jeudi 20 décembre 2012

Le "Summer sac", oui, mais aussi en hiver


Comme Jeanne-Aurore, qui en a parlé ici cet été, j’ai un faible pour les sacs en tissu, à tout moment et en toute saison. J’aime évidemment le cultissime L.L. Bean à se faire offrir des Etats-Unis. Mais j’aime aussi cette nouvelle tendance qui consiste à distribuer dans les magasins des sacs en tissu pour remplacer les sacs en plastique ou en papier d’autrefois. Car on peut les recycler de mille et une manière : comme cabas pour aller au marché, comme pochon pour ranger les chaussures dans la valise, comme pochette pour transporter des magazines ou un parapluie, comme sac à main en vacances... Et j’aime encore plus quand c’est celui que vient de faire fabriquer mon homme pour sa société (Carlotta Films, qui ressort des vieux films en salles et en dvd), et quand la cinéphile qui est en moi peut s’afficher dans les rues avec "L’Etrange créature du lac noir" à son bras, avec l’héroïne des "Chaussons rouges" ou des personnages de Scorsese ! 

Following the example of Jeanne-Aurore, who wrote about it this summer, I have a weakness for cotton canvas bags, for any time and any season. Of course I’m particularly enthusiastic about the cult L.L. Bean bag, but I also like this new trend of wrapping purchases in cotton bags (instead of disposable plastic or paper bags). You can re-use them in a thousand ways: to carry groceries from the market, as shoe pouches in the suitcase, as a handbag while on holidays... And I like them even more when talking about the one my man has just created for his movie company: how delightful to stroll down the street with the “Creature of the Black Lagoon” by my side, or the heroine of “The Red Shoes” or one of Scorsese’s characters! 

L.G.

mercredi 19 décembre 2012

The (Christmas) Taboo


Dois-je m'habiller comme un sapin de Noël ? Je me pose la question à chaque fois qu'arrivent les fêtes et que les magazines se remplissent de robes à paillettes. Je n'ai rien contre les paillettes, c'est même très chouette les paillettes - juste trop loin de ma zone de confort vestimentaire. Et c'est sans parler de ma relation amour/haine avec les bijoux. J'adore le concept de "bijoux", j'adore les regarder sur les autres, mais si je porte plus que mes mini-mini-mini puces d'oreille en diamant et ma montre, j'ai l'impression d'être Tupac. Et puis, l'autre jour, "Smooth Operator" passait à la radio et je me suis retrouvée à googler comme une folle des photos de Sade et me dire "waouh". Voilà une femme qui avait et a le chic absolu pour glamouriser ses basiques (une chemise classique, un 501 d'homme) avec les maxi-créoles qui sont devenues sa signature et un bijou simple mais marquant, comme une manchette sculpturale. Le résultat : une silhouette vraiment intemporelle (la photo ci-dessus date des 80s), et si on remplace le jean par un beau pantalon noir, franchement adaptée à une occasion festive, type repas de Noël. Sade me fera-t-elle quitter le Côté Basique de la Force pour céder au Pouvoir du Bling ? Pas sûr, mais en tout cas, je vais y penser.

Do I need to dress like a Christmas tree to feel festive? I ask myself the question whenever the Holiday season comes around and I see a lot of dresses looking like disco balls in magazines. Now glitter IS fun, but just plain too much out of my style comfort zone. Add to that the fact that I have a love/hate relationship to jewelry. I love the concept of it, love looking at it, but in the end if I wear more than my tiny diamond studs and my watch, I feel like Tupac. But then, the other day, "Smooth Operator" came up on the radio, and I ended up googling Sade's style and thinking "wow, wow, wow". Here is someone who was and is a master at glitzing up her basics (classic shirt and Levi's 501) with her signature giant hoop earrings and some simple yet striking piece of jewelry, like a sculptural cuff. The appeal is timeless and if you switched the jeans for classic black pants, quite appropriate for a festive occasion like a Christmas dinner. I'm not sure this will make me a big convert of bling, but I may make me consider it as not necessarily contradictory of a pared-down style.

J.A.C.

mardi 18 décembre 2012

Noir, c’est (pas toujours vraiment) noir



Récemment j’ai vu un film rare avec Sophia Loren, "La Chance d’être femme" (1956), dans lequel elle est une jeune arriviste qui rêve de devenir mannequin. Lorsque la directrice d’une maison de couture lui dit qu’elle doit d’abord perdre cinq kilos et s’habiller en noir, 1, elle s’affame, et 2, on la retrouve à la scène suivante dans sa cuisine à teindre tous ses vêtements dans une marmite ! Cela m’a rappelé l’époque où j’expérimentais pas mal avec mes vêtements et où je faisais la même chose. Sauf que le résultat n’a jamais été aussi parfait que ce petit pull décolleté qui passe d’écru à ébène en restant aussi pimpant. Aujourd’hui, les fils sont en nylon et n’accrochent pas la teinture, et puis, on obtient rarement en réalité un noir aussi profond. Il n’empêche que dans l’absolu, j’adore cette idée de redonner une nouvelle vie ou un nouveau sens à sa garde-robe. (Pas du tout celle de s’affamer, en revanche.)

In “What a Woman!”, a rare Italian movie from 1956, Sophia Loren plays a young and ambitious woman whose dream is to become a model. But when the female manager of a fashion house tells her she has to drop a few pounds first and to dress in black only, first, she starts to starve herself, and second, she rushes to dye all her clothes by boiling them in her own kitchen! This scene reminded me this time when I used to experiment quite a lot with my own clothes and do the same thing. Except the result has never been as convincing as this charming V-neck sweater that goes from light beige to dark black without losing its shape or anything. Still, I love this idea of giving a new life or a new meaning to ones wardrobe.

L.G.

lundi 17 décembre 2012

La citation du lundi

L'écrivain Gore Vidal en 1962 (Image via Film Noir Buff Style Forum)

" Le style c'est savoir qui vous êtes, ce que vous voulez exprimer, et vous foutre du reste".

"Style is knowing who you are, what you want to say, and not giving a damn."

Gore Vidal


vendredi 14 décembre 2012

Mon essentiel de 2013 : le calendrier Margaret Howell


Laure n'avait pas tort quand elle disait l'autre jour que je rechigne à parler de marques sur notre blog. Il y a cependant un label pour lequel je suis prête à faire une exception : Margaret Howell. Depuis les années 1970, la créatrice trace son sillon clair et net,en marge des modes, fidèle à son style qu'elle fait subtilement évoluer, mais surtout fidèle à une recherche de qualité qui me parle. Et chaque fin d'année, Margaret Howell édite son calendrier, que j'attends toujours avec impatience. Celui de cette année, très graphique, rend hommage à toutes ces manufactures britanniques avec lesquelles Margaret Howell collabore depuis des décennies, de John Smedley, qui réalise ses indestructibles pulls en mérinos, à Mackintosh, qui produit certains des impers de la marque (je rêve du modèle bleu marine de cet hiver). Une défense du "made in" élégante, à tous les sens du termes.

I don't like to babble about brands - we are faced with so much promotional stuff already that I have qualms about adding to the noise. But I'm willing to make an exception for the wonderful Margaret Howell, whose designs I'm devoted to. Every year, she publishes a calendar that I await eagerly. This year, the calendar is a celebration of all the British manufacturers MH faithfully collaborates with (from John Smedley to Mackintosh). A truly elegant way, in every sense of the term, to promote awareness for provenance, quality and good, durable items.


jeudi 13 décembre 2012

On trouvait tout Paris (à la Samaritaine)







Il y a des fois où nous simples mortels ne comprenons rien aux lois de la grosse finance. Par exemple, lorsqu’on sait qu’un bâtiment aussi sublime et aussi prestigieux que celui de la Samaritaine, au coeur de Paris, face à la Seine, est laissé à l’abandon depuis 2005, après que la mise aux normes de sécurité du lieu ait été jugée trop exorbitante. J’ai eu la chance de visiter la semaine dernière ce qui n’est désormais plus qu’un chantier, hormis l'espace dans lequel était organisé le petit pince-fesses en photo ci-dessus, avant les grands travaux qui devraient lui permettre de rouvrir (sous une autre forme) en 2014. 

Quelle vision magnifique que de retrouver ces structures métalliques à la Eiffel, ces entrelacs d’escaliers et ces fresques Art Déco aux couleurs délicates, tout cela littéralement mis à nu par le désossage total des installations d’autrefois – des merveilles architecturales que, très honnêtement, on ne remarquait plus vraiment à l’époque où tout était encombré de corners de vêtements ! Mais quelle tristesse aussi que de traverser ce qui ressemble à un gros paquebot échoué, on a l’impression de se promener dans l’épave du Titanic, et on imagine la frénésie qu’il a pu y avoir il y a un siècle, cette atmosphère grouillante comme celle décrite par Zola dans "Au bonheur des dames"...  

I’ve been very fortunate to get the chance to visit the inside of the Samaritaine, which used to be one of the oldest, biggest and more prestigious department store in Paris, and that now has been closed since 2005, officially for security reasons (it should reopen as a luxury hotel in 2014). How beautiful and sad to see what’s now a building site where only the ruins of its old beauty seem to remain (Eiffel stairs, Art Deco paintings...). And to think about the frenetic activity that must have existed one century ago, when all those ladies in corseted dresses came to by the last shawl or any new must-have item from those times!

L.G.

mercredi 12 décembre 2012

Info ou intox, la green fast fashion ?


"Chaque année des tonnes de textiles sont jetés avec les déchets ménagers et finissent en décharge. Pas moins de 95% de ces vêtements pourraient être réutilisés : portés de nouveau, réutilisés ou recyclés, en fonction de leur état." Cette phrase ne sort pas d’un pamphlet anti-consumériste mais... d’un communiqué d’H&M, qui lance en février une collecte mondiale de ses vêtements usagés dans le but de leur offrir une seconde vie (on ne sait pas encore exactement laquelle, cela dit). Et zou, retour à l’envoyeur pour la petite robe à l’imprimé d’il y a trois saisons comme le t-shirt distendu après moult machines ! 

Difficile de ne pas applaudir l’initiative. Difficile aussi de ne pas être un poil dubitative devant ce bel exemple de marketing green. H&M est assez champion pour se donner un alibi écolo (les collections en coton bio qui représentent, allez... 5% de l’ensemble du stock ?) et essayer d’améliorer son image auprès des défenseurs de l’environnement. Ces initiatives ne seraient-elles pas qu’une goutte d’eau claire dans un océan de pollution ? En même temps, on sait que ce sont tous ces petits riens qui s’accumulent et créent une grande prise de conscience. Même si la vraie solution reste encore de méditer ses dépenses et d’acheter moins, chez H&M ou ailleurs.   

H&M will be launching next February a worldwide collect of its used clothes, with the aim of giving them a second life. A press release stated that 95% of the tonnes of clothes that are thrown to the garbage every year could be re-used (worn again, or recycled...) Great initiative, isn’t it? Even though... it’s difficult not to feel a little bit uncomfortable in front of what’s a blatant example of green marketing, something that can be perceived like an alibi to clean H&M’s fast fashion image to the eyes of environmental protestors. But at the same time we know that it’s all those little steps that lead to a bigger something... Anyway, our bottom line is: the real solution remains to carefully plan its own wardrobe and to by less, be it at H&M or anywhere else.   

L.G.

mardi 11 décembre 2012

Un peu de lecture



Le "Mag Online", la newsletter du salon Maison & Objet qui deux fois par an réunit à Paris le meilleur du design et de la déco, a consacré un article à notre livre "Ma To-Do List dressing" dans son édition de novembre. 

Our book "Ma To-Do List dressing" has been featured in Maison & Objet's latest "Mag Online" edition.

lundi 10 décembre 2012

La citation du lundi


"Ce n'est pas parce qu'on est classique qu'on doit bouder la mode."

Une phrase imprimée dans une page d'un Elle d'il y a une dizaine d'années, 
illustrant un look garçonne à la fois intemporel et moderne...

vendredi 7 décembre 2012

Martine on my mind





A chaque fois que je lis un vieil album de Martine à mes filles, je me dis que c’est probablement cette lecture qui a forgé... ma coquetterie, on va dire, mon côté girlie, durant mon enfance. D’ailleurs, je continue à en scruter minutieusement tous les looks. Surtout "Martine fête son anniversaire", mon favori, dont sont issues toutes ces images. J’ai arrêté de le regarder entre, mettons, les âges de douze et trente ans, et lorsque je me suis replongée dedans... je me suis aperçue que ce défilé de petites robes baby-doll qu’elle et ses copines portent tout au long de l’histoire était imprimé dans mon inconscient et que je me souvenais de chaque détail. Y compris que c’est encore plus stylé d’y associer des chaussures à lacets ! 

Martine: I think this character from a French book series I used to read when I was a child and that I read to my daughters nowadays has forged... let’s say, my coquettishness, or a least, the girlie side of me. Besides, I keep scrutinizing every detail of every look, even now. I stopped reading those books when I was about twelve and started to delve again into them around thirty (that’s when I had my first born), only to realize that all those baby-doll dresses that Martine and her friends are wearing during the entire story had really marked my subconscious, and that I could remember all the details. Especially this one: that they’re even more stylish when worn with laced brogue shoes!     

L.G.

jeudi 6 décembre 2012

Le geste : ceinturer son trench-coat



J’ai revu récemment "Lola", le premier film de Jacques Demy, avec déjà toute sa grâce, son mélange de légèreté et de noirceur, son univers "en-chanté". Mais ce qui m’a particulièrement émerveillée, ce sont ces quelques secondes durant lesquelles Anouk Aimée, vêtue de son body bustier en dentelle, en franges et en strass, qu’elle porte lorsqu’elle joue les entraîneuses de bar, enfile un trench mastic (enfin, j’imagine qu’il est mastic, à travers le noir et blanc) et le ceinture d’une main décidée. En un clin d’oeil, elle passe de la fille un peu mauvaise vie à une femme parfaitement respectable, prête à aller chercher son petit garçon à l’école. J’adore le pouvoir de transfiguration d’un tel vêtement. Et puis, j’adore l’idée que le trench-coat puisse couvrir les tenues les plus osées et les plus déshabillées, que la femme, dessous, puisse être sensuelle, presque nue, et malgré tout, marcher quand même dignement dans la rue sans que quiconque ne se doute de rien. C’est mystérieux et troublant, non ?

I’ve been mesmerized recently not only by “Lola”, Jacques Demy’s first and totally enchanting feature film, but more especially by those few seconds when Anouk Aimée, playing the quite raunchy dancer Lola, dressed in a lacy, fringy and sparkly leotard, grabs a mastic trench-coat and cinches it firmly. In just a blink, she turns from bad girl to real lady. I love the power of such a garment. I also love the idea that you can never know what comes under the trench-coat, that the woman it covers can be fiercely sexy under it - or just totally naked. So mysterious and intriguing, isn’t it!

L.G.

mercredi 5 décembre 2012

L’essentiel : le baume pour les lèvres



Quand j’étais petite, je trimballais toujours un tube de Dermophil Indien dans mon anorak. Pas mal d’années après, je suis toujours la fille aux lèvres gercées, mais j’en prends soin avec des produits plus chics. Jeanne-Aurore, ma très chère co-auteure sur ce blog, n’aime pas trop que je cite des marques, mais il me semble que l’on est toutes plus ou moins à longueur d’année à la recherche du baume parfait, non ? Or il se trouve que j’en ai trouvé quatre qui font des miracles et que je garde en permanence, un dans mon sac à main (j’ai arrêté les anoraks), un sur ma table de nuit, un sur mon bureau et un dans ma salle de bain. And the winners are...

- Le baume anti-rides lèvres et contour de Clarins Il est très soyeux et dégage une divine odeur un peu mentholée et un peu framboisée assez indéfinissable. Et il dessine des lèvres toutes jolies.

- Le Rosebud Salve de Smith Lui réussit le tour de force d’être à la fois gras (sentiment d’hydratation immédiat) et super léger (il ne colle pas un chouïa), avec un parfum de rose juste à tomber. Il est parfait pour un effet gloss sexy.

- Le baume lèvres rêve de miel de Nuxe Cette cire bien costaude est parfaite à poser en couche épaisse pour la nuit. Et là, la senteur citronnée aide à faire de beaux rêves.

- L’Homéoplasmine Il paraît que ce gel des laboratoires Boiron (à acheter en pharmacie, donc), qui répare toutes les irritations de la peau, est le secret des pros du make-up, lesquels l’utilisent sur la bouche, mais aussi pour illuminer les pommettes, lisser les sourcils... Surtout, il pose un film transparent sur les lèvres, qui dure longtemps, qui est très joli, et contrairement aux autres, le tube ne coûte que deux ou trois euros !

Four tried-and-true lip balms that I couldn’t live without...

L.G.

mardi 4 décembre 2012

Sur ma wish-list : le soutien-gorge d’Anna Karina dans "Une femme est une femme"


Je ne saurais l’expliquer mais je le trouve par-fait (quoi que je me demande s’il rendrait exactement pareil sur moi ;)).

The perfect bra (don’t ask me why : I just love it) on Anna Karina in Jean-Luc Godard’s “A Woman Is a Woman”. Definitely on my wish-list!

L.G.

lundi 3 décembre 2012

La citation du lundi


“Allez dans un restaurant parisien. Vous n’y verrez jamais, comme c’est le cas aux Etats-Unis, des femmes de tailles, de poids, d’âges et de styles différents porter toutes les mêmes vêtements. Les Américaines sont ce que l’on pourrait appeler des folles de mode. Elles voient un modèle, ou tombent sur un style dans un magazine porté par telle ou telle, et veulent absolument le même. Comme il serait plus logique de choisir un style qui convient avant tout à soi ! (...) Peu importent les questions de motif ou de tissu, la femme bien habillée est celle dont les vêtements non seulement correspondent à la situation, mais surtout l’expriment, elle.

Extrait d’un magazine de mode américain des années 20, 
présenté dans l’exposition “Paris vu par Hollywood“ à l’Hôtel de Ville à Paris