il faut dire que j’ai été enceinte pour la deuxième fois, et que ça a changé mon rapport à la consommation. D’ailleurs, moi qui croyais que c’était en attendant ma première fille, en 2003, que j’avais commencé à m’affranchir de la fast-fashion, je m’aperçois que mon esprit me joue des tours… Cette année-là, Jeanne-Aurore me fait également découvrir un dépôt-vente qui a disparu depuis, dans lequel je suis toute ravie de pouvoir m’offrir des jolies pièces griffées. Mon placard prend une tournure plus haut de gamme, et plus durable. Plusieurs pièces font toujours partie intégrante de mon armoire, même si le pourcentage, malgré tout, reste faible, dans cette période d’entre-deux.

Si je jette un œil aux années plus récentes, je vois qu’en gros, depuis 2010, j’ai gardé tout plein de choses. Sauf : 

- tout ce que j’ai usé jusqu’à la corde (robes d’été lavées et relavées, chaussures ou sacs à main avachis)

- tout ce à quoi j’ai renoncé en prétextant mon âge (les manches ballons, les fronces, les cols Claudine, les nœuds, les petits boutons, les formes baby-doll, le moulant, l’étriqué, le court sur le bidon, les minijupes…)  

- tout ce pour quoi j’ai enfin osé dire let it go (les slims qui me compressaient les cuisses, les pantalons larges à taille haute qui me cisaillaient l’entrejambe, les talons hauts et tout ce qui de manière générale correspondait à ma vie fantasmée plutôt qu’à ma vie réelle)

- les erreurs d’achat pures et dures (trucs cheaps, chaussures pas dans la bonne taille, doublons évidents)

Le calcul de tout ça donne évidemment beaucoup de pertes… et beaucoup de vêtements conservés malgré tout. J’ai du mal à imaginer mon armoire dans dix ans : est-ce que j’aurais continué de garder plus que je ne jette, au risque d’une garde-robe aussi explosive qu’à mon époque fast-fashion, ou est-ce qu’il se fait malgré tout un écrémage naturel, qui fait que les pièces même belles finissent fatalement par s’en aller ? On en reparle dans une décennie ;)

Laure

lundi 23 mars 2015

L'inspiration du lundi : Tom


J'ai cette image dans mon dossier d'inspiration depuis un moment - au point où je ne sais plus trop bien comment je suis tombée dessus (Pinterest ? Google Images ? Ah, les méandres des Internets...). Bon, une chose est sûre, il s'agit de Tom Cruise, j'ai envie de dire aux environs de "Legend" - ce film de Ridley Scott avec ses licornes, son diable rouge et ses feux-follets, qui a été un des grands moments de ma jeune adolescence. 

Je sais que Tom est devenu un sujet controversé, à force de sauter sur des canapés en public et de scientologiser jusqu'au délire mais, punaise, Tom, quoi. Bon et surtout, on peut parler de cette coupe de cheveux géniale ? Qui aurait cru que Tom Cruise avait inventé le carré aux épaules dégradés parfait ? Je jure que si je me laisse repousser les cheveux un jour, c'est cette photo que je montre à mon coiffeur (il en a vu d'autres). Et ce pardessus en tweed gris légèrement oversize ? En partance directe pour une wish-list future.

Bon lundi à tous.

Jeanne-Aurore #fangirlforever


jeudi 19 mars 2015

Assez




Aujourd’hui, j’avais prévu de parler de mes cheveux. J’avais même le nom du billet à base de jeu de mot nullard : « Court toujours ». Et puis, ça a un peu bifurqué vers autre chose dans ma tête et donc sur la page. En réalité, c’est vrai, tout part de mes cheveux… Parce que, d’une manière ou d’une autre, tout est toujours lié aux cheveux dans la vie, non ? Pas pour rien qu’on parle de « bad hair day ». Ils peuvent salement vous pourrir la vie, ces abrutis. Ou l’améliorer. Ou tout simplement être le reflet de ce que vous traversez, en bien ou en mal.

Avec mes cheveux, comme avec tout d’ailleurs me concernant, j’ai toujours eu le sentiment qu’ils n’étaient pas assez. Pas assez jolis. Pas assez maniables. Pas assez comme dans les magazines ou comme ceux de ma copine X ou Y. Bref, pas assez parfaits. Car dans mon esprit, il fallait que les choses soient parfaites, ou ne soient pas. Je voulais une garde-robe parfaite. Je voulais le job parfait. Quand j’entreprenais un projet, je rêvais qu’il soit parfait. Et bien sûr, rien n’était jamais parfait. Je me plantais. Je n’arrivais jamais à écrire l’article idéal.  Mes cheveux n’étaient jamais comme dans les magazines. Mais j’avais la sensation que d’autres y arrivaient, que d’autre avaient les cheveux parfaits, la vie parfaite, le job parfait. Et moi je me retrouvais toujours avec cette sensation de n’être pas assez.

Je pense que mes cheveux ont compris avant moi qu’ils en avaient marre de cet état de fait, et que c’est eux qui m’ont poussé à tout couper. C’était il y a six mois, et sur le coup, j’étais persuadée que je ne les garderais pas courts. Je pensais que ce serait comme toutes les autres fois, une passade, et que j’aurais immédiatement envie de tout laisser repousser. Mais bizarrement, pour la toute première fois de ma vie, j’ai eu la sensation que les choses étaient bien comme ça. Assez bien comme ça. Pas parfaites, pas démentes, pas « je me la pète en couve d’un magazine », juste que ça m’allait comme ça. Que c’était suffisant. Que mes cheveux et moi nous étions suffisants. Qu’il n’y avait pas besoin de plus.

Je suis même allée de plus en plus vers le moins, en coupant davantage à chaque rendez-vous avec mon coiffeur. Snip-snip-snip. A chaque coupe, la sensation que des branches mortes tombaient. Le besoin de perfection. Le besoin de ressembler à un magazine. Snip-snip-snip. Partis-partis-partis tous ces besoins. Bye-bye-bye. Ne revenez plus.

J’apprends aujourd’hui à penser qu’il n’y a besoin de rien de plus. Pas besoin de cheveux plus longs et plus « glossy glossy » (j’ai eu l’autre jour une crise de fou rire devant une publicité pour une teinture qui prétendait produire cet effet – je ne sais pas trop ce qui me faisait le plus pouffer, l’adjectif idiot ou la promesse irréaliste). Pas besoin d’une vie plus parfaite. Ce qui est me suffit, enfin.


Jeanne-Aurore


mardi 17 mars 2015

1995 est-elle réellement transposable en 2015 ?

Les nineties version Emmanuelle Béart + Claude Sautet... et version Kate Moss ;)

J’en ai parlé environ 247 fois sur ce blog : je suis une grande nostalgique des nineties. Quelqu’un qui pense fermement que ce style minimaliste et strict mais quand même cool (on portait des tongs avec tout, même en ville, même en octobre) devrait toujours être d’actu. En même temps… Prenons mes sandales Marni à bout carré (très années 90, ça, le bout carré) achetées d’occase (je les ai montrées ici), j’ai hurlé « Nineties oh yeah ! » quand je les ai attrapées, mais c’est justement ce qui fait que j’ai énormément de mal à réellement les mettre. Je me sens légèrement anachronique dedans, un peu Hibernatus, celle qui n’a pas remarqué que la mode avait évolué. Les chaussures, c’est en général ce qui a le plus vieilli de cette décennie. On s’en aperçoit quand on regarde des épisodes de Sex & the City : les petites mules à bout pointu ne sont tout simplement plus possibles… 

Je me suis aussi posée la question de mon rapport aux années 90 l’autre jour en revoyant Nelly et Monsieur Arnaud, le dernier film de Claude Sautet, qui date pile de 1995. Emmanuelle Béart y a des looks fabuleux, totalement dans l’air du temps de l’époque : grands cardigans en laine, petit foulard, longues jupes en tissu épais, bottines, twin-sets ras du cou… (un lien intéressant ici) Mais si je la voyais porter ça aujourd’hui, est-ce que je la trouverais bien habillée ? A mon avis, non. Déjà, avec vingt ans de plus, cette allure qui, à l’époque, faisait raffinée, chic, bourgeoise dans le bon sens, ferait surtout mémé. Un slim et une veste ajustée sembleraient plus indiqués ;) Après, l’idée de chaque vêtement est parfaitement transposable dans nos années 2010. Mais pas en total-look. Et avec un petit twist.

Je m’explique. J’ai moi-même gardé quelques jupes longues de l’époque, et récemment, je me suis dit « Ben puisque je recommence à porter des jupes longues, ressortons-les du placard ! ». En réalité, je me suis aperçue qu’elles avaient une coupe qui ne correspondait plus aux exigences d’aujourd’hui – des hanches plus étroites, notamment. C’est assez imperceptible, on le sent en essayant. Mais le fait est que mes jupes longues achetées récemment sont soit plus évasées de partout, soit carrément droites, pas ce mélange des deux. 

En même temps (il y a toujours un « mais » dans mes démonstrations)… j’ai trouvé l’année dernière une jupe Miu Miu noire un peu trapèze qui date clairement d’il y a quinze ou vingt ans, et je la porte très régulièrement, en total-look, sans twist, avec des tongs et un t-shirt Petit Bateau à col rond, exactement comme on le faisait à l’époque. Et je n’ai évidemment pas l’air vintage, ni de vouloir me faire un look – mes deux hantises quand il s’agit de m’inspirer du passé. Comme quoi, 1995 peut être transposé en 2015. Parfois ;)

Laure

PS : Un lien ici qui se pose la question de l'actualité (ou non) des looks de Sex & the City...

vendredi 13 mars 2015

Question-réponse : Peut-on vivre avec le désordre des autres ?





Laure à Jeanne-Aurore : Pourrais-tu me dire, après ta lecture de « The Life-Changing Magic Of Cleaning Up », dont tu nous a vanté les mérites l'autre jour : comment rester zen face aux autres membres de la famille, qui, eux, ne trient pas (et peut-être ont-ils raison, dans la mesure où ils se sentent bien comme ça) ? Comment passer de manière détachée devant le barda de ses enfants ou le rasoir que son homme laisse traîner, sans avoir une irrépressible envie de tout remettre à sa place (ce que, en général, ils détestent) ?

Jeanne-Aurore à Laure : Ah Laure, Laure, Laure, comme je te comprends. Le barda des enfants (dans mon cas, la collection complète des figurines de Cars et Planes, en résidence permanente partout dans la maison sauf là où je le souhaiterais, c’est à dire ce satané bac à jouets) ! Le rasoir traînard ! Le conjoint qui assimile le rangement à une initiative aussi saugrenue, si ce n’est plus, que de déménager en Papouasie Nouvelle Guinée pour ouvrir une crêperie bretonne ! Mais oui, je connais ! C’est moi, ça ! Donc autant dire : tu as frappé à la bonne porte avec ta question.

Cela dit, pas sûr que tu aimes ce que j’ai à te dire. Car ma réponse est la suivante : je ne suis pas sûre qu’on puisse rester zen et détachée face au barda des autres si l’on est soi-même du genre rangé, Marie Kondo et « magie du rangement » ou pas. Ce n’est tout simplement pas possible. On ne peut pas nous demander ça. Ce serait comme nous demander, je ne sais pas, de décider qu’Outsiders n’est plus le meilleur film du monde. Ou que la mode des nineties était beurk. C’est juste infaisable. Nous aimons l’ordre et ceux avec qui nous vivons trouvent le chaos « créatif ». Nous sommes comme ça. 

Après, et c’est une première incitation à prendre du recul, peut-être faut-il se demander pourquoi nous, les rangées, les disciples de l’essentiel, nous retrouvons à partager nos vies avec des barbares amateurs de bazar. Cruel tour du karma ? En réalité, si je m’imagine vivant avec deux autres moi-mêmes adeptes du tri et du rangement, en lieu et place des amateurs de chaos qui partagent ma vie, je dois dire que ça me fait un peu froid dans le dos. S’il ne tenait qu’à moi, tout ne serait que boîtes de thé rangées au cordeau et murs blancs. Mais serait-ce mieux ? Ce que je veux dire par là c’est que ta vie, ma vie de trieuses consciencieuses ont peut-être besoin de ces hurluberlus qui viennent secouer nos envies de perfection. Sans eux, tout serait en ordre, certes, mais peut-être un peu barbant. Donc, plutôt que lâcher prise, commencer à imaginer un quotidien sans jouets qui traînent, sans rasoir sur l’évier. Ce serait clean, mais peut-être moins fun. Non ?

Mais je sais bien ce que tu vas me dire ! « Rien à foutre de tes considérations métaphysiques sur la gratitude, l’Autre qui m’ouvre à un autre monde, moi ce que je veux c’est qu'on arrête de me foutre le boxon chez moi et ne plus me retrouver à ranger derrière tout le monde. » Et là, je t’arrête tout de suite. A moins de tout plaquer et t’installer en solo dans ton appart à toi, ta vie de famille implique, fatalement, douloureusement, inexorablement, que des malotrus, que par ailleurs tu aimes d’amour, viennent mettre le bazar chez toi. Parce que chez toi, c’est chez eux. Et que tandis que tu aspires à un espace rangé et dépouillé, eux aspirent à laisser traîner leurs Converse sur le piano et le couteau plein de Nutella sur la table de la cuisine. Autant dire que c’est le clash des Titans entre deux visions du monde. Team « boîtes Muji » d’un côté et Team « bordel organisé » de l’autre. Autant te dire que le combat est perdu d’avance pour les adeptes du rangement : les autres auront tôt fait de prendre toute la place.

Alors, que faire ? Peut-être être un peu bouddhiste et ne rien faire. Ou en tout cas arrêter de faire certaines choses. Comme trier à la place des autres (là je parle de moi et des tris maintes fois menés en douce dans les placards d'autrui), ranger le rasoir, remettre en place le barda des mouflets. Marie Kondo prétend que c’est le meilleur moyen d’inciter autrui à se prendre en charge. Je crois surtout que c’est un cadeau à se faire à soi-même, en arrêtant d’être le grand ordonnateur du bazar des autres. Cela fera un peu plus de bordel, certes, mais sans doute un peu plus de temps pour soi. Ce que l’on a le droit de faire, en revanche ? S’occuper de ses fesses, ou en tout cas de son barda à soi. Car, bien souvent, on peste contre celui des autres pour n’avoir pas à se pencher sur le sien.

Et puis, encore une fois, se rendre compte que finalement, nos fauteurs de trouble domestique ne sont pas si tragiques que ça. Qu’ils n’aiment peut-être pas ranger mais se montrent très magnanimes dans leur acceptation de nos propres crises de tri. Qu’ils tolèrent de nous entendre parler jusqu’à plus soif des livres de Marie Kondo et Dominique Loreau comme s’il s’agissait des œuvres complètes de Shakespeare. Qu’eux ont la gentillesse de ne pas décider à notre place de ce que nous voudrions garder ou pas dans nos tiroirs. Que, en somme, ils sont formidables et qu’on a beaucoup de chance d’avoir leur bazar dans notre vie.




mercredi 11 mars 2015

A la redécouverte du col roulé à manches courtes…

Moi et mon pull en laine à manches courtes


Le col roulé à manches courtes, c’est de l’avis général le vêtement le plus absurde qui soit. Et pourtant… je suis en voie de lui trouver un véritable intérêt ! Bon, peut-être pas lui exactement, le col roulé à manches courtes, mais son cousin : le pull en laine à manches courtes.

Bien sûr, la contradiction entre le côté laine qui tient chaud et l’absence de manches qui donne froid m’a toujours semblée aberrante. En même temps, depuis que je vis à Los Angeles, je découvre que cette ville, tellement singulière, appelle des vêtements singuliers. Car (hormis les mois de canicule) il y fait à la fois chaud et froid : chaud quand on est sous le soleil, froid dès qu’on se range à l’ombre. On gagne et on perd 10 degrés en permanence, rien qu’en marchant sur un trottoir par exemple. D’où le challenge de s’habiller de manière à ne pas être trop couverte pour les moments chauds, mais à l’être un peu quand même pour les moments froids !

Récemment, j’ai acheté (dans mon dépôt-vente favori : vous connaissez la chanson ;)) un de ces spécimens de pull en laine à manches courtes. Bon, il me pose problème, car il est de Sonia Rykiel, donc avec des rayures (très moi), mais aussi des bandes fluo (moins moi ;)). En revanche, il m’est très utile, car il est en cachemire, mais il est ample (il faut que le haut soit ample, sinon, bonjour les aisselles transpirantes), et ses manches m’arrivent au coude : donc, à la fois il me réchauffe, tout en étant aéré. Le mix parfait pour L.A. 

Récemment, j’ai vu également mon amie Louise qui portait un pull tricoté oversize sans manches, mais par-dessus un top tout fin qui lui recouvrait les bras, c’était extra avec sa jupe ample et ses baskets. Elle vit à Los Angeles depuis deux ans, donc j’imagine qu’elle est devenue ceinture noire en pull en laine sans manches.

Mais bon, pour celles qui, en France, sont ensevelies sous trois pulls en laine et avec manches… j’arrête de vous enquiquiner avec mes absurdes pulls en laine à manches courtes.

Laure

mardi 10 mars 2015

Ceci n'est pas une erreur d'achat



Depuis que j’ai lu le livre de MarieKondo, je n’arrive (presque) plus à raisonner en termes d’erreur d’achats. Une révolution pour moi qui ai passé ces dernières années dans mon tourbillon de tris et rechutes, avec pour dommage collatéral de me sentir perpétuellement coupable. Je vous rassure, je ne me suis pas mise pour autant à acheter plein de d’idioties à tour de bras et à me dire « c’est formidable, je fais n’importe quoi, youhou ». Comme dirait l’autre, « been there, done that ». (Note : en même temps, ça ferait un truc vraiment drôle et surprenant à vous raconter, genre ma rechute chez H&M. Où je n'ai pas mis les pieds depuis la dernière décennie. Scoop.) 

D'un autre côté, j'ai fait trois achats... et je me suis plantée. Ou plutôt, non : j'ai appris de mes erreurs. Nuance (ai-je envie de dire en lissant ma moustache imaginaire de savant très sage).

D'abord un achat raisonné, parfait sur le papier, pile poil le pull marine à col polo dont je rêvais (pour ceux qui prennent ce blog en cours, toi Tarzan, moi Jane, moi aimer vêtements barbants et BCBG, toi ne pas juger moi), acheté en plus en soldes. Tout bon. Sauf que ce pull, que j'aime, qui est parfaitement celui que je recherche, est juste... trop petit sur moi, trop étriqué pour ma carrure carrée, trop court sur mes bras. Vraiment bien la peine d'avoir établi ma liste de don't buys pour trébucher sur une telle erreur de débutant. Sauf que face à ma garde-robe, il est probable que je reste toute ma vie un peu débutante, un peu Bambi qui tremble sur ses jambes mal assurées, bref, toujours un peu imparfaite et bancale. (Toi, Tarzan, moi Jane, moi très névrosée, toi ne pas juger moi.) La bonne nouvelle étant que ma mère - bras de taille normale, elle, et goût commun pour les pulls boring - va adorer ce pull. Qui par conséquent ne constitue pas une erreur, mais... un cadeau. Et le rappel, dont j'avais besoin, qu'il faut. Que. Je. Suive. Mes. Propres. Principes.

Et en parlant de suivre ses propres principes. J'ai aussi acheté deux t-shirts. Totale plantade. Ou plutôt, totale illustration d'un de mes travers récurrents : acheter un truc au débotté, complètement impromptu et sans logique, alors que j'ai une liste bien précise d'achats désirés, pensés, nécessaires. Auto-sabotage (rappelez-vous : moi Jane, moi très névrosée, etc.) ? J'ai plutôt décidé de voir le dérapage sous un autre jour : shit  happens. On fait tous des conneries. Et si ma pire connerie est d'acheter un t-shirt qui au final n'est pas pour moi, finalement, ce n'est pas très grave. Il n'y a pas mort d'homme. Ni même mort de t-shirts - si ce n'est pas moi qu'ils rendent heureuse, ce sera quelqu'un d'autre. Ceci n'est pas une erreur d'achat. Juste une incitation. A se rappeler qu'au fond on sait bien quand on achète quelque chose pour les mauvaises raisons. Ou que l'on fait les boutiques parce qu'on cherche à éviter quelque chose (souffrance, tristesse, papier à rendre qui est déjà en retard).

Il n'y a donc pas d'erreur, juste des instants où l'on oublie de se prendre en compte, de s'écouter profondément, d'être attentif à soi, de se regarder.

Ma prof de yoga dit que le premier pas vers l'amélioration est cette infime prise de conscience, ce moment où l'on se regarde comme de l'extérieur et que l'on se rend compte, au choix, que l'on se tient tout voûté face à son ordi, que l'on est sur le point de se regarder un millième épisode de "The Hotel Inspector" (ma nouvelle drogue) au lieu d'aller se coucher, ou d'acheter un pull trop petit pour soi. Et avec cette prise de conscience en douceur, et en empathie avec soi-même, on est bien plus à même de rectifier le tir sereinement qu'en se culpabilisant.

Il n'y a pas d'erreur, juste de la prise de conscience.

C'est pas chouette, ça ?

Jeanne-Aurore







vendredi 6 mars 2015

The Duff, moi, Jeanne-Aurore, et l’hystérie du makeover movie


Le film de makeover : c’est notre genre de prédilection, à Jeanne-Aurore et à moi. Ces comédies souvent ricaines, souvent teens, dans lesquelles le vilain petit canard, en général une fille, va se transformer en cygne, mais un cygne à la fois canon et sympa. La scène finale de Grease est un makeover mythe, il y a évidemment les My Fair Lady et autres Pretty Woman, même si personnellement, je mets Mean Girls avec Lindsay Lohan au Panthéon du genre, et probablement aussi, bien que je ne l’ai pas revu depuis sa sortie en 1999, Elle est trop bien, starring Rachael Leigh Cook et Freddie Prinze Jr.

Et puis peut-être aujourd’hui, The Duff. Il vient de sortir aux Etats-Unis, mais je ne le vois pas annoncé pour la France… Dommage, car c’est vraiment très très chouette ! Enfin, pas forcément pour le commun des mortels (bien qu’il y ait de pures scènes à se tordre, notamment celles avec Ken Jeong, l’acteur survolté de Very Bad Trip), mais pour les hystériques du makeover movie. Comme moi.

Un « Duff », apprend-on au début du film, est un « Designated Ugly Fat Friend », c’est-à-dire, dans un groupe, le copain ou la copine moche de service, qui est là pour mettre en valeur les autres, et aussi pour servir de guichet d’entrée (car il est plus facile d’aller aborder un Duff et de lui demander des infos sur la fille de ses rêves, que de tout simplement aller parler à la fille de ses rêves). PS : je lis sur Wikipédia qu’en québécois, Duff a été traduit par « Dodue Utile Franchement Fade » ;)

Donc un jour, Bianca, brunette, rigolote, et mal fagotée, découvre non seulement le concept du Duff, mais aussi qu’elle en est une. Ni une ni deux, elle demande à son voisin, un bellâtre un peu relou, super bon en sport, nul en sciences, de lui donner des conseils, en échange de quoi elle l’aide à se dépatouiller pour ses maths. Là, il y a une scène façon La Boum (Sophie Marceau qui essaie mille et une tenues), façon Pretty Woman (Julia Roberts qui essaie mille et une tenues), durant laquelle l’héroïne essaie, bon, mille et une tenues, mais on se demande un peu pourquoi, tant elles sont aussi atroces les unes que les autres : des jupes ras le bonbon, des bustiers rikikis, des trucs en stretch et à fleurs. C’est hyper exagéré, et en fait assez nul.

Pourtant, la suite est un petit peu plus subtile. Ce que j’aime bien dans ce film, c’est qu’il vise à rester plutôt juste. Bianca ne lâche pas comme ça ses salopettes en jean (qu’elle continue de porter tout le film) et ses Docs, c’est juste qu’elle les met de manière un brin plus féminine (sans un t-shirt XXL en-dessous, par exemple). La scène où elle sort les talons aiguilles, à l’américaine, son voisin lui dit que bien sûr qu’elle est belle… mais qu’elle n’a plus l’air d’être « elle ». Et vlan pour Sandy de Grease, qui se coule si facilement dans un legging cuir et des mules talonnées tellement à l’opposé du look fillette qu’elle portait juste avant. Mine de rien, c’est un point de vue assez nouveau pour le film de makeover, où le challenge consiste en général à enfin plaire aux autres. Ici, Bianca a surtout besoin de se plaire à elle-même. 

A part ça, comme dans toute comédie de makeover qui se respecte, il y aura des tâtonnements, des moments de découragement, le Pygmalion va tomber amoureux de sa créature (tant mieux, car ils sont super mignons tous les deux), et surtout, le final va se dérouler au bal de l’école et faire péter la méga robe (séquence de do-it-yourself pompée sur Pretty in Pink). (J’en profite pour faire un autre PS : pour les geeks de Pretty in Pink, voici un lien qui recense toutes les tenues de Molly Ringwald dans le film.)

Donc voilà, The Duff est le perfect makeover movie pour celle qui a toujours quinze ans dans sa tête et rêve qu’un prince charmant déboule pour lui offrir une garde-robe clé en main ;) Mais au fait… Jeanne-Aurore, tu ne m’avais pas annoncé une rubrique qui détaillerait tes films de makeover favoris sur ce blog ?! 

Laure

mercredi 4 mars 2015

Nouvelles jupes, nouvelle longueur


Je vous raconte ma vie : ce matin, j’écris un mail à Jeanne-Aurore dans lequel je lui mentionne ma nouvelle jupe que j’adore, et là, je la sens offusquée sur son clavier à l’autre bout du globe, car comment comment, je n’en ai pas parlé sur le blog ? Réparons immédiatement cet oubli grossier. 

Cette jupe, je l’ai trouvée dans mon magasin d’occase favori à Los Angeles, Crossroads Trading Co, au bout d’une bonne heure de recherche et au moins autant d’essayages, et en fait, elle correspond à une très très longue quête : celle de la jupe que portait Kate Moss sur une photo d’il y a une dizaine d’années. Jeanne-Aurore cherchait exactement la même, à l’époque. Droite, très longue, grise, sans chichis, casual mais avec une espèce de truc super bohème… Je ne l’avais jamais trouvée, même pas un petit peu, donc je n’y pensais même plus, quand je suis tombée sur un modèle assez similaire. Il est de la marque japonaise Sacai, assez luxe, donc du coup, le tissu est extraordinaire, doux, doublé, avec des finitions qui le rendent tellement agréable à porter. Avec des Converse, et une marinière, ou mon t-shirt Elvis : c’est parfait pour les rues de L.A (propres. C’est sûr que comme elle peut facilement toucher le sol, j’éviterai de la porter à Paris).

En recherchant la photo de Kate (je préfère vous mettre une photo de Kate Moss qu’une photo de moi ;)), je me suis aperçue que j’avais aussi acheté au même endroit, il y a un peu plus longtemps (et… oups, je n’en avais déjà pas parlé sur le blog ;)), une robe semblable à celle qu’elle porte sur la photo de droite : encore une fois très longue, très couvrante, avec des manches et un col rond, toute en laine grise, moulante en haut et évasée en bas. La mienne est de Michael Kors, une marque capable du pire comme du meilleur, et en l’occurrence, la robe est d’une très belle qualité. J’avoue que j’ai tendance à y ajouter une grosse ceinture, car sinon, je ressemble moins à Kate Moss qu’à une nonne.

En tout cas, cela me fait songer que s’il y a une chose qui a changé dans mon style à L.A, c’est probablement la longueur de mes ourlets. Mais est-ce dû à la ville, ou juste à l’air du temps ? Je délaisse un peu mes jupes au genou, la hippie vibe locale me portant plutôt vers des longs jupons que j’ai cela dit toujours adoré. On va méditer ça, et en attendant, promis, je penserai à raconter mes nouvelles jupes sur ce blog ;)

Laure

Edit : Jeanne-Aurore me dit qu'elle préfère me voir moi que Kate Moss ;) Donc, photo de moi et ma jupe grise, courtesy of ma belle-mère, qui est derrière l'appareil.




vendredi 27 février 2015

Question-réponse : encore plus de bijoux…


Jeanne-Aurore à Laure (en fin d’un de ses derniers posts) : Mais au fait, toi, Laure, ça ne te dirait pas de nous parler de ton propre rapport aux bijoux ?

Laure à Jeanne-Aurore : Si ;) Comme toi Jeanne-Aurore, comme toute fille qui a eu vingt ans dans les années 90 peut-être, j’ai eu ma période « long sautoir porté sur un t-shirt », « broche vintage chinée dans une brocante » et « accumulation de bracelets au poignet ». Je possédais plein de bijoux pas chers du tout même si parfois assez précieux ou rapportés des quatre coins du monde, dans lesquelles piocher me semblait le comble de la créativité et de l’expression personnelle. J’ai un peu de nostalgie pour cette époque, pour cette idée du style, car c’est vrai que c’était fun et joli. Mais bon, j’ai tout gardé pour mes filles et je suis passée à autre chose. 

C’est drôle car il y a encore un an, je « mettais » des bijoux, au sens où je les ajoutais à ma tenue. J’ai toujours bien rangés mon gros sautoir Marni ou mon espèce de chaîne Margiela hyper conceptuelle qui attendent d’être portés, je les trouve fabuleux lorsque je les regarde, mais je n’arrive plus à me décider à les mettre. A chaque fois je me dis : à quoi bon ? Car c’est vrai, les bijoux posent tout de même la question du pourquoi, et dans ma vie d’auteur free-lance, qui en plus évite les soirées, et rechigne toujours à se mettre sur son 31 pour sortir… ils ne s’imposent pas réellement.

Donc oui, je n’ai plus envie de « mettre » des bijoux, ce côté « je m’apprête », ça ne me ressemble plus du tout, et j’ai du mal à légitimer ça dans ma vie. Je n’aime pas en mettre… mais j’aime bien en avoir. Nuance ! Du coup les miens, aujourd’hui, sont ceux que je peux porter en permanence et qui me suivent la nuit pour dormir, le matin dans la douche… Discrets, donc, solides, aussi ;) Et dotés d’une valeur sentimentale qui rend légitime que je les trimballe tout le temps avec moi. Ce qui donne : au cou, une chaîne que m’a offert ma maman pour mon anniversaire il y a deux ans, puis une autre qu’elle m’avait rapporté de brocante quand j’étais ado et que je n’avais pas trop porté à l’époque, à laquelle j’ai accroché un pendentif qui me vient de ma grand-mère. J’aime bien car ils surgissent (ou pas) de mon t-shirt ou de mon pull sans que j’y fasse attention, Jeanne-Aurore n’ayant par exemple remarqué la chaine avec le pendentif qu’au bout d’environ un an ! Ensuite, il y a les deux bagues que m’a offert mon homme. Depuis décembre, un cordon tout fin agrémenté de quelques perles que m’a donné ma copine Laetitia. Et puis une « parure de main », expression que je trouve assez nase, mais bon, qui désigne une espèce de bracelet se prolongeant sur la main, comme les bijoux du Moyen-Orient. Zéro valeur ici à vrai dire, ni sentimentale, ni financière, c’est le modèle le moins cher de la créatrice Jacquie Aiche, que j’avais découvert par hasard sur le Net, et dont j’avais trouvé les créations follement chouettes : donc là en fait, c’est juste pour faire ma crâneuse ;) D’ailleurs ça fonctionne, on me complimente souvent dessus. Il serait logique aussi que je mentionne ma montre, je la porte tous les jours, même si je ne dors ni ne me douche avec. Et puis, que je ne mets pas systématiquement, mais presque, ce bracelet Hermès que tu m’as donné, toi, Jeanne-Aurore, et que toi-même tu tenais de ta mère : j’aime bien ce genre de trajectoire, sinueuse, et puis… j’aime bien avoir un peu de toi à mon bras ;)

Sinon, pour expliquer la photo ci-dessus : j’ai toujours eu le fantasme de porter un diadème. Mais je renonce, il me gênerait pour dormir, et ne serait pas du tout pratique pour la douche.

jeudi 26 février 2015

"Difficile"

Christy Turlington par Fabrizio Ferri pour Mirabella (Juillet 1993)
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Vous voyez cette scène dans Quand Harry Rencontre Sally quand Billy Crystal explique à Meg Ryan qu'elle est "grand train", bien qu'elle soit persuadée d'être une fille toute simple ? Et bien figurez-vous que je suis, moi aussi, une fille "grand train". Ou en tout cas, c'est ce qu'on m'a fait remarquer récemment. Je faisais un tour dans une boutique que j'aime bien, où il se trouve que j'ai ces derniers mois acheté quatre vêtements qui sont devenus des basiques de mon armoire (un pantalon noir, un jean slim, un pull, un top pour le soir). Et que lors de ces achats, j'ai fait ce que je fais toujours désormais : j'ai essayé, médité, reposé, pris le temps de réfléchir et suis revenue une second fois réssayer avant d'acheter définitivement. Et me voilà donc qui fait justement cela dans la boutique : je médite, j'essaye, je pense, et je n'achète rien car rien n'est exactement ce dont j'ai besoin ou ce que j'aime. En rapportant les vêtements au vendeur, le voilà qui laisse échapper "Ah vous ne prenez rien ? Mais oui, je me souviens, vous êtes difficile." Je ne réponds rien, car je n'ai aucun sens de la répartie (vous vous souvenez de Meg Ryan dans Vous avez un message qui explique à Tom Hanks qu'elle n'a aucun sens de la répartie ? Comment ça je devrais arrêter de revoir tous les Meg Ryan quand je suis clouée au lit avec la grippe ?) mais durant toute la journée, je repense à ce "difficile". Il commence par m'énerver, ce mot. Comment ça moi, difficile ? Moi la fille dont les plats préférés ne sont autres que les ultra-basiques oeuf à la coque et Petit Suisse à la confiture de fraise. Bon, il se trouve que l'oeuf doit être absolument cuit comme je l'aime (5 minutes) et que je suis tatillonne en matière de confiture.

Au déni a donc succédé l'acceptation. Ok, j'avoue, je suis difficile (comme dirait notre copain Oscar Wilde, "J'ai les goûts les plus simples du monde, je me contente du meilleur"). Et à l'acceptation a succédé à nouveau l'énervement. Je suis difficile, et alors ? Ca te pose un problème, mec ? (Tiens, voilà ce que j'aurais dû répondre. Enfin, si j'avais le sens de la répartie. Ce qui n'est pas le cas.) Et puis, l'énervement retombé, la réflexion a pu se faire. Est-ce bien un si vilain défaut que d'être difficile ? D'être un peu "Princesse/Prince au petit pois" ? Est-ce si terrible de se montrer minutieux dans le choix de ce qui nous entoure ? Dans le choix de ces marques, objets, enseignes, pratiques, que nous choisissons de soutenir (ou pas) en leur donnant notre argent en échange d'un achat, d'un service ? Ne gagnerions-nous pas au contraire à être encore plus difficiles, en tant que consommateurs ? 

Et est-on difficile quand on prend le temps de méditer un achat ? Ou tout simplement avisé et/ou affirmé dans ses goûts ? Est-ton pénible ? Peut-être, oui, pour le vendeur qui préfèrerait une vente plus facile (et je peux le comprendre, j'ai travaillé comme vendeuse et c'est un métier qui, à bien des égards, est, justement, difficile). Est-on tout simplement un peu à rebours, en décalage des pratiques de consommation actuels qui tendent, toujours plus, à provoquer l'impulsion, le coup de coeur ? Ce n'est peut-être pas si mal après tout d'être en décalage. Difficile, une qualité ? En tout cas, je crois, un suite inévitable dans sa manière d'être quand on se met à repenser son armoire. Une lectrice, Jicky je crois, commentait après mon post sur la capsule wardrobe que "moins on achète, moins on achète". Et c'est vrai. Une fois que l'on a commencé à être difficile, une fois que l'on a vu combien c'était aussi une arme redoutable contre les techniques de vente "pushy" (rêvons un peu : ce vendeur n'était-il pas au fond totalement admiratif, avec son "difficile", en reconnaissant mon inflexible détermination d'acheteuse à la volonté de fer ?), il n'est plus possible de revenir en arrière. Et ça, grand train ou pas, c'est franchement une sensation très cool.


Jeanne-Aurore





mardi 24 février 2015

Question-réponse : Bijoux or not bijoux ?

Michelle Pfeiffer par Bruce Weber pour le Vogue US (Octobre 1989)
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Laure  à Jeanne-Aurore : Parle-nous un peu de ton rapport aux bijoux, je sais que dans ce domaine, tu es carrément plus qu'essentielle... 


Jeanne-Aurore à Laure : Cette question tombe à pic, cela faisait un moment que je voulais parler de bijoux ici, mais sans trop savoir comment prendre la question – reflet sans doute de ma relation amour/haine à ce type d’accessoires. J’avais évoqué déjà dans ce post mon rêve du gros bijou signature porté avec une silhouette minimale. Mais la vérité c’est que pour moi, ce type de silhouette demeure bien de l’ordre de la rêverie, de l’inaccessible. Je me fantasme Sade – jean 501 délavé, chemise blanche, immenses créoles graphiques – alors que la vérité est que dès que je porte un bijou un tant soit peu volumineux, par exemple un bracelet type manchette, catégorie de bijou que je trouve absolument sublime, je finis par l’enlever au bout d’une heure (là vous devinez sans peine la dizaine d’erreurs d’achats de manchettes revendues ou redonnées ensuite, avec toujours cette même constatation : je n’arrive pas à les porter sereinement).

Comme beaucoup de petites filles, je crois, j’ai grandi absolument fascinée par les boites à bijoux et les bijoux des femmes qui m’entouraient. C’est là la force du bijou, son aspect intime, porté à même la peau : il nous touche, à tous les sens du terme. Broche en faux rubis à laquelle je repense si souvent car elle m’évoque mon arrière-grand-mère, médaille de baptême de ma grand-mère , bagues de ma mère : ces bijoux ont accompagnés mon enfance, vivent dans mes souvenirs. Je les ai admirés sur ces femmes aimées, souvent essayés (aujourd’hui encore je demande souvent à ma mère de passer ses bagues, pour voir ce que ça donnerait sur moi) – mais je crois que quelque chose en moi est toujours resté « enfant » face aux bijoux. Je les regarde de loin, comme appartenant à un monde étrange, fascinant, mais qui d’une certaine manière n’est pas le mien. Longtemps j’ai cru y voir un rapport problématique à ma féminité, un refus à vivre mon état de femme pleinement – comme si être une femme, adulte, une « grande », c’était porter des bijoux, se sentir à l’aise avec eux. Aujourd’hui, je pense les choses différemment.

Bien sûr, ado, il y eut bijoux à gogo. C’était ma période Madonna, bracelets en plastiques, boucles d’oreilles Snoopy, bracelets brésiliens et grosses bagues que je me fabriquais moi-même. Mais là encore, il y avait encore quelque chose d’enfantin avec le bijou. Je me déguisais, je  ne prenais pas ça au sérieux, tous ces bijoux étaient du toc. Ca m’est passé. A la fac, tentative du bijou en vogue à l’époque : le piercing au nombril. Mon corps devait sentir que ça n’était finalement pas mon truc : je fais une énorme allergie à l’anneau et suis obligée de l’enlever au bout de deux mois. Je porte encore aujourd’hui la cicatrice, rappel qu’entre les bijoux et moi, c’est compliqué. La fin des années 90 et la vague minimaliste me donne enfin la sensation que je peux pleinement vivre sans bijou : sur mon idole Carolyn Bessette Kennedy, pas le moindre bijou si ce n’est de temps à autres une montre Cartier ou une très simple paire de perles d’oreille, et pour autant elle exprime une hyper-féminité. Idem la Meg Ryan de Vous avez un message qui porte juste une montre, et c'est tout.

Bien sûr, j'aurais pu en rester là et assumer ce parti-prix. Bien sûr, les choses se sont passées autrement. Car - comme avec mes goûts ultra-simples en matière de garde-robe - je n'ai pas réussi à assumer, j'ai déraillé. Avec l'arrivée de la fast fashion et des géants comme H&M, j'ai fait comme tout le monde : acheté des bijoux comme on achète une baguette, porté des grands sautoirs et des broches pour faire comme Carrie Bradshaw, alors que je savais au fond de moi que mon rêve était de porter seulement quelques discrets et durables bijoux signatures, toujours les mêmes. Voire pas de bijoux du tout.

Ce qui nous amène à aujourd'hui. Et à ce que je porte au quotidien. Une paire de brillants d'oreille. Une alliance. Une montre. Ces bijoux ont pour point commun de m'avoir été offerts par des êtres chers et de commémorer des moments heureux. Ils sont un rappel, un message - comme peut l'être un tatouage pour certains. Je ne les envisage même plus sous la forme de l'ornement, de l'apparat, mais comme des parties de moi. Il m'arrive de ne pas les porter - souvent je ne porte que ma bague - mais les perdre ou m'en séparer serait un vrai drame, et non en raison de leur valeur véritable, mais en vertu de tous les souvenirs chers qui y sont rattachés. C'est peut-être là la raison de mes relations compliqués aux bijoux : j'ai besoin qu'ils aient un sens, qu'ils soient porteurs de tendresses, passeurs de mémoire. Avec eux, je n'arrive pas à être frivole ou volage : je les envisage comme un engagement à vie. Mais j'ai fait ma paix avec ça : je continue à prendre un plaisir fou à admirer les bijoux sur les autres et à vivre, moi, avec ce trio bague/boucles/montre qui me suffit.


P.S. : Mais au fait, toi, Laure, ça ne te dirait pas de nous parler de ton propre rapport aux bijoux ?



mardi 10 février 2015

Une bonne fois pour toutes



A les pratiquer à haute dose depuis 2008, date de mon premier grand nettoyage d’armoire et d’appartement, je pensais avoir tout bon en matière de tri et rangement. Ceinture noire de boîtes Muji, pro des rotations de garde-robe saisonnières, toujours prompte à donner des leçons d’ordre aux habitants de mon logis (même et surtout quand ils ne m’avaient rien demandé), voire à trier leurs affaires à leur corps défendant, je me trouvais absolument formidable. Quelle fille organisée je faisais. Sauf que je sentais bien qu’un truc ne tournait pas rond. Etaient-ce les tris perpétuels auxquels je m’adonnais qui, jamais, ne semblaient devoir trouver leur terme ? Etaient-ce ces affaires non classées dormant à l’abri des regards (mes classeurs de paperasse négligés, la partie supérieure de mon armoire débordant d’affaires  « à donner/vendre quand ce serait la saison », ces photos en entassées dans une boîte, encore une...) ? Au fond, j’étais devenue un peu Jekyll & Hyde.

Et puis, à Noël, mon amie Jennifer me parle de « The Life-Changing Magic Of Cleaning Up », un petit bouquin devenu culte, écrit par une Japonaise qui sous ses dehors charmants (tailleur pastel et sourire sage à voir en quatrième de couverture) est en réalité une Rambo du rangement. Avec elle, pas de quartiers. Le tri n’est pas une affaire de poule mouillée, mais bien une mission à mener méthodiquement, une bonne fois pour toutes, en arrêtant de s’éparpiller, de trier pièce par pièce (le meilleur moyen de ne pas prendre conscience de ce que l’on possède réellement), et en renonçant au miroir aux alouettes de jolis rangements (cf. mes amies les boîtes Muji et ces dressings si séduisants du catalogue Ikea) ou des rotations saisonnières. Et puis, et c’est cela le cœur de son livre, elle évacue toutes les questions que l’on est habituellement invité à se poser face aux affaires à trier au profit d’une seule interrogation : cet objet m’apporte-t-il de la JOIE ? Et la joie, quand on y réfléchit bien, c’est un sacré sentiment. La joie ce sont les papillons dans le ventre, le vertige du bonheur, Keanu Reeves dans« Point Break ». Autant dire qu’il y a fort à parier que peu de nos possessions nous apportent cette sensation-là.

Après avoir lu et relu le livre de MM (Magic Marie) durant les vacances de Noël, j’ai décidé de démarrer l’année avec sa méthode. Le vendredi 2 janvier, j’ai vidé mon appart de tous ses occupants et, parce que Marie dit que c’est par cette catégorie qu’il faut commencer, me suis attaquée à mes vêtements. Radicalement fidèle à ce qu’elle préconise, j’ai TOUT sorti. Mes dessous et chaussettes, les affaires que je portais, celles que j’avais remisées en vue de les revendre, mes sacs et chaussures. Et là, le choc. Moi qui dans les faits vivais avec une micro capsule, j’ai dû me rendre à  l’évidence : le contenu de mon armoire recouvrait toutes les surfaces de ma chambre. Passée la sidération, j’ai entrepris le tri-à-la-Marie. Qui implique de prendre chaque vêtement un par un dans ses mains et de se poser la question : « est-ce que ceci m’apporte de la joie ? ». Si la réponse est oui, on met de côté et l’on passe à un autre. Si c’est non, on le remercie (mentalement ou à haute voix, selon le degré d'interaction dont on se sent capable avec un objet inerte) pour ses bons et loyaux services. Car selon Marie, l’erreur d’achat ou le mauvais vêtement n’existe pas. Un vêtement acheté et jamais porté ou qui finalement ne nous apporte aucune joie ? Soyons-lui reconnaissant d’avoir tenu son rôle -  nous apprendre que ce type de coupe/couleur/style n’était pas pour nous – et rendons-lui sa liberté sans animosité.

Sans surprise, mon tri m’a appris ce que je supposais déjà. Que les vêtements et accessoires de ma « capsule » portée au quotidien sont ceux qui me rendent heureuse. Que ceux sur lesquels je butais (au hasard, mon trench-coat) n’avaient pas leur place dans mon armoire et que cela n’avait rien d’un drame. « Tous vos vêtements ne sont pas destinés à être portés jusqu’à la corde », écrit MM. C’est vrai, et je n’avais jamais vu les choses sous cette angle-là. Peut-être parce que lorsque l’on cherche à constituer sa garde-robe idéale, découvrir qu’un vêtement qu’on pensait garder à vie n’est finalement pas pour nous sonne comme un échec. Or, y a-t-il vraiment échec ? On a tenté sa chance, on a constaté que ce n’était pas ça, où est l’échec là-dedans ? Qui  ne tente rien n’a rien.

J’ai donc gardé les vêtements dont il suffit que je les regarde ou les effleure pour qu’ils me donnent envie de les enfiler. Je me suis séparée de ceux qui ne me procuraient pas cette sensation mais, pour la première fois dans un tri, sans la rage au cœur de celle qui s’en veut ou la précipitation de celle qui veut se débarrasser au plus vite de son surplus. Je me suis sentie chanceuse d’avoir eu l’occasion de pouvoir m’offrir ces vêtements, chanceuse de pouvoir m’en défaire aujourd’hui. Je les ai pliés soigneusement, et suis allée immédiatement chez Emmaüs pour faire don de la majeure partie, et j’ai consigné le reste dans un dépôt-vente de mon quartier.


Depuis, mon armoire à laquelle je pensais finalement si souvent (en me demandant comment l’optimiser, comment mieux y caser des boîtes de rangement) n’est plus tellement dans mes pensées. Elle vit sa vie et, vidée de ce qui ne lui apportait rien, elle m’a révélé des surprises, comme par exemple cet espace désormais dégagé où je vais pouvoir stocker ma couette d’hiver hors saison (la veille de mon tri je me lamentais sur l’absence d’endroit où la stocker). Mes boîtes en tissu Muji, je les ai données. J’ai rangé un maximum d’affaires en adoptant la philosophie de MM (plier et rouler les affaires façon sushi dans un jeu de tiroirs plutôt que les empiler) et, d’une certaine manière, je suis passée à autre chose. Par exemple au tri de ma paperasse que, pour la première fois de ma vie, j’ai affrontée la joie au cœur. Et ça, franchement, je  ne l’aurais jamais cru possible…


Jeanne-Aurore


EDIT : Le livre de Marie Kondo sera disponible à la fin du mois en français sous le titre "La magie du rangement".


lundi 9 février 2015

La citation du lundi


« J’utilise zéro produit de beauté. »

Toulou Kiki, la (très belle) actrice de Timbuktu, dans Elle