jeudi 6 décembre 2012

Le geste : ceinturer son trench-coat



J’ai revu récemment "Lola", le premier film de Jacques Demy, avec déjà toute sa grâce, son mélange de légèreté et de noirceur, son univers "en-chanté". Mais ce qui m’a particulièrement émerveillée, ce sont ces quelques secondes durant lesquelles Anouk Aimée, vêtue de son body bustier en dentelle, en franges et en strass, qu’elle porte lorsqu’elle joue les entraîneuses de bar, enfile un trench mastic (enfin, j’imagine qu’il est mastic, à travers le noir et blanc) et le ceinture d’une main décidée. En un clin d’oeil, elle passe de la fille un peu mauvaise vie à une femme parfaitement respectable, prête à aller chercher son petit garçon à l’école. J’adore le pouvoir de transfiguration d’un tel vêtement. Et puis, j’adore l’idée que le trench-coat puisse couvrir les tenues les plus osées et les plus déshabillées, que la femme, dessous, puisse être sensuelle, presque nue, et malgré tout, marcher quand même dignement dans la rue sans que quiconque ne se doute de rien. C’est mystérieux et troublant, non ?

I’ve been mesmerized recently not only by “Lola”, Jacques Demy’s first and totally enchanting feature film, but more especially by those few seconds when Anouk Aimée, playing the quite raunchy dancer Lola, dressed in a lacy, fringy and sparkly leotard, grabs a mastic trench-coat and cinches it firmly. In just a blink, she turns from bad girl to real lady. I love the power of such a garment. I also love the idea that you can never know what comes under the trench-coat, that the woman it covers can be fiercely sexy under it - or just totally naked. So mysterious and intriguing, isn’t it!

L.G.

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